Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
Malgré mon jeune âge (26 ans), j'ai rencontré Gérard Manset (61 ans), parent terrible de la chanson française, par deux fois. La première à l'occasion de son dix-septième album, Le Langage Oublié (2004), la deuxième à l’occasion de l’album qui a suivi juste après, Obok (2006), dernier en date. Tout le monde ne peut pas en dire autant. Manset est rare. Manset se terre. C’est un mythe. Art muré de chansons mélancoliques en diable, sur le monde, les hommes. Un Sphinx que d’aucuns aimeraient faire parler. Sur ses morceaux aux voies impénétrables. Sa vie qu’il tient secrète. Portrait et entretiens.
1968 : les majors font obstacle à ce jeune auteur-compositeur en mal d’interprète. Notamment à son projet issu d’un bout de texte plaqué par hasard sur un accord de guitare. Texte "peut-être en réaction à ce qu’était la chanson à l'époque".
Ironie du sort. Manset n’a pas de message, parle juste "des choses de tout temps : poésie, lumière, sensibilité". L’anarchie revêtue par Ferré n’est pas pour lui. Lyrique en dedans, l’ascète sort presque toujours le même disque. Il y en aura dix-huit en 38 ans.