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  • PARLHOT
  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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INTERVIEWS

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 00:24
Nostalgie chamane


Syd Matters a fait du chemin depuis sa victoire en
2002 du premier concours CQFD. A l’époque il ne semblait pas heureux de son prix, comme détaché des choses de ce monde. Aujourd'hui que son troisième album s'apprête à sortir (14 janvier) on comprend mieux où il avait la tête : il était déjà dans Ghost days, une musique qui ne se contente pas de rêver l’ailleurs mais qui, en creux, le dessine.


En 2003 les impeccables compositions space-pop d’A whisper and a sigh plaçaient Jonathan Morali aux premières loges d’une pop française décomplexée car n’ayant plus rien de français à trop se bercer de musiques célestes made in england. Ce premier album avait beau être un peu trop studieux (Robert Wyatt, Nick Drake, Pink Floyd et Radiohead sont les maîtres des lieux), on découvrait un mec perché tentant de marier folk et synthés, en un mot ciel et terre. En 2005 Syd Matters affinait son obsession
duale (songwriting et soundwriting) dans les atmosphères brumeuses et nettement plus personnelles de Someday we will foresee obstacles. Mais on pouvait encore localiser le garçon. Maintenant on ne peut plus.

A l’automne dernier on avait pourtant eu des signes avant-coureurs. Avec la B.O. de La question humaine, Jonathan nous avait fait sentir qu'il avait encore progressé d’un pas de géant, mais on ne s’était pas préparer à ça : à la guitare malienne qui surgit plage 4 de son nouvel album et baigne tout le morceau d’un souffle "world". Cette guitare malienne n'a beau n’apparaître que sur 2-3 morceaux de Ghost days ("Its' Anickname", Big Moon"), une fois entendue on ne voit plus qu’elle. C’est la clé de l’album. Tournicotant comme un rayon de soleil, elle nous fait basculer dans ce moment magique où la mélancolie se fait chaleur. C
es moments ils sont nombreux dans ce disque, des îlots d’apesanteurs vibrants de chœurs et de clappements de mains. Des édens d'arpèges, de flûte et de piano qui s’embrasent dans la nostalgie chamane d'un "Me & My Horses" homérique.

On pense au Mali Music de Damon Albarn, à quelques inflexions de l'album solo de Thom Yorke, à la kora africaine de Thee, Stranded Horse. A peine. On pense peu musique quand on écoute Ghost days, on ne pense pas à ce qui existe mais à quelqu'un en quête d'une autre vie, du pygmée qu'il y a en lui. On voyage comme rarement. Ici, plus que jamais, on nous emmène loin de la musique de fan, de son format, ses guitares. Ces 15 morceaux, dont un "fantôme", on n’arrive pas à les saisir, à en retenir les noms, à en figer le déroulé. Ils s’enchaînent presque comme un seul long morceau, un paysage. Un mirage. On craignait que Syd Matters ne fasse pas mieux que son deuxième album. Jusqu’où aller maintenant ?

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 00:58
J'ai encore rêvé d'elle

Brisa Roché a de beaux yeux, un cul d’enfer et quelques bons morceaux sur The Takes. Les yeux et le postérieur de Rebecca Stark ? Je ne peux pas dire : je ne l’ai pas rencontrée si ce n’est sur le premier album de son groupe, qui répond au doux nom de Lavender Diamond. Mais quelle rencontre, quelle voix ! Elle m’a d’emblée fait sienne sur Imagine our love.


Sur son blog, le journaliste Bertrand Dicale dit de Brisa Roché qu’elle ranime quelque chose du Jefferson Airplane sur son dernier album en nous donnant sur 2-3 morceaux "cette impression de courir pieds nus dans l’herbe humide". "Heavy Dreaming" c’est tout à fait ça : l’ami Ricoré avec la Californie qui vous tend les bras. Mais Bertrand a-t-il écouté Lavender Diamond ? Sur Imagine our love ce groupe ne se contente pas de fabriquer par moments des "sensations voisines" des années 60-70. C’est tout leur disque qui semble en sortir. Ecoutez "Oh No" et osez me dire après ça que vous étiez toujours en 2007 derrière votre écran. Tout est dans la voix de Rebecca Stark. Elle a beau chanter une chanson écrite le jour où les première bombes sont tombées sur Baghdad, elle semble chanter d’ailleurs, nous survoler de toute part comme une éternelle promesse de lendemains qui chantent. Un chant de Noël. Une sainte sœur. Un "Il était une fois"…

