Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
Faisons un bref retour en arrière. En 2003, il y a L’Imbécile de Paris"L’Imbécile", comme on le nomme alors, dynamite discrètement la presse satirique par la finesse et la noirceur de ses idées qu’il souhaite anti-journalistiques au possible. Mais "c’est un journal, pas une revue, car c’est jetable"L’Imbécile, "tout court", de Pajak toujours, mais sans Bottura. L'ex-cofondateur du magazine Chronic’art est parti piger ailleurs. Pajak met les bouchés doubles. Il sait qu’un journal se nourrit de et dans l’adversité. Même s'il doit pour cela prendre le risque de capoter. Il le sait pour avoir vécu pareille situation du temps où il travaillait à L'Idiot International lancé par le binôme Frédéric Pajak (le vieux) et Pierre Bottura (le jeune). Mensuel, 4 euros, format A3, disent les redacteur en chef. Et ce malgré la qualité des textes et dessins qu’ils publient. Etrange. Paradoxal. En 2004, il y a donc . L’Imbécile (de Paris) de Paris est carrément issu de la débacle de L’Idiot (International). Il en est parti en 1992, pour cause de divergences multiples, dont une sévère lutte d’ego avec son directeur, Jean-Edern Hallier. En 2004, Pajak la joue donc plus court et punchy avec un Imbécile looké plus magazine durable que journal jetable (mensuel, 3 euros 90, format A4) même si sa ligne éditoriale (dessins, essais, polémique, société, culture) reste encore un peu schizophréniquement dispersé entre plusieurs identités. Godard, Le Pen, Houellebecq, Freud, Jésus, Cioran, Mitterrand (quelle dream team !), il met du lourd en couv et tient le cap qu’il s’est fixé : noirceur philosophique et satirique stylée à tous les étages. Avec de vrais morceaux de pulsion de mort à l’intérieur (érotisme, mots d’esprit, dandysme, misogynie, christianisme, artistes maudits…), que dégoupille à peine le second degré cynique de leur maxime, signée Julien Green : "Même chez l’homme le plus intelligent, il reste toujours assez d’étoffe pour faire un imbécile." Les lecteurs ne doivent pas suivre. Après dix numéros, L’Imbécile vire insidieusement bimestriel début 2005 et augmente son prix (4 euros 50) avant de faire "Muzo" (euh attention : jeu de mots ! Muzo est un de leurs dessinateurs).