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  • PARLHOT
  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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1 avril 2006 6 01 /04 /avril /2006 02:13
Totale Impro (ou comment je fais
mon coming-out de petit pervers)


Oui, Benjamin Castaldi. Ca vient de se décider, là, maintenant, en regardant Totale Impro à cette heure tardive, 1h48, sur M6, le nez plongé dans une tisane pamplemousse-framboise. (Bah oui, à cette heure-ci, un vendredi, on n'est pas toujours rock'n'roll.) Sur le coup, ma tisane m'a sauté au visage. J'ai explosé de rire en voyant Castaldi diriger, par oreillettes interposées, les faits et gestes des comédiens en plateau, pour essayer de maintenir l'intérêt de leurs sketch et l'audience, en chute libre de l'émission depuis ses débuts. Cette nuit-là, c'était des comédiennes, je précise, pas des plus belles, mais j'ai pensé une connerie (ma connerie, à fond) : j'ai fantasmé Castaldi en pervers pépère pétant sciemment les plombs, Castaldi qui tranquillement retranché dans les locaux de la prod, curé dans sa cabane de pêcheur, demanderait,
l'œil lubrique on ne peut plus sérieux, avec cette force d'avoir la technologie de son côté, d'être la technologie incarnée, the eye, the boss, la voix qui te parle, le noeud pulsionnel, Castaldi donc ordonnerait aux comédiennes de se dessaper. Ici, maintenant. Wouah, là il aurait les pleins pouvoirs ! (Car bien sûr, les comédiennes s'exécuteraient, ne me demandez pas pourquoi, c'est comme par magie.) Là, il retrouverait l'excitation première, primaire et originelle d'avoir vu Jean-Edouard baisouiller Loana dans la piscine bleue lagoon lors aux temps bénis du Loft 1. Là ça ferait grimper illico l'audimat aux rideaux ! Les chroniqueurs télé répandraient partout la chose, le gros moment de télé, dans leurs colonnes attitrées, et les bloggeurs aussi s'en donneraient à cœur joie, les images tourneraient sur le net, des petits malins ayant de suite sorti portable, caméras et appareils photo pour capter cette parenthèse enchantée… L'image fut et m'a bien fait rire. Dommage qu'elle ne fut que dans ma tête !
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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 01:10
"Le blogzine du bouche-à-bouche culturel"

Ça y est, ça fait un mois que je me suis décidé, ça s'appelle PARL HOT et c’est mon blogzine. Le blogzine médias, musiques, idées, livres d’un pigiste débutant qui touche plus à la galère qu’à la gloire. Un pigiste, c’est-à-dire un journaliste électron libre qui travaille at home et propose ses articles aux journaux en kiosque, alors qu’il ferait mieux d’en créer un de journal, vu comment la presse sclérose. S’intéresse si peu aux idées des forces vives. Alors voilà PARL HOT, un blogzine socio-culturel de libre parole. Il reflète mes envies et, j’espère, d’une certaine manière, les vôtres. PARL HOT parle chaudement de pop, de rock, de livres, de pensées, de films, de gens, de visions des choses. Il conseille chaudement certains trucs, il en critique chaudement d’autres. Le but : parler d'HOT CHOZ, parler HAUT et parler AUTRE tant qu’on peut. Si PARL HOT avait un slogan ? "Le blogzine du bouche-à-bouche culturel". Idée de second souffle, de réanimation, de sensualité… C’est approximatif, c'est un début, c’est en devenir, un work in progress comme on dit. C’est un peu long aussi, et j’espère que vous aurez la curiosité et le temps de cerveau disponible pour vous arrêter sur ces articles généreusement écrits, ces vastes entretiens (mon côté Inrockuptibles !) et ces papiers décryptages, transversaux, plus analyse de tendances (mon côté Technikart !). Mais j’espère que ne vous arrêterez pas au lèche-vitrine d’une lecture perso, et qu’au contraire, vous laisserez des commentaires, pour critiquer, enrichir et dézinguer tout cela. Pour que ma voix se mêle et s’enrichisse à la vôtre. C’est aussi et surtout pour ça que cette petite plate-forme personnelle, amicale et professionnelle s’appelle PARL HOT.
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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 20:02
Journée de grève générale, part IV