Il y a peu je réécoutais Blue de Joni Mitchell et je me disais que la beauté de ce disque n’était pas que le fruit de son auteur, mais au moins autant celui d’une époque. Un certain "âge d’or". Mais que dire de celui-ci ? Comment cette fille peut-elle donner tant de lumière dans une époque dite si sombre et chaotique. Comment peut-elle sans être un ange ? Elle me rappelle Joni Mitchell, The Carpenters. Je ne veux rien savoir d’elle. Si elle se drogue, si elle est belle, si elle porte des culottes en coton épais sur des fesses à tomber par terre. Pour moi elle n’est qu’une voix, une émanation de l’au-delà. Moins je la connais, plus je l’aime.

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 00:59
Rock Christique














"J’ai 20 romans en tête"


"Je suis un voleur..."



Après ces dix ans d'errance et d'anonymat total, ça te gène qu'on te célèbre d'un coup comme un artiste qui compte et qui vient de pondre un chef d'œuvre ?
Si tu veux une réponse en oui-non, tu es mal barré. Si tu veux un truc un peu plus long, ouais. D'abord, si je n'avais pas été chez Mercury, est-ce que ça aurait été pareil ? D'un autre côté, tout a été clair, j'ai signé avec eux pour vendre. Quand je dis "pour vendre", ce n'est pas pour avoir une grosse bagnole, je n'ai pas le permis de conduire et puis j'en ai rien à foutre des bagnoles. Effectivement, quand je peux, je m'achète une bécane mais je m'en fous de tout ça. Simplement, il y a un mec ou deux, encore une fois je ne vais pas te dire qui, car maintenant j'arrête de balancer, mais récemment j'ai entendu des écrivains qui disaient : "Que je vende ou que je ne vende pas, je m'en fous. Moi, j'écris pour moi-même." Mon cul que tu écris pour toi-même ! Qui est-ce qui écrit pour lui ? Ce n'est pas vrai. Moi j'ai 20 romans dans la tête.



Alors quand est-ce que tu l'écris ce fameux premier roman ?
Bah, là j'ai un plan, je ne sais pas si ça sortira. Mais j'ai un plan, il faut que j'assure. Que j'écrive 15 pages par semaine.


Tu t'es fixé une discipline ?
On me l'a fixée la discipline. Mais d'un côté ça tombe bien, parce que sans ça je ne fous rien. Je ne sais pas si ça marchera, mais je profite du truc. Il y a un truc super avec la personne qui veut s'occuper de moi, c'est qu'elle m'a dit : "Est-ce que tu es prêt à ce que je m'immisce dans tes trucs ?" Et moi, non seulement je suis prêt, mais j'ai besoin de ça. De la même façon, par exemple, que l'album Crèvecœur, sans Frédéric il n'existerait pas.


Tu as toujours besoin de quelqu'un pour travailler ?
Je suis un branleur. Je peux trouver d'autres raisons, mais la seule vraie c'est que je suis un branleur. On me demande un texte pour le 15 mai, et c'est le 20 mai que je me mets à l'écrire. Regarde (il montre une bague en tête de mort sur sa main droite, à laquelle répond une bague similaire sur la main gauche - Nda) : la femme que j'aime m'a offert ça, ça fait deux jours que je l'ai (il verse la fin de sa première bière dans la seconde, toute fraîche - Nda). Ne fais jamais ça devant un Hell's Angel, tu te ferais casser la gueule. Ils peuvent t'en commander dix, mais tu ne mélanges pas, tu les finis une par une. Je te dis ça, mais sérieux ça reste entre nous : je ne veux voir le mot "Hell's Angels" dans aucune interview ! Tu peux mettre le mot "biker" mais pas "Hell's Angels".


Pourquoi ?
C'est juste qu'à priori je n'ai rien à voir avec eux et que je n'ai pas à m'approprier leurs lois et leurs trucs. Par contre j'ai un blouson signé par Sonny Barger, qui est le président d'Oakland, ça tu peux le dire, mais sinon je ne suis pas Hell's Angel, voilà c'est tout. De la même façon que si je n'avais pas fait 15 ans de karaté, je ne me permettrais pas de parler de karaté.


