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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 00:40
A mélomane on the moon





"un idéal de grande sœur des années 70"

"des symphonies de 3 heures"




"1978" n’est pas l’année de ta naissance. A quoi correspond cette date ?
A la perte d’une sœur en fait. J’étais assez gamin et pour moi c’est une image qui est restée parce qu’elle faisait de la musique, elle faisait du piano, elle faisait de la danse et je pense que j’ai un peu gardé cette vision-là. Je viens d’une famille assez artistique et c’est la personne qui était le plus branchée musique à l’époque. Ca a été un choc de la perdre, j’avais 7 ans, j'étais un gamin. C’est un truc qui m’est resté un peu en tête et parfois quand je compose, je la sens comme une muse auprès de moi parce qu’elle dégage un peu toute cette imagerie que je pouvais avoir sur les années 70…

On la retrouve peut-être dans ton univers assez féminin, ton chant aigu et la délicatesse de tes arrangements…
Peut-être. Parfois je fais des morceaux et je me dis : "Tiens, peut-être que ça pourrait lui plaire". Ca m’arrive, c’est une sorte de référence comme ça. Parce qu’elle représente toujours pour moi un certain idéal de grande sœur des années 70.

Tu as dit que ta famille était très portée sur l’art. Que font tes parents ?
Un peu de tout. Ils n’ont pas vraiment bossé là-dedans. J’avais un grand oncle qui était acteur de théâtre au début du siècle, un acteur connu qui se retrouvait à la table de Gabin. Je l’ai connu mais je pense que j’étais tout petit, mais de part ce biais-là, je pense que mes parents allaient souvent au théâtre. Pour eux, le théâtre c’était comme le cinéma à l’époque, donc ils faisaient un peu partie d’une famille théâtrale et du coup ma grande soeur a fait du théâtre. Il y a donc une nette prédominance pour l'art dans ma famille. Mon père a beaucoup lu et écrivait beaucoup, et ma mère aime aussi bien le cinéma que le théâtre. Elle me dit souvent qu’elle aurait aimé en faire.

C’est un contexte qui t’a permis très tôt de découvrir la musique ?
Non, c’est plus par mes frères et sœurs plus âgés que j’ai découvert la musique. Ils écoutaient de la musique des années 70, de Pink Floyd à King Crimson, de Supertramp à Genesis. En fait, tout gamin, je leur piquais déjà leurs 33 tours dans leur chambre et je pense que j’avais juste une réaction simple devant la musique. Petit, dès que j’entendais de la musique à la télé, j’aimais bien danser.

Quand t’es-tu mis à jouer d’un instrument ?
Je me suis mis une première fois au solfège à 7 ans, c’était assez rébarbatif. Je me suis vraiment mis à la musique à 10 ans en m’inscrivant en percussion classique car je voulais faire de la batterie, mais il n’y avait pas de cours de batterie. Mais comme j’avais quand même accès à des batteries là-bas je pouvais jouer par moi-même. Et je présentais le solfège à côté. J'ai fait ça pendant 7-8 ans. Le solfège était assez rébarbatif mais ça m’a fait une certaine culture. Après j’ai très tôt joué des harmonies classiques et dans des orchestres. Il y a des périodes de mon adolescence où je faisais 2-3 répétitions avec différents orchestres par semaine, plus un concert.

Tu jouais de quel instrument dans l’orchestre ?
Un petit peu de tout. Comme j’étais percussionniste, je jouais du glockenspiel, du xylophone, du vibraphone, des cymbales, de la casse claire, du tambour et même du triangle. C'est assez drôle parce que le tambour semble être un instrument assez rébarbatif mais rythmiquement ça t’apprend à faire plein de choses car quand tu te concentres avec tes deux mains et tes baguettes sur un seul élément, que ce soit une caisse claire ou un tambour, tu apprends vraiment la technique, la finesse et un début de coordination, ce qui t’aide pas mal quand tu passes à une batterie après. En même temps, on était des percussionnistes assez rock’n’roll dans ces orchestres classiques ! On fumait des clopes en cachette au fond des églises pendant les concerts tellement il faisait froid, on a fait mainte et mainte conneries.

Quel genre de choses jouais-tu dans ces orchestres ?
On a fait plein de choses. On a fait des symphonies de trois heures avec des chœurs où tu avais réellement le temps de sortir de la salle, d’aller fumer des clopes et de revenir pour jouer ta partie. Des trucs de fou en fait ! C’était assez drôle. C’est un grand terrain de jeu quand tu es gamin, si tu t’entends bien avec tes potes. On était tous branchés pop-rock quelque part. Je crois qu’on faisait ça parce que ça payait aussi nos cours de musique.

Tu avais des projets de groupes pop-rock avec ces amis-là ?
Au tout départ, c’était vraiment du grand n’importe quoi, c’est-à-dire qu’on avait voulu monter un groupe avec ces personnes-là, ça aurait peu être génial si on avait continué, mais on n’avait ni guitariste ni basse, on répétait dans une salle… Déjà, on était trois batteurs à l’origine ! Donc la toute première formation avait au moins deux batteries, l’un des batteurs jouait du piano, il y avait quelqu’un à la clarinette, quelqu’un au cor qui voulait en fait jouer de la basse et qui essayait donc de faire des parties de basse au cor ! C’était des expériences super drôles car c’est des instruments qui ne se mélangent vraiment pas entre eux et eux gueulaient tout le temps parce qu’ils n’avaient pas assez de son face aux deux batteries qui déboulaient !