Mais bon, je ne suis pas pris dans la manif, je suis tranquillement chez moi, assis devant mon ordi et mon poste de radio, étrangement calé sur Europe 1 (ah oui ! c’est ma copine, elle écoute l’émission de Morandini le matin), me diffuse les bêtises de la bande à Ruquier et sa bande (je n’ai même pas levé le petit doigt pour changer de fréquence, c’est dire combien je suis militant) entrecoupées régulièrement par les radotages du flash info spécial, qui scotche sur les chiffres des manifs anti-CPE. La mobilisation serait très forte, les policiers auraient dénombré 900 000 manifestants en France sans compter Paris, ce qui amènerait facilement le score à 1 million de manifestants. Les syndicats, eux, indiquent carrément 2 millions de manifestants, voire 2 millions 600 000 d’après la CGT. Parmi les chômeurs et les étudiants, il y aurait même des salariés, des retraités et bien évidemment des casseurs présents depuis le début du défilé, mais qui auraient été mieux contenus que la semaine dernière. A ce stade, qu’importent les chiffres, cette manifestation serait historique. Ce serait de loin la manifestation française contemporaine la plus importante depuis belle lurette. (Alors, franchement, qu’est-ce qu’un pèlerin supplémentaire comme moi aurait changé, si ce n’est apporter un numéro de plus ? Je suis bien mieux chez moi en compagnie de Ruquier et sa bande ou ensuite Pierre-Louis Basse – sa voix ressemble étrangement à celle d’Yves Calvi – qui discute avec ses invités de l’inflation des diplômes. D’ailleurs, le bougre vient de m’apprendre pourquoi le morceau "Up and Down" des Lofteurs number one vient régulièrement me tourner en tête alors que je ne lui ai rien demandé : la mélodie de cette chanson est calquée sur celle de "Vive les vacances" de Dorothée. Et Ruquier et sa bande de lancer un bootleg de fou entre Dorothée et les Lofteurs, qui ferait pâlir d’envie DJ Zebra.) Mais ça ne fait ni chaud ni froid à Villepin. Retranché à l’Assemblée, il rejète toujours l’ultimatum de la rue.
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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 19:58
Journée de grève générale, part III

Pourtant, j’avais des raisons de manifester. Le 23 mars 2006, grâce à Jacky Durand et Gilles Wallon (dont j’ai rencontré une amie à l’occasion d’une soirée, jolie d’ailleurs l’amie), j’avais appris des techniques de grands-mères pour manifester sans pleurer ma mère. Libé m’avait fourni le guide du parfait petit protestataire. Et ça aurait pu me dire de les tester ces techniques, de jouer les petits malins invincibles grâce à quelques trucs et astuces. Avec elles, j’aurais pu faire la nique aux CRS. Mais ce n’est pas mon genre. Je vous les livre tout de même, pour vous, bande de courageux, au cas où les manifs anti-CPE se répéteraient encore pendant plusieurs semaines. Au cas où, sait-on jamais, Villepin ferait la sourde oreille. Primo : si l’on se fait gazer par une bombe lacrymo, il faut garder son calme, car si on s’affole, on respire plus vite et on inhale donc plus de gaz. Deuxio : il ne faut pas se frotter les yeux car plus on se les frotte plus on pleure, or, précise un ophtalmologue, le gaz lacrymogène cherche justement à augmente la sécrétion lacrymale pour provoquer "dans ces larmes une réaction allergique, qui pique, donne les yeux rouges, gonfle les paupières".

Alors que faut-il prendre avec soi ? Tout d’abord, il faut se laver le matin, bien se sécher et ne pas se maquiller. En effet, le maquillage et les lotions de beauté ont "tendance à fixer les gaz sur la peau" et plus la peau est mouillée plus les pores se dilatent et laissent entrer les gaz. Aussi, il faut ôter ses lentilles, mais emporter son sérum physiologique qui servira à se rincer abondamment les yeux si le gaz vient les piquer. Pour éviter de se faire intoxiquer par le gaz, un CRS conseille de "se masquer le nez et les yeux avec ce que l’on peut avoir sous la main", une écharpe par exemple. Ok, mais ça c’est quand on n’a pas prévu le truc à l’avance. Gérald, lui, "21 ans, ex-occupant de la Sorbonne, au front tous les jours face aux forces de police" ajoute donc, en bon pro, sa touche supplémentaire qui fait la différence : il faut presser un citron sur son écharpe avant les jets de grenade car "l’acidité filtre les gaz" et permet donc de mieux respirer. Le site de la Confédération nationale du travail propose une variante très terroir au jus de citron. En mouillant son écharpe dans du vinaigre au cidre de pomme, on obtiendrait le même pouvoir filtrant. Mais bon, si on a vraiment réfléchi deux secondes et pris le temps de fouiller son armoire ou de faire quelques achats, on sera avisé de prendre avec soi un masque chirurgical, un masque de ski ou des lunettes de piscine. Pour Gérald, ça fait pitié, mais moi, perso, je conseillerais même, si je puis me permettre, d’en prendre plusieurs avec soi, comme ça on pourra aider d’autres manifestants en leur en donnant. Et avec un peu de chance, on tombera sur une jolie manifestante avec qui l’on fera pitié, mais à deux. Là, pour le coup, on n’aura pas perdu son temps. Comme plan drague, il n’y a pas mieux.

