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  • PARLHOT
  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 15:51

A lire ici : http://www.parlhot.com/non-classe/sebastien-tellier-1-%C2%AB-sexuality-%C2%BB/

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 16:29
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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 16:11
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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 17:54
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 23:45
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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 19:40

A lire ici : http://www.parlhot.com/off/coming-soon-during-the-gold-rush/

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 15:18
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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:30
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 01:02
in the sky
with diamonds


Chairlift 1 noir et blanc

La première fois que j’ai entendu parler de Chairlift c’était dans le Glamour de mes colocs. On était en janvier 2009, leur premier disque venait de sortir et je grommelais, sur le trône, jean aux chevilles. "Ah encore un groupe qui va faire trois petits tours et pfffuit. Du tout gentil tout plein sorti d’art school, agité et cultivé juste ce qu’il faut. Parfait pour jouer les égéries porte manteau des mags féminins et délivrer la pop ludique qui fera vendre masse d'iPod. Ah c’est sûr qu’avec ça on n'est pas sorti de l'auberge." Patati patata... Vous vous souvenez du slogan Flanby ?

 

Le 19 octobre dernier au Zénith j’étais comme un môme. Chairlift, en fait, j’avais aimé leur disque et là, sur scène, j’en découvrais l’âme, comme on dit. L’âme c’est-à-dire Caroline, le genre de nana qui vous renvoie au rang de vieux schnock alors que vous êtes du même monde. Je la regardais chanter, hirondelle qui fait le printemps, elle en ayant 24, moi en ayant 30, et je mesurais ma chance : j’allais parler à cet ange.

 

J’avais décroché la queue du Mickey, le ticket d’or de Chairlift et la choco party. Pourtant, une fois backstage, l’entretien ne sera pas du gâteau. Enfermé dehors, l’attaché de presse tentera tout le long de défoncer la porte ; globalement le batteur, ramollo du bulbe, fera le triso sous tutelle de sa chanteuse ; et elle sera une menace de chaque instant contre le fil de ma pensée. Après ces 20 minutes je n’aurais qu’une envie : poursuivre l’échange.

 

Conquis par sa droiture de Bambi préraphaélite, j’avais envie de ramener Caro chez moi, de la demander en otage comme on chipe un disque gratos au stand de merchandising à la fin du show, parce que voilà on est journaliste et qu’en plus de tout le reste ça ouvre droit à ce genre de largesses. Mais Caro n’était que chair et os, d’où l’attrait. Mes privilèges s’arrêtaient là.

 

Mince, l’entretien m’avait passionné. J’avais été séduit par son cerveau, son répondant. Tout ça ne devait pas s’arrêter là, ce n’était que le début de quelque chose plus grand. Le lendemain je n’ai pas hésité. J’ai mailé l’attaché de presse. Enfin pas le bélier, son assistante. Demander une autre interview, ça je pouvais faire. Surtout que j’avais vraiment d’autres questions à leur poser. Réponses ci-dessous, par mail, le 2 novembre 2009.


 

caro et aaron 2


"j’écoutais Ace of Base quand j’étais en CM2"

 

"une histoire de vieilles putes reconverties en chefs pâtissières"

 

 

Bonjour Caroline, Aaron et Patrick. Quand nous nous sommes vus après votre concert au Zénith en première partie de Phoenix nous n’avons eu que 20 minutes pour discuter. J’ai trouvé ça cool mais court. Ça m’a donné l’envie d’avoir l’occase de poursuivre l’échange. Je voulais discuter d’autres choses. J’ai de la chance, il semble qu’on m’en donne l’opportunité ! Je voudrais tout d’abord remercier Caroline d’avoir acceptée de faire l’interview en français et de traduire mes questions en anglais. Au fait, Caroline, comment se fait-il que ton français soit si bon ?

