Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
Question con : qui est le Lester Bangs du XXIe siècle ? Hypothèse réfléchie : Markus Giesler. Un professeur de marketing ? Un chercheur en nouvelles technologies ? Oui sans doute, car à l’heure où le rock est partout et la musique dématérialisée, la seule culture qui divise (un essai vient d’ailleurs de sortie sur la question, il s’intitule La tyrannie technologique), défriche et drive l’époque n’est plus la pop-culture mais la techno-culture et les joujoux high-tech c’est précisément le dada de cet éminent membre de l’Université d’York (Toronto). Interview.
Mais Markus Giesler aurait pu en dire autant. Tout comme il aurait pu lui-même être musicien. Car bien sûr, il a beau être chercheur (le mec qu’on imagine vieux, cérébral, en blouse blanche), à la base il y a la musique dans la vie de ce jeune canadien. La folle envie d’en faire, d’être dans l’émotion. Mais comme chez tout bon rock-critic, la grâce musicale ne l'avait pas spécialement touché. Alors il a du se contenter "d’écrire sur". De s’héroïser en théorisant sur son (ses) héro(s).
Aujourd'hui, de fan, cet universitaire gonzo qui "voyage à travers la matrice techno-culturelle" dans l’espoir que ses recherches "puissent la rebooter" est devenu un acteur clé du monde de la musique et des "nouvelles" technologies. Ses théories décryptant notre rapport aux machines l’ont rendues célèbre. Notamment son iPod Stories qui lui a valu d’être surnommé "L’anthropologue des cyborgs" et "Le philosophe de l’iPod". 
Jakob Nielsen, designer chez Apple, a dit qu’à ses débuts l'eMac ressemblait à un bébé joufflu et qu’aujourd’hui le nouveau modèle ressemble plus à un top model anorexique. Que dire alors de l'iPod nano ?