Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
Les derniers mots prononcés du bout des lèvres par François Ruffin sont lourds de sens. Ils pèsent comme un aveu, une profession de foi un peu taboue, trainant ses fanômes, dure à assumer au grand jour. Le Plan B souhaite revenir aux sources de ce qui fit l’élan du premier Libé. On repense alors à un passage précis de leur manifeste paru dans le hors-série de PLPL en janvier dernier. Satisfaits, ils y publient le courrier d'un abonné qui leur a donné une "plantureuse souscription". "La dernière fois que j’ai envoyé un soutien financier, dit celui-ci, il s’agissait de Libération. Sans commentaire. C’était il y a longtemps mais je n’ai toujours pas digéré. Si la même chose se reproduisait, je me réserve le droit de vous poursuivre et laisse mandat à mes héritiers pour continuer ma "tâche". Salut, merci et bonne chance !" On sent que ce relent de "camaraderie" les requinque au Plan B, comme la validation de leur va-t’en-guerre. "Libé 1 est mort mais pas le désir de pouvoir lire à nouveau un tel journal gaucho, semble dire Le Plan B. Ce désir somnole. A nous de le réveiller." Personnellement, on repense à ce vendeur de Libé par portage qui était récemment venu toquer à notre porte pour nous tirer la larme à l’œil et le billet de notre lard-feuille. Sur le même registre (super affectif et militant), il nous avait sermonné pour qu’on s’abonne à Libé. Pour qu'on sauve ce Libé à l'article de la mort dont la vie dépend de ses lecteurs. De toutes ses forces il essayait de nous faire prendre conscience de l’importance citoyenne et politique de ce quotidien, de la somme de travail qu’il nécessite, de sa fragilité financière et du faible prix qu’il nous coûte pour l'avoir chaque matin à l'heure du café. Patati patata. J’avais l’impression qu’on venait me vendre un tout jeune fanzine. J’ai eu l’impression qu’on venait me vendre un Plan B.