Aaron Pfenning : Caroline a vécu un an à Bruxelles pour y faire une école d’art et apprendre le français. (Oui, c’est le guitariste qui répond et pour cause c’est le seul au bout de l’ordi. Je l’ignorais au moment d’envoyer mes questions. Mais ce n’est pas plus mal : lui qui n’avait pas pu participer à ma première interview, il peut enfin se faire entendre.)

 

Au concert, en plus du très francophile "Flying Saucer Hat", vous avez livré une version française inédite de "Planet Health". Pourquoi cela ? Vous arrive-t-il d’écrire certaines chansons directement en français ou vous contentez-vous d’en traduire certaines pour vous mettre le public français en poche ?

"Flying Saucer Hat" a été écrit en français avec quelques touches d’anglais ça et là. C’est le seul morceau qu’on ait directement écrit en français. "Planet Health" c’est différent. Un ami nous a accompagné en studio pour le traduire en français car nous souhaitions le sortir en single pour la France.

 

Qu'est-ce qu'un "Flyng Saucer Hat" ?

Je te laisse chercher !

 

J’imagine que vous connaissez quelques groupes de pop français. Quels sont ceux que vous aimez ?

AIR et Phoenix sont mes groupes français préférés. Je les aime depuis le lycée. Pour moi c’est un réel honneur de pouvoir les accompagner en ouverture de leur tournée française. J’admire leur songwriting et leur travail de production. C’est presque une obsession. J’enfile mes écouteurs et je dissèque chaque son.

 

Apple a recruté une belle brochette de chansons pop branchées pour illustrer ses spots tv. "Take California" (Propellerheads), "Hey Mama" (Black Eyed Peas), "Rock Star" (N.E.R.D.), "Are You Gonna Be My Girl" (Jet), "Channel Surfing" (Feature Cast), "Walkie Talkie Man" (Steriogram), "Saturday Night" (Ozomatli), "Vertigo" (U2), "Ride" (The Vines), "Jerk It Out" (Caesars), "Technologic" (Daft Punk), "Feel Good Inc" (Gorillaz), "Gimme That" (The Resource featuring Jimmy Napes), "Original of the Species" (U2), "Lose Yourself" (Eminem), "Sparks" (Wynton Marsalis), "Cubicle" (Rinocerose), "Love Train" (Wolfmother), "Someday Baby" (Bob Dylan), "The Audience Is Listening Theme Song" (Cut Chemist), "Who’s Gonna Sing ?" (Prototypes), "Flathead" (The Fratellis), "One, two, three, four" (Feist), "Shut Up And Let Me Go" (The Ting Tings), "New Soul" (Yaël Naïm). Parmi cette liste exhaustive chacun de vous peut-il me dire quel est son morceau préféré ?

Daft Punk.

 

Lors de notre première entretien je vous ai dit que votre musique me faisait parfois penser à celles d’Empire of the Sun et de MGMT parce que comme la leur elle mélange sans souci d’échelle différentes couleurs pop (électro, space, prog, pysché) et différents sentiments (remember notre discussion sur le côté Bisounours et parfois kitsch de vos morceaux) qui ne sont pas strictement rock. J’y ai relevé autre chose qui renvoie à ce que je nommerais "un état d’esprit générationnel" : sur "Bruises" et "Evident Utensil" Aaron fait des contre-chants et ceux-ci m’ont rappelé ceux que faisaient parfois les mecs des groupe d’eurodance, notamment ceux que faisaient le mec du groupe suédois Ace of Base. Connaissez-vous ce groupe ?

Oui, j’écoutais Ace of Base quand j’étais en CM2. C’est une référence intéressante, même si elle n’est pas consciente et revendiquée. Ces vocaux me sont juste venus spontanément quand Caroline et moi écrivions ces morceaux. Caroline et moi faisons entremêlons nos voix tout au long du disque – j’ai toujours aimé écrire des chansons pour deux voix, histoire de doper l’impact émotionnel.