Tout à l'heure tu parlais de Lou Reed. "Psaume 23" qui clôt Crèvecœur ressemble beaucoup au "Sad Song" qui clôt Berlin. Tu n'aurais pas repiqué la boucle sonore de ce morceau ?
Nooon, tu es fou ou quoi (rires) ? En fait, au départ on a samplé "Sad Song". C'était une idée que j'avais et que Frédéric avait. C'est marrant parce que tous les deux on ne se connaissait pas, mais ça faisait longtemps qu'on pensait de notre côté à sampler ce truc pour faire une chanson avec. Moi je voulais sampler ce truc, mais on a fini par l'enlever parce que c'était trop évident et puis c'était faux. Et puis, on ne voulait pas d'embrouilles. Mais bon, pour être franc, Gainsbourg il ne répondrait pas à cette question. Moi, je suis un voleur, vraiment, mais je pense que je suis un voleur de talent, donc à partir de là je m'en branle. Connaissant Lou Reed, enfin par les interviews, il est fort possible qu'il ait volé ce son autre part lui aussi. On n'arrête pas de recycler, depuis toujours. Si tu savais le nombre d'aphorismes qui sont au nom de Dorian Gray, euh pardon d'Oscar Wilde et qui ne sont pas de lui... Il y a un livre qui vient de sortir et qui s'appelle Fertiles, je crois et ça commence par l'histoire d'un mec qui s'appelle Jim Kerr (le chanteur des Simple Minds - Nda). Bon, il y a un truc que j'admire chez lui c'est qu'il a réussi à séduire Chryssie Hynde (la chanteuse des Pretenders - Nda), donc il ne peut pas être complètement nul. Et puis en dessous il y a écrit : "Quelle drôle de vie que nos vies suspendues à celles des femmes", signé Daniel Darc. Alors que c'est quand même de Drieu la Rochelle. Et cet écrivain, peut-être qu'il ne le savait pas et qu'il l'a entendu par moi et voilà. Pareil, "Jésus Rastaquouère" ce n'est pas de Gainsbourg mais de Picabia. C'est comme le refrain d'"Initials BB", c'est de Dvorak, La Symphonie du Nouveau Monde. Il y a un truc de William Burroughs co-écrit avec Byon Gysin dont le titre en français est Les Voleurs et en gros dedans ils disent ça : "Ne vous plaignez surtout pas qu'on vous vole des trucs, parce que si on veut voler on a Rimbaud, on a Verlaine, on a Baudelaire, que des génies. Alors si on vous prend une phrase, vous, écrivain de merde, n'allez pas vous plaindre parce que c'est un honneur qu'on vous fait."


Toi, aujourd'hui, on te vole ?
Oui, je suis volé. Je veux dire, peut-être que je suis mégalo, mais franchement le nombre de chanteurs qui ce sont inspirés de moi et de mon écriture... C'est mégalo de le dire, mais quand je suis arrivé en France personne n'écrivait en français. En 78-79, il y avait Bijou, il y avait Trust, il y avait Téléphone, mais ça n'avait rien à voir avec l'écriture qu'on avait nous.


Il y avait Bashung. Enfin, il y avait Boris Bergmann.
Oui, Bergmann, voilà. Parce que maintenant Bashung il collabore aux textes, disons moitié-moitié, mais à l'époque il écrivait beaucoup moins, c'était Bergmann. Mais bon, il y avait Bashung et "Gaby, Gaby", "Vertige de l'Amour", c'était bien.


Bashung, tu le fréquentes ?
Non. On s'est juste vu 3-4 fois, comme ça. J'ai énormément de sympathie pour lui. Moi, je suis vraiment instinctif, c'est mon côté russe. Généralement quand je rencontre un mec, je sais tout de suite si je l'aime ou si je ne l'aime pas, c'est rare que je me trompe.


(Suite et fin.)