(les photo viennent de http://photos.blogs.liberation.fr/)
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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 19:55
Journée de grève générale, part II

Mais qu’est-ce que je dirais à mes enfants, voire mes petits-enfants, si j’en ai plus tard, qu’est-ce que je leur dirai quand ils me diront : "Hé ! papa (ou papy) t’as déjà manifesté, toi ?" Bah oui, à un certain âge, les enfants ont besoin de savoir que leurs parents se sont battus fermement pour un idéal avant de se ranger, d’avoir une vie de famille et de se consacrer à leurs pommes. Ils ont besoin de savoir que leurs parents ont défendu avec force leurs rêves et leur peau. Ce qu’il leur restait de leur enfance. Parce qu’ils se sentent eux-mêmes en perte d’enfance alors ça les titille ce choix, ce dilemme, ça leur fait peur. Ils sentent aussi que le rapport primaire parents-enfants se désagrège et qu’ils vont bientôt devoir le réinventer, quand ils seront adultes. Et à ce stade, ils aimeront avoir à faire avec des adultes sains, qu’ils estiment un minimum en tant que tel, dans leurs choix et leur parcours personnels. Car ils ne seront plus que parents. Ce sera trop facile de se retrancher dans ce rôle. Il devra faire face à ça, l’enfant. Et les parents aussi.

Alors, je leur dirai quoi à mes enfants ou mes petits-enfants ? Je leur dirai : "Oui, Papa s’est battu pour quelque chose. Il s’est battu pour lui. Pour sa propre réussite, son propre épanouissement, pour trouver un métier et un chemin de vie qui ne laisse pas ses rêves d’adolescents et sa part d’enfance sur le bas-côté. Il s’est battu pour exercer un métier qui corresponde à ses valeurs, ses idées. Pour ainsi rester jeune, ouvert, cultivé, devenir sage mais toujours agité, intéressant. Pour ne pas vieillir trop vite ou devenir aigri, pour avoir quelque chose à dire et à vous transmettre, autre que de l’argent et des souvenirs datés. Pour que vous souhaitiez juste m’écouter et peut-être tirer profit de certaines choses que j’ai pu vivre. Voilà, c’était cela son engagement à Papa. C’est pour cela qu’il s’est battu. C’est un combat qui vaut ce qu’il vaut, qui n’était pas collectif, pas très élevé, pas très idéaliste, mais qui correspondait à son idéalisme à lui, qui était assez réaliste et qui n’était pas gagné d’avance. Papa, il se disait juste que si chacun faisait ce combat ordinaire pour rester un être humain qui puisse se regarder dans le miroir de ses rêves, le monde irait mieux et on n’aurait pas besoin de descendre manifester dans les rues." Petit, Papa était con. Merde, merde, merde.

(la photo vient de http://photos.blogs.liberation.fr/)

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 19:46
Journée de grève générale, part I

Nous sommes le mardi 28 mars 2006. Je suis derrière mon écran, peinard. Je dis 28 mars 2006 parce que ce n’est pas anodin, c’est jour de grève général et je devrais être en train de manifester dans la rue, sous la pluie. Enfin c’est ce qu’on me dit. C’est ce que m’ont dit mes collègues surveillants et les CPE du collège où je bosse 24h par semaine : "Sylvain, vient manifester avec nous à Place d’Italie contre le CPE". (Attention, il ne faut pas confondre CPE et CPE, Contrat Première Embauche et Conseiller Principal d’Education. Il y a des gosses à l’école, ils confondent. Ils disent : "Mais on n’est pas contre vous Madame. Parfois vous nous mettez des heures de colle, mais on n’est pas contre vous". Ils sont marrants les gosses, crevants souvent, mais marrants.)

