Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
Hier soir, j'étais au Nouveau Casino pour fêter et profiter de la première soirée parisienne organisée par Longueur d'Ondes, magazine de musiques actuelles gratuit et indépendant. J'aurais dû être dans mon élément parce que c'est une salle de concert que je fréquente régulièrement. Mais non, j'étais un peu perdu car il n'est pas fréquent que cette salle abrite une faune aussi peu parisienne. D'origine bordelaise, Longueur d'Ondes avait rameuté bon nombre de "provinciaux", mais aussi de Québécois, car distribué au Québec, il a de forts atomes crochus là-bas. Des Québécois, il y en avait notamment sur scène, avec les présences de Damien Robitaille (piano-voix-humoristique avec accent à couper au couteau) et DobaCaracol (des Cocorosies world dreadlocks). J'étais perdu car c'était la première fois que je me retrouvais dans une soirée où je connaissais autant de monde et où autant de monde me connaissait et m'adressait la parole. Rien de paranormal là-dedans. J'ai été pigiste pour Longueur d'Ondes pendant deux bonnes années, très bonnes, enrichissantes humainement, journalistiquement, musicalement... avant que ça ne capote. Cela faisait quelques mois que j'avais donc pris mes distances, pour voir ailleurs, et essayer de m'enrichir financièrement dans un magazine plus "performant", mais si possible sans perdre le supplément d'âme que j'avais trouvé chez Longueur d'Ondes. Alors je reprenais contact. Par exemple avec Eric (journaliste), Philippe (photographe), Eleonore, Patrick, Béatrice, Cédric (tous journalistes) et des nouveaux comme Yvon (musicien du groupe de soul hip-hop jazz L'Unité), et Arnaud, journaliste. Mais aussi Serge Beyer bien sûr, l'institgateur de cette soirée et rédacteur en chef de Longueur d'Ondes, dit LO. Ce lendemain, il livre par mail ce commentaire qui a valeur de rectificatif à ce que j'ai dit plus haut : "Hé oui, ce n’était pas une soirée hype. Pourtant, à part l’équipe de LO, il n’y avait que des parisiens. Il devait y avoir 4 ou 5 québécois, pas plus, même si l’accent etait sur scène. Le public était celui du monde de la musique, mais pas les chefs de production des maisons de disques, plutôt des organisateurs de spectacles, des artistes émergents, des producteurs et tourneurs... Et les échos que j’en ai sont largement positifs. Après deux mois de travail d’arrache pied pour caler cette soirée, j’avoue que ça fait plaisir. J’ai même ou des mails super enthousiastes de gens que je ne connaissais pas. Ce qui me prouve aussi que les gens n’étaient pas là sur le nom des artistes, plus ou moins inconnus ici à ce jour, mais sur le nom de la revue." Bref, il y avait comme un afflux de sang neuf à revoir ces gens venir vers moi. J'étais étonné que ce magazine artisanal aux modestes moyens réussisse une telle soirée. J'étais content qu'ils réussissent cet événement après tout de même plus de 20 ans d'existence, il était temps. Qu'ils prennent possession de Paris, enfin d'une petite parcelle de Paris, pour un soir.