Tu as fait cela jusqu’à quel âge ?
Oh, je pense que ça n’a duré que deux répétitions ! Ca n’a jamais pu fonctionner. J’avais 15-16 ans. Ensuite on a participé à un groupe qui a duré pas mal de temps en fait sur la région des Yvelines, qui a vu passer différents musiciens aussi, différentes formations. J’étais avec un ami, et c’était plus l’amitié qui nous guidait, le fait de jouer dans un groupe pop ensemble. Et là je me suis mis un peu au clavier pour jouer avec lui qui jouait de la batterie et j’ai commencé à faire mes premiers arrangements avec le séquenceur du synthé. Mais là ce n’était qu’avec les sons édités, je ne m’amusais pas à créer des sons. Mais tout de suite, ça te donne des sensations assez sympas de pouvoir poser une boîte à rythme, une fausse basse, un piano, des nappes, etc.

C’est donc ce bagage qui t'a permis de devenir autonome par la suite ? Parce que cet album, Happiness, tu l’as composé seul. C’est une façon de faire qui te correspond ?
Bah justement ça remonte à loin, donc c’est vraiment une habitude, même si j’ai vraiment eu plein d’autres expériences à côté. Par exemple, j’ai joué dans un groupe un peu indé au début des années 90 où je faisais de la batterie. Le groupe s’est appelé Kangarou au départ puis après Spacida, on n’a pas fait énormément de choses mais on a composé pas mal de morceaux et plus ça allait plus je me mettais à composer des morceaux pour le groupe.

A quoi ressemblait votre musique ?
C’était assez indie, on écoutait My Bloody Valentine, Sonic Youth, Ride, Slowdive et compagnie. Donc c’était forcément influencé par ces groupes-là, mais après ça a un peu évolué car on a découvert Portishead, qui nous a aussi influencé. Et parallèlement à ça, je faisais justement de plus en plus de compos tout seul et j’avais tendance à avancer beaucoup plus vite tout seul qu’en groupe. Et mon projet solo a pris le pas sur le groupe.

L’envie de construire ton propre univers t’a poussé à te retrancher dans un projet solo ?
C’est surtout cette satisfaction du non compromis. Quand tu as quelque chose en tête, tu as réellement envie d’aller jusqu’au bout de ces idées-là. Ça n’enlève pas le plaisir du groupe. Plus jeune, j’aurais vraiment rêvé rencontrer des musiciens avec qui je me serais parfaitement entendu pour créer quelque chose de fort en groupe, mais le problème c’est que je n’ai jamais rencontré la totalité des éléments que je cherchais, que ce soit harmonique, mélodique ou sonore. Avec Spacida, on en était vraiment pas loin mais on n’a pas toujours été aussi motivé les uns que les autres au même moment, ce qui retarde les choses ou révèle plus tard des failles dans les envies de faire. Au départ, j’étais super motivé avec ce groupe-là mais eux l’étaient peut-être un peu moins et ils l’ont été aussi par la suite au moment où moi je commençais à me détacher d'eux.

Tu voulais donc sortir quelque chose en ton nom depuis un petit bout de temps déjà.
Oui et du coup ça a mûri avec le temps, j’ai senti que je commençais à en être réellement capable en 95-96 parce que là j’ai eu une période où je suis devenu assez prolifique, je faisais deux à trois morceaux par semaine, avec juste un synthé et un ordinateur, et l’ordinateur me servait juste d’enregistreur, de séquenceur. J'ai eu une période où ça allait très vite, où les morceaux tournaient les uns derrière les autres.

Mais aucun des morceaux d’Happiness ne vient de cette période faste !
Non, il n’y en a aucun. C’est plein de morceaux qui sont en réserve. C’est-à-dire qu’à cette époque-là j’avais déjà un projet d’album tout prêt.

Qui est devenu... ?
Pas grand chose. En fait, un maxi est sorti quand j’ai été signé en édition chez Warner. Sur ce maxi vinyl, il y avait 4 de ces titres-là et il servait juste de carte de visite auprès des labels.

Ça a marché ?
Ça m’a donné un premier contact chez EMI. Quelqu’un m’a suivi pendant un an chez EMI et m’a signé pour un 4 titres mais pour moi entre temps plein de morceaux sont arrivés, du coup plein de morceaux sont passés à l’as. Un jour, j’aimerais bien les ressortir ces morceaux-là. Mais c’est dur parce qu’après on a plutôt envie de faire de la nouveauté, de surprendre.

(Suite.)


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Sylvain F. 10/05/2007 23:58

Hum, je n'en ai aucune idée ! As-tu trouvé depuis que tu as posté le message ?

Winnie 10/05/2007 15:22

Raaaaah mais dans quel film ais-je bien pu entendre 1978 ??? (je n'avais écouté du Sebastien Schuller particulièrement aujourd'hui)