Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
"Je ne veux pas que le monde change". Andy Yorke a beau avoir toujours porté REM dans son cœur, il n’est, aujourd’hui comme hier, toujours pas prêt à faire ce pas de trop qui consisterait à aimer aussi U2. Ce que font beaucoup de gens : aimer U2 et REM. Alors de là à se faire carrément l’émule de U2 ou REM… Non, Andy ne veut pas changer le monde, comme il le chante sur "Twist of the knife", un des nouveaux morceaux de son très pop-folk Simple, album solo à paraître sous peu. Et, anti-Bono dans l’âme, Andy l’est d’autant plus que son frère est une sorte de Bono-parano.
Moscou, exil salutaire
Sorrythankyou, et bye bye
Ce soir-là, après nous avoir bercé avec ses nouveaux et ces anciens titres ("Building", "Solved"), dégustés au centuple, nostalgie oblige, Andy revient avec Nigel. Lui au micro, le batteur au clavier, ils nous offrent "Almost here", morceau particulièrement sobre aux faux airs d’Alléluïa. Fin(e). Ça n’a duré que trois quarts d’heure à peine, mais c’était intense. Une vraie joie. Voilà ce qu’on retient de cette deuxième date parisienne d’Andy Yorke en cet été 2007. Ainsi qu’un geste : Andy souriait du coin des lèvres à chaque fois qu’il sacrifiait à l’exercice de pointer dans les aigus en bout de refrain, comme pour s’excuser et dire : "Désolé les mecs, vous avez peut-être l’impression d’entendre les balades guitare-voix que mon frère s’échine à ne plus vous offrir, mais je ne suis pas la pleureuse Superman de "Fake Plastic Trees" et d’"Airbag"." Ce soir, comme il l’a chanté, il ne voulait pas que le monde change, il ne voulait pas changer le monde, mais, comme les Taxi Taxi qui ont pris sa suite, il a fait un pli dans nos cœurs.