 

En regardant le clip de "Planet Health" je vous ai trouvé un autre point commun avec MGMT, notamment leur clip "Electric Feel", et Empire of the Sun : le fait d’aimer vous habiller en empereurs romains et de mimer des fêtes aux airs d’orgies romaines ! Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire sur "l’état d’esprit générationnel" que j’évoquais plus haut ?

On aime l’idée de se réunir entre potes, de manger plein de choses, de se raconter des histoires, de revêtir plein de couleurs, de costumes. Pour faire ce clip on a eu accès à un super appart dans Brooklyn, c’était l’endroit rêvé. Caroline et moi l’avons donc décoré, apporté plein de nourriture et invité plein de gens pour tourner ça. Entre autres choses, ce que les gens de notre génération aiment c’est l’idée de s’évader d’un même endroit tous ensemble – de s’évader par les idées, l’art et tout ce qu’ils peuvent trouver pour se rassembler et donner un sens nouveau à leurs vies. On a fuit nos responsabilités le temps d’une journée pour tourner le clip de "Planet Health".

 

"Territory" est d’une mélancolie lyrique vocale et musicale qui m’a fait penser à "Daffodil Lament", un vieux morceau des Cranberries. Quand je l’écoute je vois les mêmes images, l’espace, la mer, le vent, l’herbe. Que pensez-vous de ce rapprochement ? Aimez-vous la musique des Cranberries ?

Certaines de leurs chansons, oui. Je sais qu’il en de même pour Caroline. On n’écoutait pas les Cranberries pendant qu’on faisait ce disque. Par contre, on n’a passé beaucoup de temps en studio pour tenter d’obtenir un son qui soit le plus atmosphérique possible.

 

Les cuivres nébuleux de l’intro de "Chameleon Closet" semblent tout droit tirés de "Little Red Riding Hood Hit The Road", un morceau de Rock Bottom, l’album culte de Robert Wyatt. Etes-vous fans de Wyatt, notamment de cet album ?

Tu fais de bonnes références ! Mais non, je ne connais pas trop ce disque. "Chameleon Closet" est né après que Patrick ait trouvé un vieil orgue dans la rue, à Brooklyn. Je m’en suis servi pour enregistrer des idées de trompettes, que j’ai mixé dans ce vieil orgue. Mais tu touches quelque chose avec cette allusion à "Little Red Riding Hood" car lorsque je l’ai composé j’essayais de faire la BO d’une histoire que je venais de voir à la télé. Elle parlait de vieilles prostituées reconverties en chefs pâtissières vivants dans la forêt. Enfin quand je suis tombé sur cette histoire le son de la télé avait été coupé, je ne savais donc pas trop ce que ça disait, mais c’est ce que j’ai compris. En tous cas "Chameleon Closet" vient de là.

 

Votre album s’intitule Does you inspire you ? C’est un titre plutôt original, mystérieux. Que faut-il y voir ?

A l’époque où nous mixions l’album mon pote Ross venait de débuter l’animation d’un talk show intitulé Ross Talk. Il m’y a invité et comme je ne savais de quoi j’allais bien pouvoir y raconter j’ai décidé de m’y pointer sous les atours de mon alter-ego, Daisy Grace, une nana. Et j’ai choisi que Daisy Grace parlerait du nouveau magazine qu’elle était en train de lancer, un magazine intitulé Does You Inspire You ? Par la suite cette idée de magazine sur l’alter-ego est devenue un projet artistique. Ça m’a occupé un certain temps. J’y écrivais des articles, j’en faisais des copies que je distribuais... A cette époque Caroline et moi vivions ensemble, un exemplaire du mag traînait dans notre cuisine, et plus on le voyait plus on se disait que Does You Inspire You ? ferait un titre parfait pour notre premier album. Voilà comme ça s’est fait. Au-delà de l’anecdote, ce titre te demande quelle part de toi t’inspire. Est-ce ta page Myspace qui t’inspire ou toi qui inspires ta page Myspace ?


