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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 03:59

Opération séduction



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"à l'image du jour qui se lève"

"
nu face au public et à moi-même"









Sexuality s'ouvre sur "Roche", un morceau très estival. D'ailleurs toute la première partie de l'album semble dédiée à la célébration de l'été...

Voir les filles en bikini, savoir qu'elles se changent dans une petite cabine juste à côté, tout cet érotisme de la plage moi je l'ai connu à Biarritz parce que c'est là où j'allais en vacances avec mes parents. Donc pour moi Biarritz c'est le début de l'amour, c'est le sexe et l'été. Tout cela va ensemble. Le sexe c'est quelque chose de sophistiqué, c'est le monde où l'on a un peu envie de s'amuser, donc c'est surtout les grandes nuits d'été où il fait vraiment chaud et où on a envie de boire, de s'éclater. Après je pense aussi que ça peut être très sexuel de se nicher dans un petit terrier avec une couette, des cigares, du champagne et un feu de cheminée, parce que chez moi le rêve d'hiberner est aussi très fort, mais j'ai plus voulu Sexuality à l'image du jour qui se lève, magnifique, parce que le désir c'est aussi quelque chose d'énergique lié au soleil, à la terre, à la biologie. Ensuite il se trouve que les étapes sexuelles évoque le déroulement de la nuit parce que la nuit est plus propice aux fantasmes donc peut-être qu'au fur et à mesure qu'on avance dans l'album on avance dans la nuit et ça permet d'aller dans le sexe, le sexe au sens d'orgie, d'interdit. Donc voilà la nuit et le sexe s'intallent et tout s'achève avec "L'amour et la violence".

Qu'on sent différente des autres chansons...

Oui mais en même temps j'aurais pu la mettre sur n'importe quel album parce que finalement c'est juste une chanson direct, sans apparat ni rien de baroque...

Avec elle on revient d'ailleurs au chant en français inauguré en tout début d'album par "Roche" et du coup on retrouve une sorte de sincérité, si j'ose dire..
.
Oui, c'est ça, une vraie sincérité, alors que le reste de l'album est basé sur un personnage, un grand guide sexuel que je ne suis pas. Ce que je conseille souvent aux gens, si je peux me permettre de donner des conseils, c'est de faire face à leurs problèmes lorsqu'ils se sentent bien. Je pensais ne jamais avoir à dire ça mais si je mets à nu face à moi-même et au public dans "L'amour et la violence" c'est parce qu'avant j'ai fait l'amour et après l'amour, comme on se sent vraiment bien, c'est un bon moment pour se regarder en face et chercher au fond de soi. Il faut en profiter parce que finalement on analyse mieux ses problèmes quand on se sent bien que quand on se sent mal. Quand on se sent mal il faut partir, dire au revoir à tout le monde, faire semblant d'être malade. Voilà, ce n'est donc pas un hasard si cette remise en question  arrive à la fin de Sexuality, c'est parce que moi aussi maintenant dans ma vie je fais face à mes problèmes et à qui je suis quand je me sens bien.

Premier extrait de Sexuality, "Sexual Sportswear" est le morceau le plus long, mystique et planant de l'album. Est-ce sa "Ritournelle" ?
Non, pour moi "La Ritournelle" de l'album c'est justement "L'amour et la violence". "Sexual Sportswear" c'était plus l'apéritif pour mettre les gens dans l'ambiance.

Pourquoi "Sexual Sportswear" ?

Parce que pour moi le fantasme sexuel vient des vêtements de sport. Pour moi le sport c'est le mouvement, la musique c'est le mouvement, et le texte dans la musique c'est la pensée. "Sexual Sportswear" est donc une chanson de sport.

Du sport, tu en fais ?

Non (rires) ! Mais comme maintenant le sexe est au centre de ma vie, parfois, au lieu de partir en vacances, j'organise de grandes semaines du sexe à la maison et ça me permet de rester en forme. A part ça je ne fais pas de sport. Je déteste l'ambiance des salles de sport et je n'aime pas les sports collectifs.

Il me semble par contre que tu es assez branché équitation..
.
Oui, je continue à en faire d'ailleurs, et je fais aussi beaucoup de bateau. Mais pour moi le cheval c'est plus de la balade que du sport. Les parents de mon amie ont un haras près de Deauville et c'est un peu le paradis de l'équitation ! Le week-end on prend les chevaux et on va regarder les biches, on mange dehors, c'est vraiment génial.