Mais bon, moi manifester, ça n’a jamais été mon truc. Alors j’ai dit non à la CPE (vous suivez ?) : "Non Madame, je vais lâchement chez moi à bosser et tant pis si demain on me dit : "Ouhhh, Sylvain il est individualiste. Ouhhh Sylvain il est en sucre !"". Bah oui, parce qu’en plus, il pleut. Non que je sois pour le CPE, c’est juste que, j’avoue, je ne suis jamais descendu dans la rue pour manifester avec des potes, des banderoles en scandant des messages et tout ça. Je n’ai jamais vu ce que j’avais à y faire, jamais vu en quoi j’aurais pu être utile. Pour le CPE, j’ai essayé de me motiver, c’est quand même important, je me suis imaginé défilant dans la rue et je me suis juste trouvé nul, inutile, transparent. Je n’aurais servi à rien. En tant que pigiste galérien d’ailleurs, ça m’aurait fait une belle jambe d’être dans le cortège. En quoi ça me touche le CPE, ce n’est pas en défilant que je vais percer dans le milieu ? (Je sais tout le monde se dit ça, reste la tête dans le guidon de son propre job, ses propres intérêts et c’est pour ça qu'on fonce socialement droit dans le mur, parce que la précarité ou la menace de la précarité, on se la coltine déjà tous au quotidien, alors on préfère pédaler pour sa gouverne pour s’en sortir.)

Alors voilà, avec tout ce que ça a d’anti-citoyen et d’égoïste, je suis bien mieux chez moi à faire avancer ma petite entreprise, qui connaît elle la crise. Je fais une machine et j’essaie de décrocher des piges en contactant des journaux. La vaisselle m’attend. Le linge attend, je dois l’étendre. Et mon frigo vide et mon ventre crient famine, me disent que je dois aller faire des courses. Je vais donc sûrement sortir d’une seconde à l’autre, descendre et marcher dans la rue, mais ce sera pour aller chez Franprix, me poser d’existentielles questions devant les pales linéaires du rayon surgelés, me demandant ce que je vais bien pouvoir mettre dans mon sac cette fois-ci, des nouveaux produits dans la fourchette de prix de ce ques mes maigres moyens me permettent, histoire de varier les plaisirs et d’égayer modestement mon quotidien.

(la photo vient de http://photos.blogs.liberation.fr/)
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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 01:37
Casseurs de presse

Les derniers mots prononcés du bout des lèvres par François Ruffin sont lourds de sens. Ils pèsent comme un aveu, une profession de foi un peu taboue, trainant ses fanômes, dure à assumer au grand jour. Le Plan B
souhaite revenir aux sources de ce qui fit l’élan du premier Libé. On repense alors à un passage précis de leur manifeste paru dans le hors-série de PLPL en janvier dernier. Satisfaits, ils y publient le courrier d'un abonné qui leur a donné une "plantureuse souscription". "La dernière fois que j’ai envoyé un soutien financier, dit celui-ci, il s’agissait de Libération. Sans commentaire. C’était il y a longtemps mais je n’ai toujours pas digéré. Si la même chose se reproduisait, je me réserve le droit de vous poursuivre et laisse mandat à mes héritiers pour continuer ma "tâche". Salut, merci et bonne chance !" On sent que ce relent de "camaraderie" les requinque au Plan B, comme la validation de leur va-t’en-guerre. "Libé 1 est mort mais pas le désir de pouvoir lire à nouveau un tel journal gaucho, semble dire Le Plan B. Ce désir somnole. A nous de le réveiller." Personnellement, on repense à ce vendeur de Libé par portage qui était récemment venu toquer à notre porte pour nous tirer la larme à l’œil et le billet de notre lard-feuille. Sur le même registre (super affectif et militant), il nous avait sermonné pour qu’on s’abonne à Libé. Pour qu'on sauve ce Libé à l'article de la mort dont la vie dépend de ses lecteurs. De toutes ses forces il essayait de nous faire prendre conscience de l’importance citoyenne et politique de ce quotidien, de la somme de travail qu’il nécessite, de sa fragilité financière et du faible prix qu’il nous coûte pour l'avoir chaque matin à l'heure du café. Patati patata. J’avais l’impression qu’on venait me vendre un tout jeune fanzine. J’ai eu l’impression qu’on venait me vendre un Plan B.


"Comme disait Sartre, on va le faire et on verra après"


Euh, une dernière chose. C’est quoi les "Sardons" ? Dans le manifeste du Plan B, vous parlez à plusieurs reprises de "Sardons" et de "Sardonie libre".
Bah euh ça fait maintenant 5 ans qu’existe la Sardonie, c’est-à-dire le territoire libéré par PLPL, le territoire du Parti de la Presse et de l’Argent libéré par PLPL.

C’est un territoire imaginaire qui permet de schématiser votre combat ?

Voilà.

La Sardonie c’est donc votre Grosland à vous ?

Ouais, enfin un Grosland où tous les journalistes et les financiers auraient été expulsés.

D’où vient le mot "sardon" ?

