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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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21 septembre 2006 4 21 /09 /septembre /2006 00:15
A mélomane on the moon




La nouvelle est récemment
tombée sur quelques sites et mags spé : en février 2005 celui qu'on disait tombé de son nid comme un cadeau du ciel pour la pop française s'envole dorénavant pour les Etats-Unis. Happiness, son premier album, y sortira fin septembre 2006 sur le label Minty Fresh (Fugu, Tahiti 80...). On ne sait comment il sera perçu là-bas mais chez nous Schuller s'est tôt vu dépeint en Thom York soupline., tendance Amélie Poulain. Ne serait-il donc que ce spleen tout de blanc vêtu ? Que cette galette Saint Sauveur au parfums d'Air, de Radiohead et de Sigur Ros ? Interview.





"des morceaux sur Saint Pétersbourg et la Russie"
 

"de lents films sur les rencontres hasardeuses de la vie"




Le masque que tu arbores sur tes visuels ? Ca fait un peu penser au masque du Fantôme de l'opéra (par extension au héro de Phantom of the Paradise) ou au visage lisse et ovoïde d'un Roswell...

Ou ça rappelle, dans un tout autre style, les casques de Daft Punk. Tu aimes leur univers visuel ? Dernièrement, je n’ai pas tout vu, je veux dire pour l’album Discovery. Peut-être qu’il y avait de très belles choses, mais le peu que j’ai vu c’était réellement très Albator, donc ce n’était pas le plus génial. Je préférais leur clip des débuts avec la tête du chien, c’était plus artisanal et il y avait plus de poésie, une interprétation plus libre. Prendre, pour son clip, un groupe qui joue de la guitare dans un vaisseau spatial, je ne trouve pas ça super attirant.

L’univers graphique et musical de Happiness semble homogène, très précis. C’est un univers que tu as en tête depuis longtemps ?
Non, pas vraiment. Ce qui peut faire tomber toute la poésie qu’on peut y trouver ! Le titre, par exemple, je l’ai trouvé tard…Mais des pensées récurrentes que j’ai s’articulent autour de mes morceaux et c’est l’addition de tous les morceaux qui me donne parfois un univers, que j’ai envie de poursuivre dans le travail des visuels… Pour le travail de ma biographie, par exemple, je savais exactement vers quel univers photographique je voulais aller.

Chez toi, l’image génère souvent des idées de morceaux ?
Oui, très souvent. J’en parle souvent, mais cet album pour moi, c’est un peu un road-movie, c’était rapidement un road-movie entre Dead Man, Twin Peaks et des rêves que je faisais gamin sur les autoroutes américaines qui traversent les Etat-Unis.

Tu es parti là-bas ?
Non, jamais justement. Mais c’est souvent par frustration de voyages que tu te mets à rêver et fantasmer sur des pays, des endroits. Et quelque part tu les connais parce que tu discutes avec des gens qui ont fait ce périple-là ou alors tu les connais à travers des films et après tu te nourris d’univers comme ceux-là. Il y a eu une période où je ne faisais que des morceaux que sur St Pétersbourg et sur la Russie. Alors que je ne suis jamais parti là-bas !

Tu as tout le temps des pays en tête qui t’inspirent des musiques ?
Je trouve ça pas mal en fait. Si tu es un peu frustré financièrement, que tu ne peux pas trop voyager, tu trouves par là un moyen de substitution pour voyager. D’ailleurs, après ça, je pense que tu es forcément un petit peu déçu quand tu te rends finalement dans ces pays car tu les as un peu vécus en imagination, tu les as profondément vécus comme ça. Donc mes morceaux partent parfois de là, ce qui m’aide ensuite, morceau après morceau, à constituer un univers visuel. Mais mes morceaux sont reliés aussi à des films que j’ai pu aimer, à des univers cinématographiques.

De quels films s’est nourri l’univers de cet album ?
Twin Peaks y est quelque part. C’est l’aspect road-movie en général, qu'il soit de Wim Wenders, de Jim Jarmusch, de Hal Hartley. Hal Hartley était un réalisateur américain. Il a fait tourner PJ Harvey, il lui a même fait faire des musiques de films. C’est lui qui a fait Trust Me, Unbelievable Truth et Simple Men. C’est un cinéma un peu pop indépendant qu’on pourrait retrouver dans le festival du film de Sundance. C’est souvent des films un peu lents sur des rencontres hasardeuses de la vie, des gens qui vont se rencontrer le temps d’une journée, voire deux, passer des moments forts ensemble et finalement se quitter comme ça. C'est éphémère mais super joli, ces échanges, ces rencontres. Ces films font donc partie de mon univers mais il y en a plein d’autres aussi, comme ceux de Tim Burton, d’autres films qui m’intéressent et qui me nourrissent beaucoup. Et je peux facilement faire le rapprochement entre certains sons et certaines images qui sont stockées dans ma tête. L’association des deux me fait créer des choses.