En quoi, dans ton désir de mettre la sexualité en musique, était-ce si important pour toi de travailler avec Guy-Man des Daft Punk ?

J'avais le concept, ça c'était sûr, je voulais faire un album sexuel puisque dorénavant c'était plus d'actualité dans ma vie que la politique ou la famille. En plus l'origine de la vie, je ne voyais pas de meilleur sujet pour faire un disque. Ensuite, comme je le dis souvent, je fais toujours confiance au hasard que je trouve plus amusant et plus puissant que l'esprit humain, donc je me mets face à mon piano, je ferme les yeux et je joue n'importe quoi jusqu'à tomber sur une harmonie qui puisse éveiller l'excitation ou au moins ne pas venir casser l'ambiance si elle intervient pendant l'étreinte amoureuse. Par exemple moi si on me met un disque de Garou pendant que je fais l'amour je sursaute, j'arrête tout ! Et en procédant ainsi j'ai petit à petit obtenu toutes les notes sexuelles dont j'avais besoin pour faire un disque alors je me suis mis à écrire les textes et après pour que l'album ne soit pas masturbatoire et parce qu'il parle de sexe entre deux amoureux, je me suis dit qu'il fallait que je le finisse en couple. Donc je me suis mis en quête de mon partenaire. Et là c'est comme si on me disait : "Le monde entier existe, choisi avec qui tu veux être." J'ai donc choisi le mec qui me faisait le plus rêver. Et de tous les musiciens modernes c'est Guy-Man que je préfère. Parce c'est le seul grand producteur européen à écouter la musique avec son bassin et pas avec sa tête, ce que font aussi Timbaland et Pharell Williams...

C'est marrant que tu dises ça parce que je me disais : "Guy-Man c'est son Timbaland". Toi, tu es donc Justin Timberlake ?

Guy-Man est mon Timbaland mais ça ne fait pas pour autant de moi le Justin de l'histoire. Justin n'est pas sa propre marionnette, or moi je suis ma propre marionnette. Je suis à la fois la marionnette et le Master of Puppets. Enfin, je dis ça, je ne sais pas trop comment ils travaillent ensemble mais Justin a l'air moins créateur que moi. Mais c'est vrai que pour Sexuality j'avais envie d'un disque de producteur comme les américains en font pour leurs grosses stars R'n'B, parce qu'à mon sens la seule musique qui évolue encore c'est le R'n'B. On peut encore sortir des disques de folk, très bien, mais ça ne fait pas avancer la folk. Pareil pour le reggae et le pop-rock. Tous ces styles de musique sont malheureusement arrivés au bout de quelque chose, or le R'n'B continue d'évoluer. Donc moi je voulais cette forme, je voulais appartenir à ce monde musical sophistiqué puisque j'ai une vision sophistiquée du sexe. Après ça ne change rien au fait que le coeur de l'album est extrêmement européen parce que j'ai une vision archi latine du sexe, je parle d'un sexe qui est fait pour séduire l'esprit, ce qui est à l'extrême opposé de la vision anglosaxonne et surtout américaine.

Le son de Sexuality est très synthético-sensuel...

Oui, c'est un son à la fois très chaud et précis, avec un côté bling bling très glamour. C'est ce que je voulais et c'est ça que Guy-Man pouvait m'apporter. Parce que moi je ne sais que composer. Pour Politics à part la batterie de Tony Allen et le mix de Philippe Zdar j'avais tout fait tout seul. Pareil pour L'incroyable Vérité mixé par Oizo. Mais Sexuality c'était tellement l'album important, tellement le but de ma vie que je ne pouvais pas prendre le risque de le faire seul. Quand on est entré en studio j'avais déjà tout écrit donc l'image que j'aime à donner (enfin que je donne depuis aurjourd'hui) c'est qu'avec Guy-Man j'avais l'impression d'être à l'arrière d'une Rolls avec chauffeur. J'étais dans le canapé et je me contentais de l'assister dans son travail en lui disant : "Tourne à droite, tourne à gauche...". C'était vraiment ça l'enregistrement de l'album : Guy-Man me conduisait.