Bah tu regardes le dictionnaire à "sardonique".

Ok. Le premier numéro du Plan B sort donc bien en mars ?

Oui, le 9 ou le 10.

Merci beaucoup pour cet entretien téléphonique.

Pas de problème. Mais franchement, pour ce qui est de faire un papier dans Médias et puis tout ça, je ne le sens pas du tout. Mais je te souhaite bon courage dans tout ton travail qui n’est pas forcément un travail de choix. Donc quand je dis que je trouve ça très mou, je ne t’associe pas au truc. J’ai plein de copains qui sont pareils, qui travaillent à Courrier Cadre, franchement ce n’est pas un bon journal.

Ok. Bon courage avec ton bouquin.
Bon courage à toi dans toutes tes piges. Je suis désolé de ne pas te permettre d’en proposer une de plus. A la limite, si tu veux, pour Médias, une fois que le premier numéro est paru, tu racontes l’histoire comme tu veux à partir de ce qui était publié dans le supplément PLPL, dans Fakir et puis tout ça.

Tu préfères que j’en parle après la sortie du premier numéro ?
Je veux dire que tant que ça ne passe pas par une interview de moi, tu fais ce que tu veux. Il n’y a pas de soucis, les gens peuvent en parler autant qu’ils veulent en bien et en mal, il n’y a pas de problèmes. Mais par contre, il y a un aspect collaboration dans le fait de donner une interview et je n’ai pas forcément envie de collaborer avec un journal que je n’apprécie pas particulièrement, quoi. Voilà, voilà.

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 01:20

Casseurs de presse

 
Je suis au téléphone avec François Ruffin, rédacteur de Fakir (Amiens) qui fusionne avec PLPL (Marseille) pour former Le Plan B. Ce journal ne voulant pas communiquer hors de son cercle d'inités, ce dont on se doutait, on se dit pigiste d'un mag inoffensif (Médias) alors qu’on vient d'un mag ennemi (Technikart). Après dix minutes de tchatche polie, notre interlocuteur fini par baisser sa garde...


"Le Plan B ce n’est pas du tout culturel"


Comment se fait-il que Fakir et PLPL se soient associés pour former Le Plan B ?

Bah pfff parce que chez nous à Fakir il y avait la nécessité de sortir un peu de notre bulle locale. On est essentiellement diffusé sur la Somme. 80 à 90 % de notre diffusion, c’est de la Somme. Et pour PLPL, c’était pareil, ils plafonnaient un peu au niveau de ce qu’ils pouvaient faire, alors ils auraient pu continuer comme ça éternellement, mais ils pensaient qu’il était nécessaire qu‚il y ait un relais de critique social qui s'ajoute au volet critique sociale des médias. Mais nous, on continue à publier un supplément de Fakir à l’extérieur du Plan B, pour la Somme.


Tu gardes et continues de défendre l’identité du journal Fakir ?
Bah c’est-à-dire qu’ici on a quand même des lecteurs qui sont attachés à ce qu’il y ait une contre-information locale, on a quand même près de 3000 acheteurs sur la Somme, on ne va pas dire qu’on laisse tomber.


Le Plan B va donc être une proposition journalistiquement plus complète, une proposition de magazine.
Non, pas magazine, mais qu’il y ait critique des médias et critique sociale. Que les deux soient liés.


Le Plan B s’annonce effectivement comme un "journal délicieux de critique des médias et d'enquêtes sociales". C’est un positionnement socio-culturel ?
(silence) Bah j’espère que ce n’est pas culturel du tout (rires jaune).


Sociétal, alors ?
Ouais, bah c’est du social, hein. C’est du social, ce n’est pas du socialisme, ce n’est pas du sociétal non plus, c’est du social.


La rédaction est donc intégralement constituée des rédactions fusionnées de Fakir et PLPL ?
Ouais, ouais.


J’ai appris que les articles ne seraient pas signés, qu’ils seraient anonymes. Pas de problèmes d’ego donc au Plan B ?
Non, mais il n’y a pas de difficultés à ce niveau-là. Enfin, de toute façon, on n’est pas énormément, on n’est pas des milliers, on n’est pas des centaines non plus.


Et les rédacteurs ne sont pas payés pour l’instant ?
Bah c’est-à-dire que pour l’instant il y a un plein temps qui est un plein temps administratif et le reste, c’est comme ce que je faisais en bénévolat pour Fakir et ce que les gens de PLPL faisaient en bénévolat pour PLPL, donc tant que ça ne représente pas une charge de travail supplémentaire on peut considérer qu’on peut continuer en bénévolat, quoi.