 

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 00:45
Blossom girl &
fake Bisounours

 


"nous vivons une époque où la musique n’est plus que bruit de fond"


"on trouve la beauté dans les vestiges d’un monde pop perdu"


 

Si "Bruises" s’est retrouvé à illustrer une pub iPod c’est surtout pour sa vibe Bisounours. Ça vous fait quoi d’avoir été massivement promu par ce morceau ? Ne craignez-vous pas d’être vu comme un groupe gentil, inoffensif, alors que votre musique s’aventure sur des terrains autrement plus noirs que ceux de "Bruises" ?

Patrick : Je pense qu’avec le temps notre véritable identité apparaîtra.

Caroline : Oui, je ne m’en fais pas. "Bruises" fait partie de nous et je suis contente qu’il ait permis aux gens de nous découvrir. Ainsi ils savent que nous sommes surtout un groupe de pop. Parce que tu parles de noirceur, mais on ne cherche pas la noirceur. On aime l’indus, la noise, le gothique, le gangsta rap et ça influence sans doute notre musique, mais je ne pense pas que nous soyons un groupe dark. On ne cherche pas à l’être. Je n’ai donc pas envie que les gens nous voient comme tel ! Chaque chose en son temps. On le sera peut-être plus sur nos prochains disques. On n’a pas fini de faire des chansons.

 

J’espère ! A propos d’identité, un de vos morceaux a servi pour un spot de pub iPod, cela vous a-t-il posé un cas de conscience ? Comme quoi ça pouvait transformer votre musique en un accessoire de communication, papier peint sonore…

Caroline : Non, ça ne nous a pas dérangé. Si la publicité était le seul moment où la musique était relégué au second plan, oui, ça me dérangerait mais nous vivons dans un monde où toute musique médiatisée est traitée en bruit de fond. Il n’y a guère qu’aux concerts où la musique ne passe pas en second plan ! Et encore, tu pourrais même dire qu’elle l’est aussi, qu’elle passe après les costumes, l’attitude, les spotlights et le phénomène de masse… Mais voilà, en gros, à part en concert, à chaque fois que tu entends de la musique elle est traitée en bruit de fond. C’est le cas quand elle illustre un film, c’est le cas quand tu passes des morceaux en soirée… La plupart des gens n’écoutent plus de disques mais des morceaux noyés au milieu d’autres morceaux. En 30 secondes jugent s’ils aiment ou pas et si oui, ils vont le télécharger gratuitement en MP3… Partant de là la pop est-elle toujours un art ?

 

En tous cas ce n’est plus une expérience en soi…

Caroline : Il y a 6 mois on a été nominé aux MTV Video Music Award et à cette occasion je me suis rendu compte que je ne savais pas à quoi ressemblaient les vidéo-clips d’aujourd’hui. A cette soirée j’ai rattrapé mon retard en visionnant tous ces vidéo-clips d’un coup. Je n’en connaissais vraiment aucun à part celui de Beyonce. Et je me rappelle que dans le lot il y en a un qui m’a marqué : celui de Gnarls Barkley. Il m’a choqué car dans ce clip le groupe montre qu’il envisage lui-même sa musique comme musique de fond ! Dans ce clip la musique est totalement tributaire de l’action à l’image. Elle va jusqu’à se figer quand l’action se fige. Or normalement c’est l’inverse, c’est la vidéo qui doit s’adapter à la musique. J’ai donc réalisé que les vidéo-clips d’aujourd’hui n’étaient plus des vraiment vidéo-clips mais des supports visuels promouvant l’artiste en producteur de musique de fond. C’est : "Oh, regardez comment vous pouvez manipuler notre musique, la stopper, la séquencer, parler par-dessus, la relancer…" C’est d’ailleurs comme ça que beaucoup de musiciens font de la musique aujourd’hui. Nous c’est différent : en associant notre musique à cette pub on ne montre pas qu’elle est servile, infiniment séquençable selon n’importe quelle image, on promeut juste notre musique comme produit.

 

En écoutant votre disque autre chose m’a frappé : ses accointances avec la pop de MGMT

Caroline : Ah (rires) !

