Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
Mais bon, moi manifester, ça n’a jamais été mon truc. Alors j’ai dit non à la CPE (vous suivez ?) : "Non Madame, je vais lâchement chez moi à bosser et tant pis si demain on me dit : "Ouhhh, Sylvain il est individualiste. Ouhhh Sylvain il est en sucre !"". Bah oui, parce qu’en plus, il pleut. Non que je sois pour le CPE, c’est juste que, j’avoue, je ne suis jamais descendu dans la rue pour manifester avec des potes, des banderoles en scandant des messages et tout ça. Je n’ai jamais vu ce que j’avais à y faire, jamais vu en quoi j’aurais pu être utile. Pour le CPE, j’ai essayé de me motiver, c’est quand même important, je me suis imaginé défilant dans la rue et je me suis juste trouvé nul, inutile, transparent. Je n’aurais servi à rien. En tant que pigiste galérien d’ailleurs, ça m’aurait fait une belle jambe d’être dans le cortège. En quoi ça me touche le CPE, ce n’est pas en défilant que je vais percer dans le milieu ? (Je sais tout le monde se dit ça, reste la tête dans le guidon de son propre job, ses propres intérêts et c’est pour ça qu'on fonce socialement droit dans le mur, parce que la précarité ou la menace de la précarité, on se la coltine déjà tous au quotidien, alors on préfère pédaler pour sa gouverne pour s’en sortir.)