Tu dis qu’avant tu faisais régulièrement de la musique en t’inspirant de pays divers, essentiellement fantasmés, comme St Pétersbourg. Pour cet album, comment as-tu fait pour te concentrer sur un univers aussi homogène ? L’album provient-il d’une envie précise ?
Non… enfin oui, à l’origine. En fait, il y a trois morceaux qui datent de 2000-2002, c’est "Tears Coming Home", "Weeping Willow" et "Le Dernier Jour". "Weeping Willow" était sur le maxi, "Tears Coming Home" a été enregistré à la même période et "Le Dernier Jour", je l’ai composé il y a 5-6 ans. Après, tout le reste a été fait sur une période d’environ six mois. Mais pour moi, s’il y avait une homogénéité globale ce n’était pas un problème d'unité de temps parce que, malgré tout, je savais que ces morceaux composés il y a 4-5 ans seraient sur mon premier album.

Tu voyais déjà la tonalité d’ensemble qu’aurait ton album ?
Oui. En tout cas, à un moment donné quand il y a certains morceaux qui viennent à toi, tu te dis : "Ceux-là je ne peux pas les laisser de côté." Il y en a d’autres, tu peux, mais il y en a certains, non. C’est sûr. "Le Dernier Jour", par exemple, j’étais sûr que ce serait le dernier morceau de mon album. Dès que je l’ai fini, je me suis dit que ce serait le dernier morceau de l’album. Parfois tu attends des années pour avoir certains morceaux et quand ils te tombent dessus, tu sais que c’est celui-là qu’il faut. Et quand tu sens un titre qui a un refrain assez fort comme ça peut-être le cas pour "Tears Coming Home", tu sais que ce morceau-là tu ne vas pas le laisser de côté.

En fait, tu travailles ton album comme un cinéaste : en tournant les chansons dans le désordre, comme les scènes d'un film.
Oui, il y a une sorte de mouvement comme ça. De toute façon, tu n’as pas trop le choix… Mais ça aurait pu être différent car à l'époque, j’aurais pu articuler tout un album autour de ces trois titres-là et l'album aurait été différent d’Happiness.

Tu voulais initialement sculpter autour de ces trois morceaux-là ?
J’avais déjà plein d’autres morceaux. "1978" est assez vieux aussi, donc il faisait presque déjà office d’ouverture et derrière j’avais d’autres morceaux instrumentaux. Le morceau "Edward Hands" qui figure sur l’album pourrait par exemple assez facilement s’interchanger avec d’autres morceaux que j’ai chez moi. Mais après comme on essaie de créer une unité, on essaie de mettre seulement les meilleurs.

Tu as eu du mal à trier les meilleurs morceaux ?
Bah, il y en a 2-3 qui sont de côté et que j’aimerais absolument sortir. Mais en même temps, je ne voulais pas qu'ils fassent doublon sur l’album, qu’il y ait quand même différents climats. Car même si l'auditeur a l'impression d'entendre un climat global, j’ai l’impression moi que les morceaux ne se ressemblent pas tout à fait. Et je trouve ça important de ne pas se répéter, surtout dans un premier album. Après, peut-être que dans le deuxième album on commence déjà à se répéter un petit peu. Mais si, au stade du deuxième album, on fait un morceau qui ressemble à ce qu'on a fait avant, s'il est bon je ne pense pas qu'il faille l’écarter.


(Suite.)


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Francky 01 26/09/2008 13:38

Salut !J'ai découvert ton blog via un de tes commentaires laissé sur celui de Alex (pop-only-knows).Sébastien Schuller : j'adoooooore son excellent album "Happiness" ! Je découvre qu'il cîte des films et réalisateurs que je vénère : "Dead Man", "Twin Peaks", Jarmusch, Lynch, Wenders, Burton et même Hal Hartley ! Sa musique m'évoque un croisement de Radiohead avec Air, mais remixé à sa sauce personnelle. Le sommet de l'album, véritable pic orgasmique et atmosphérique : "Where we had never gone" !Salut et à bientôt !!!!!!!!!!!

Sylvain Fesson 26/09/2008 14:18


Salut Francky !

Air + Radiohead = Schuller ?
Je souscris à cette équation, oui.
D'ailleurs j'attends son prochain disque prévu pour janvier 2009 avec impatience.
Content que tu sois tombé ici via le blog d'Alex et que cette interview t'aie appris des choses.
Positives en plus ;-)

A+ alors