A plus ou moins court terme, vous avez quand même l’envie de vous donner les moyens de vos ambitions et donc d’avoir un journal financièrement super stable, c’est-à-dire qui rapporte de l’argent.
Bah on verra, on verra où est-ce qu’on peut aller. Tu sais, Sartre disait en lançant Libération : "Il faut le faire d’abord", quand Jacques Chancelle lui demandait si ça allait marcher. C’est pareil pour nous : on va le faire, on verra après.


On vous sent l'envie de créer un journal d’opinion qui reprenne les choses là où Libé les a laissées en devenant progressivement ce quotidien culturel, mou et bobo qu’il est aujourd’hui.
Certes.


Il y a un peu cette envie-là ?
Oui.

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25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 23:48
Dandys' Factory




En 2003, les Dandys ont concrétisé un rêve : gagner assez d'argent pour être indépendant en s’offrant l'Odditorium, un appartement où se téléscope lieu de vie et lieu de travail.

 




L'Odditorium c'était un fantasme pour les Dandys Warhols : celui de monter le lieu "où tout arrive", confie Zia, un endroit parfait qui combine domicile personnel et studio d’enregistrement, vie en communauté et émulation créative. Aujourd’hui, grâce aux revenus publicitaires générés "Bohemian Like You", le rêve est devenu réalité. Zia nous guide dans cet espace où les décorations hippies côtoient des installations hi-tech. Imaginez : "Dans l'entrée, des chaises de théâtre longent le mur. A gauche, il y a le bureau où Goffman dirige notre site web et où l'on fera tout notre travail d'édition. A droite, la salle à manger couvertes de nappes en mousseline, une longue table en bois, une énorme cuisine aussi, suréquipée, avec un énorme frigo… Je n'ai jamais vécu dans une maison comme ça !" Chacun des membres y trouve son bonheur. Peter, lui, s'attarde à nous décrire l'équipement technique, le projecteur, le son surround, l'écran vidéo, la bibliothèque qui occupent le grand salon, ainsi que l'iPod qu'il laisse presque en permanence branché dans le studio, avec ses 1608 chansons enregistrées. "Des classiques. Dylan, beaucoup de Dylan." Top du top, l'Odditorium abrite une scène, qu'ils ont eux-mêmes installée : "La meilleure de Portland, la meilleure où j'ai jamais joué, super solide", s'enflamme Zia.

Faut-il voir dans l’Odditorium leur Factory à eux ? "Oui, c'est amené à le devenir, dit Peter. Quand on aura installé le studio, on va commencer à monter notre propre label, produire des amis, des projets parallèles. Ce sera une vraie production, car on aura le studio, la vidéo, l'édition, la photographie, tout dans l'appart et on pourra jouer. Toujours." Ils pourront travailler à leur rythme, en laissant leur quotidien bohème "contaminer" leurs créations, pour le meilleur et pour le pire. "C'est dur de bosser quand il est l'heure de se mettre à table, ça tourne tout le temps à la fête !", avoue Zia. La vie n'est donc pas si déjantée que ça à l'Odditorium. Il y a une heure pour manger, même si en ce moment même le frigo ne compte que quelques bières, aux dires de Peter.

L'ambiance chez les Dandys serait-elle plus proche d'un épisode de Friends que du fantasme warholien de la Factory ? On n’y a pas installé des caméras fonctionnant 24h sur 24 et 7 jours sur 7 pour pouvoir répondre. Mais cet appart semble être le remède pour relancer la vie du groupe et le maintenir soudé au moment où il pourrait pâtir de l’envie qu’ont la plupart des membres du groupe de fonder une famille. "La vie d'un groupe de rock n'est certes pas facile tous les jours", dit Zia mais "il y a des gens pour qui c'est plus dur, ceux qui font un boulot qu'ils n'aiment pas. Ce qui est dur c’est de garder l’envie intacte. Certains groupes perdent de vue la raison qui les a poussée à monter un groupe. Ils veulent juste impressionner leurs amis ou entrer en compétition avec d'autres groupes, ce qui, en soi, n'est franchement pas amusant." A notre grand bonheur, les Dandys n'ont pas suivi cette voie. Une question de temps ?



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25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 19:53
L'ODDysée spéciale


En 2003, les Dandys Warhols ne se prenaient pas encore pour les pyromanes déglingo-psyché qu'ils feinrent d'être en 2005 avec
Odditorium Or Warlords Of Mars pour tenter de rivaliser avec Anton Newcombe, frère ennemi leur ayant quelque peu ridiculisé malgré lui dans le docu rock Dig ! Non, en 2003 les Dandys sortaient Welcome To The Monkey House, un disque loin de la gloriole brit pop décrochée par Come Down six ans plus tôt, mais un bon disque tout de même, placé sous l’égide d’un recyclage espiègle des Stones, Lou Reed, Bowie et Duran Duran ! En juin de cette année, je rencontrais le groupe.



