Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?

Sur Young Modern, il n’y a donc plus trace de morceau heavy qui tâchent. Généreux (ils durent en moyenne plus de 4 minutes), les nouveaux morceaux mêlent habilement l’énergie et les accalmies, les rythmes rock et les envolées baroques. Explorant différents registres, Daniel Johns n'a jamais aussi bien chanté et le groupe s’offre même le luxe de lâcher une sorte de comédie musicale en plein milieu d’album. Alors, que demander de plus ? Rien. Qu'est-ce qui fait qu'on achève alors l’écoute sur un sentiment ambigu ? Ah, c'est le fichu petit amateur de métal qui trépigne encore en nous : tout cela n’est-il pas un poil trop maîtrisé, jusque dans ses démesures ? Tout cela est en tout cas moins immédiat et moins jouissif que leurs précédents morceaux. "Those Thieving Bird", tout ça, ç’a une belle robe, c’est long en bouche, mais c’est un plaisir d'adulte. Oui, et comme on est aussi de grands gosses, métal ou pas, on a par la suite furieusement envie de replonger dans Diorama et ses prédécesseurs pour se rouler dans le côté emo de leurs bons vieux hymnes rock (Rhaaa ! l’intro Led Zeppelinienne de "The Greatest View"). Vivement le 23 août : ils seront à la Cigale.