Ça donne un disque très moderne, trop selon certains qui souhaiteraient te voir mettre l'accent sur le parti pris "intemporel" de Sessions ou de "La ritournelle"...

Ça me fait très plaisir que des gens veuillent ça, mais pour moi cette approche coulait de source parce que le sexe est à la fois l'origine du monde et quelque chose de très superficiel parce que lié à la beauté de l'éphémère. Ça on le ressent vraiment après l'éjaculation. C'est-à-dire que tu peux ressentir beaucoup de désir pour une fille, passer des semaines à la draguer et une fois que tu as éjaculé en elle tout de suite ce n'est plus pareil...

Tu as donc pris le risque que ton album soit jetable ?

Oui, j'aimerais qu'il soit caduque dans 10 ou 20 ans parce que ça voudrait dire que j'aurais une autre vision du sexe, et c'est un peu le but. Le sexe évolue avec la mode et l'air du temps, c'est pour ça qu'il est aussi superficiel et qu'il s'oublie. Par exemple aujourd'hui on ne voudrait plus d'un sexe des années 70. C'est pour ça que je n'ai pas plus de respect pour l'éphémère que pour l'intemporel et que j'aime autant Proust que Jean-Paul Gaultier. Parce que s'ouvrir ça veut dire ça aussi : aimer les trucs cheap comme les trucs sophistiqués. Tu vois, quand je suis chez moi je suis comme n'importe qui, j'aime bien me trimballer en peignoir, manger du gâteau en regardant la télé, jouer à la Playstation. Voilà moi je ne vais pas très loin dans la réalité. Enfin ce n'est pas que je ne vais pas très loin mais je suis juste complètement banal.



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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

lustucru 11/07/2008 22:32

et bien je suis du club des "putain y a un concert lacher les gosses à la nounou"....Tellier en concert c'est entre le one man show stand up down, en tout cas avec le dernier album c'est terriblement envoutant. C'est un timide qui se soigne sur scene, tu ressors toujours de bonne humeur avec une pointe de mélancolie. Bon apres faut aimer le kistch dans toute sa splendeur. Le coté branlette (entre mickeal jackson et mon neveu) sur scene avec le synthé film erotique m6 c'est un grand moment sisiiiii.;-) et le dolce vita (option cigarette dans le nez) ainsi qu'une ritournelle interminable15 minutes.en concert d'ailleur le 30 septembre (la nounou est deja reserve)

cheval blanc 11/03/2008 05:00

je serai très heureux de finir finir cette conversation au tour d'un drink de napalm ce soir au 96... 96 Boulevard de Charonne de 19h à 22 h avec lecture contre performance de TH TH et votre humble serviteur Cheval... à ce soir 11 mars doncamitiéjérôme

Sylvain Fesson 11/03/2008 14:42

Ah mince j ne pourrais honorer ce rendez-vous plus que tentant : j'ai du pain sur la planche en ce moment (comprendre : des articles à écrire.)

cheval blanc 08/03/2008 12:32

idiotement et cordialement, cela va sans dire … (un peu drunk aussi ma fois) jé”

cheval blanc 08/03/2008 12:31

n’empêche que je pose une vraie question ( qui me taraude perso) … qu’attendez vous d’un album alors que vous/ qu’il sera écouter en shuffle ? pourquoi le dandy des bobos y donne pas un morceau par mois ? pourquoi y a encore des objets ? alors que même les ovnis y sont dématérialisés ? je ne fait que demander , qui pense quoi ,? où aller ? comment faire? COMMENT PRENDRE LE VOLANT vous n’êtes que des bouches plates à l’image de vos écrans

Sylvain Fesson 08/03/2008 13:27


Moi j’aime bien les objets, le format CD… Et j’aime aussi tes nouveaux morceaux, “Un pas, une île”, “I’ll run red”. http://www.myspace.com/22chevalblanc


cheval blanc 08/03/2008 12:30

ch’ai pas j’ai pas lu ni avant ni après ! ni écouté d’ailleurs, j’étais juste en train de boire un verre de vin pourri en me demandant sur quel genre de film porno j’allais bien pouvoir finir mon poppers : pipi caca teeny ? wui, je suis allez vite en besogne, mais ceci dit, si je peut me permettre , ça fait quoi d’interviewé des atrtistes morts d’un genre mort ? cordial y samba