Un matin de juin 2003. Je suis quelque peu déçu. Je sais que je ne vais pas pouvoir interroger le leader des Dandy Warhols. Courtney Taylor est déjà en Allemagne avec le batteur du groupe pour assurer la suite de la promo de Welcome To The Monkey House. Je l’ignorais mais c’était en fait une bonne chose. Courtney absent, la discussion devenait possible, censée, limpide. Hier, ce n’était pas possible, m’a-t-on dit. Mes confrères se sont heurtés à l'arrogance d’un Courtney pétant, comme trop souvent, plus haut que son cul. Hier la tête pensante (et de lard) des Dandys avait décidé de lever le pont-levis et de livrer un festival de réponses fumeuses, style : "Je suis une star géniale, tu peux donc te brosser pour avoir accès aux divins tourments qui agitent mon âme, juste du bull shit mon vieux, voilà ce que je vais t’offrir : être l’objet de mon divin bull shit". On rencontre donc Peter et Zia. Il est 11 heures. Le
guitariste et la claviériste nous attendent dans la chambre luxueuse d'un hôtel du 8e arrondissement. Ambiance deux de tension dans leur chambre. On sent que le réveil n’est pas loin. Croissants et cafés trônent encore intact sur la table. MTV baignent les lieux d’une cool quiétude. A travers la fenêtre le soleil apporte la touche finale à ce cadre idyllique. La petite amie de Peter s'éclipse. Cordiaux et dispo, Peter et Zia sont tout à moi.




"On voulait abolir le mur de guitares qui masquait nos erreurs"

"Nous sommes de grands enfants !"





Courtney a dit de Thirteen Tales Of Urban Bohemia qu'il vous ressemblait parfaitement. Comment avez-vous donc fait pour vous "réinventer" dans ce Welcome To The Monkey House ?
Peter : A la suite de Urban Bohemia, Courtney a réagi en se fixant des règles. Première règle : abolir le mur de guitares. Il voulait un album aéré, uniquement basé sur la section rythmique basse-batterie, la voix et quelques sons de-ci de-là.
Zia : Il ne fallait plus qu'on utilise les guitares pour masquer nos erreurs, les recouvrir comme s'il s'agissait d'un pansement.
Peter : Mais quand on a commencé l'enregistrement, les guitares sont revenues de plus belles car… c'est ce qu'on sait faire. On a donc dû tout recommencer.
Zia : Courtney avait en fait enregistré des chansons où il avait multiplié les pistes. Il n'avait pas respecté ses règles. Et tant mieux car à un moment tu dois faire des entorses à cela, ne pas sacrifier tes chansons à cause de telles règles. Ces règles sont juste un point de départ pour t'aider à faire sortir les choses de ta tête.

Mettre un bémol sur les guitares, cela fut-il difficile pour toi, Peter ?
Peter : En pratique j'étais OK mais en pratique c'était plus difficile oui, très frustrant ! Chaque disque est une épreuve, mais celui-ci le fût à un point que je n'avais pas imaginé. J'ai essayé différents styles, enregistré plusieurs parties de guitares, mais la plupart du temps ça n'allait pas.

Etait-ce plus facile pour toi, Zia, au vu de la présence constante des synthés ?
Zia : Oui. Jusqu'ici je ne m'étais pas vraiment lâché, mais cette fois on a beaucoup fait appel à moi, on a enregistré beaucoup de fonds sonores aux claviers, notamment un fantastique solo sur "You Were My Last High". C'était super d'élaborer ces parties de clavier… On a passé beaucoup de temps en studio, à travailler par deux, à essayer des choses. C'était dur de s'y mettre, surtout au moment où il fallait faire à manger, où ça tournait à la fête… Mais bon c'est toujours mieux que rester seul à se prendre la tête ! Ce fut pour moi une nouvelle expérience.

Comment vous est venu l'idée de mêler glam et new wave ?
Zia : Sur le papier déjà, c'était une bonne idée.
Peter : Le glam est là depuis nos débuts, ça fait partie de notre son, inspiré de T-Rex. La part new wave, elle est plus venue parce c'est un domaine qu'on n'avait pas encore exploré. Donc c'était quelque chose à faire. Surtout que Courtney et moi, on adore le premier disque de Duran Duran. J'ai grandi avec ça, et ça a influencé ce qu'on fait même si ça ne s'est jamais vu.