 

Je sais, on a déjà dû vous bassiner avec ça ! Mais je suis sérieux, ce doit être quelque chose de générationnel, je trouve que vos musiques reposent sur le même mélange d’électro, pop, prog et qu’elles assument toutes une sorte d’esprit kitsch, décomplexé, candide, régressif…

Caroline : Régressif ?

 

Oui, c’est dur à expliquer mais voilà, disons ça : vous ne faites pas une pop dogmatique. Votre pop n’obéit à aucun genre, surtout pas à l’esthétique "dark cool" du rock. Au contraire, comme on le disait tout à l’heure votre musique assume un côté Bisounours, rêveur, innocent, enfantin. Elle est portée par toutes ces choses que l’esthétique rock jugerait volontiers de mauvais goût…

Caroline (réfléchit et ça se remet à cogner si fort à la porte que j’ai l’impression qu’elle va céder) : Tu as utilisé le mot générationnel et je crois que tout est là. On vit dans un "mash up world", tout mélanger est donc symptomatique de notre génération. On trouve la beauté dans les vestiges d’un monde pop révolu, des choses dévaluées, sorties des poubelles. ("Boum ! Boum !". La porte va vraiment céder !). Dans l’inconfort de la musique d’hier !

 

Vous connaissez Empire of the Sun ? Ils sont un peu plus âgés et ironiques que vous et MGMT mais je trouve que leur démarche pop se rapproche de la votre…

Caroline : Pour tout te dire, à part leur morceau intitulé "Walking on a Dream", qui ressemble beaucoup à du MGMT, je connais mal leur musique. C’est d’ailleurs marrant de voir comment ils ont réussi à capter le feeling de MGMT. Mais oui, comme tu le dis, nos musiques ont ceci de commun qu’elles ne sont pas dogmatiques, radicales, "in your face" ! Elles sont plus joueuses, malicieuses, inclassables. Nous même on s’y perd…

Patrick : Dis-moi, je peux te poser une question ?

 

Bien sûr !

Patrick (dit ça à deux à l’heure, comme un robot, haché, stone) : Penses-tu qu’on nous compare si souvent à MGMT parce que nous sonnons comme eux, parce qu’on est pote ou parce qu’on vient du même coin ?

 

A mon avis tout ça est lié mais ce qui vous lie vraiment tient à la dimension générationnelle qu’on évoquait, le fait que vos musiques parlent des mêmes choses, la jeunesse, ses espoirs, ses peurs, et le fait en opérant le même mélange musical entre lumière et noirceur, electro et pop, mainstream et indie. Tu vois ?

Patrick : Ok, c’est ce que tu veux dire quand tu dis que nous sonnons comme eux ? Non pas que nous sonnons concrètement comme eux, mais qu’on partage un même état d’esprit ?

 

C’est ça. (L’attaché de presse déboule dans la loge. Ce n’était donc pas Aaron qui tapait tout ce temps là comme un forcené. Il est furax, me somme d’abréger.) Bon, dernière question et je vous laisse. Sur Wikipedia j’ai lu qu’Aaron et toi auriez initialement créé Chairlift pour faire de la musique dans les maisons hantées. Info ou intox ?

Caroline : Non, c’est vrai. On voulait faire une musique atmosphérique inquiétante, quelque chose qui n’aie rien à voir avec le gothique, l’effroi, mais qui se rapproche des climats troubles et tendus que tu peux trouver dans des films de David Lynch, par exemple Mulholland Drive. Dans ce film les moments les plus effrayants ne sont pas ceux où tu vois quelque chose mais ceux où justement tu ne vois rien, et où la musique est absente. On voulait développer ce genre d’ambiances qu’on aurait pu laisser planer toute seules pendant des heures dans une maison, imaginant que ça la hanterait. Ce qu’on aime toujours faire.

 

Interview de Chairlift sur Arbobo.fr

(Suite et fin.)


 

 

 

 

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