Qu'écoutiez-vous pendant l'élaboration de l'album ?
Peter : Pas mal de Bowie, sa période charnière des années 70-80 où sa façon de sonner est unique. Le piano et la basse d'"I Am Sound" sont un clin d'œil volontaire à "Ashes To Ashes".

Après quelques écoutes, ces nouvelles chansons semblent moins accrocheuses et évidentes qu'avant…

Peter et Zia : Moins accrocheuses ? !
Zia (un tantinet revancharde) : "We Used To Be Friend" est super accrocheur !

Mais plus on progresse dans l'album plus les morceaux sont… planants.
Zia : Il y a des morceaux planants sur tous nos albums…Peter, penses-tu que nos chansons sont plus planantes ? (Zia allume le joint d'herbe qu'elle prépare depuis un bon quart d'heure, je n’en profiterai pas - Nda)
Peter : Oui, sur notre dernier album, les morceaux sont d'une autre facture. Les précédents ne planaient pas autant. "Sincere Because I", par exemple, ne repose sur aucune batterie. Du coup c'est beaucoup moins dansant.

Avec trois albums derrière et tout se savoir-faire, on se dit que vous auriez pu faire des chansons plus faciles, évidentes, avec plus de guitares. Un grand album rock qui en quelque sorte casse la baraque.
Zia : Oui, ce qui est tendance en ce moment. Mais c'est la chose la plus évidente à faire, tout le monde le fait, donc pourquoi le ferait-on ? La guitare, ça craint en ce moment. Nous, ce qu'il nous faut c'est du fun et du challenge avant tout.
Peter : On cherche à faire ce qu'on a envie d'entendre. On n'est pas forcément mieux que les autres, d'autres font de même. Et nous on voulait voir si on pouvait aller ailleurs.

Vous avez déjà quatre albums au compteur, et cela fait presque dix ans que vous faites de la musique ensemble. Vieillir en tant que groupe, cela vous inquiète ?
Peter : Pas encore. Je ne me suis jamais senti vieux jusqu'à ce que les nouveaux groupes à guitares débarquent l'année dernière. Là, rétrospectivement, je me suis dit que ça faisait déjà un petit bout de temps qu'on était là.
Zia : Aux festivals cet été, on se sentait vieux par rapport aux autres groupes, mais on sonnait comme l'éternel nouveau groupe. On était sur scène pour un rappel et tous ces groupes sont venus voir notre show. Et je me disais : "Hé, nous sommes de grands enfants, cool !"

Votre musique a déjà servi d'illustration sonore pour une publicité. Etes-vous prêt à refaire ce genre de choses ?
Peter : Oui, si on nous le propose. La pub qui a repris "Bohemian Like You" nous a permis de toucher des gens qui n'avaient jamais entendu notre musique. Car nous ne sommes ni joués à la radio, ni joués sur MTV. Quand on a appris qu'on était classé 5e dans la moitié de l'Europe grâce à cette pub, on était en train de tourner et d'enregistrer. On est donc reparti pour faire Top of the Pops dans trois pays différents. Super ! On a été félicité par notre label qui s'est dit : "Oh, ils savent vendre des disques !" Donc si une nouvelle pub aussi chouette se présente, OK.

Vendre sa musique pour un spot publicitaire, ce n'est pourtant pas très rock…
Zia : Vraiment ? Gagner de l'argent sans rien faire, ce n'est pas rock ça ?
Peter : Le monde a changé, tu dois utiliser tous les moyens possibles pour diffuser ta musique. Les radios et tout le reste sont devenus trop étroits d'esprit, ils ne veulent plus prendre de risque. Seules les agences de pub semblent être prêtes à les prendre. On ne correspond pas au format des radios, on n'est pas assez Limp Bizkit ou assez jazzy… Aux Etats-Unis, il y a cinq grands genres de musique et si tu ne rentres pas dans leurs cases tu n'es pas joué. C'est en train de changer, mais très lentement.

Vous vivez à Portland depuis dix ans. Qu'aimez-vous dans cette ville ?
Peter : C'est une chouette ville, assez petite, un bon endroit pour se poser, très confortable, avec une petite bibliothèque…
Zia : Et une superbe rue de restaurants. Nous avons un formidable groupe d'amis, des artistes, des restaurateurs, des barmans, des photographes… On connaît plein de gens et c'est bien de savoir qu'ils font aussi leurs trucs.
Peter : Ca nous permet de garder les pieds sur terre.


(Suite et fin.)




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Published by sylvain Fesson - dans DISCussion
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