Photo par Patrick Auffret

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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 13:03
Rock christique
















J’ai écouté le nouveau Daniel Darc. Je ne vais pas vous en parler tout de suite. Ce n’est pas l’envie qui manque, c’est juste que parfois mieux vaut ne pas s’emporter. Surtout qu’on aura le temps d’y revenir. Il ne sort que le 14 janvier. Son nom : Amours suprêmes. En attendant, probable single, "J’irais au paradis" tourne depuis quelques jours sur son Myspace, mettant l’auditeur au supplice de se demander si le disque à venir sera ou non un digne successeur de Crèvecoeur.


"J’irais au paradis" ? Je pense direct au célèbre morceau de Polnareff. Mais rien n’est plus éloigné de Darc que ce dernier. Depuis Crèvecoeur, l’ex-Taxi Girl fait fi du second degré. Il la joue pied au plancher, gueule cassée. Et là, dès les premiers accords je mords à l’hameçon : mélodie rockab, guitare qui raye le parquet et rentre dans le lard. Du pur Darc. Le refrain assène : "Quand je mourrais j’irai au paradis, c’est en enfer que j’ai passé ma vie". La délivrance finale comme seul enchantement possible. Depuis son retour d’il y a quatre ans, salué en grande pompe dans tous les médias de France et de Navarre, Daniel radote sa sublime déchéance. Conte les jours qui sont comptés. Autobiographique, christique, rock. Comme Johnny Cash et Morrissey. Voilà il fonctionne comme ça Daniel. Et ça me rappelle une certaine soirée. Un 17 mars 2004. Une soirée lose avec Daniel Darc. Enfin lose… Tout avait bien commencé. J’avais deux invits pour un concert romantique, j’avais la fille que j’essayais de séduire depuis une trotte déjà (une nana genre Scarlett Johansson en brune, je vous dis pas) et puis c’était mon anniversaire, donc je me disais : "Voilà, ça y est, ce soir
Mathilde est à moi. Je saurais pour mes lèvres sur ses lèvres, mes mains sous son pull, sa douceur tactile..." Ce qui s’est passé ? Rien. Après le concert, on est allé se prendre un verre au bar d’en face et j’ai écouté Daniel raconter sa vie. Oui, je l’ai croisé et j’ai cru bon de l’inviter, de le lui présenter et voilà, le Daniel il a monopolisé l’assemblée, parlant de ses bagues, ses tatouages, son karaté, vidant les bières de son sac de dessous la table… Un personnage. Mathilde, j’ai eu beau la ramener en taxi, sur ce coup-là j’avais merdé. Ça m’apprendra à vouloir copiner avec les stars et à me la jouer en montrant que je connais du "beau monde", une certaine forme de "wild side of life". Elle s’en foutait royale. Je ne l’ai jamais revue. Daniel, si. C’était l’été qui a suivi, au festival Le rock dans tous ses états d’Evreux. Vous, une interview de lui, ça vous dit ?














"Play Blessures a presque changé ma vie"

"La vie, dès que tu sors du ventre de ta mère, c’est un compte à rebours."



Bonjour Daniel. La dernière fois qu’on s’est vu c’était après le concert de Louis. A la fin de son show tu es monté sur scène pour dire que tu aimais ce mec et sa musique. Vrai ?

J’aime beaucoup le mec. Il est super, mais sa musique a beau être bien ce n’est pas le genre de truc qui change ma vie.

Les chanteurs que tu aimes vraiment, c’est qui alors ?
Oula ! Je ne dirai rien. Vous avez entendu ce que j’ai dit sur scène : j’aime Bashung, Christophe et Miossec, les autres je n’en parle pas. Bon, il y en a d’autres que j’aime bien mais ils n’ont pas changé ma vie. Tu me diras, Bashung il n’a peut-être pas changé ma vie non plus. Quoique… si, peut-être, avec Play Blessures on peut presque dire ça.

Son dernier, L’Imprudence, tu aimes ?
J’ai du mal avec. Pas parce que je trouve ça nul, au contraire je trouve ça vachement bien, mais c’est un truc lourd, au bon sens du terme, il faut du temps pour rentrer là-dedans. Et je pense que dans un an je le réécouterai plus facilement que maintenant. Pour moi c’est un truc dur, un peu comme Rock Bottom de Wyatt ou Marble Index de Nico, qui est peut-être pour moi le disque le plus dur de tous les temps. Je trouve ça sublime.

A l’inverse, ton album, Crèvecœur est sec mais plus accessible, non ?
Il y a différentes façons de voir le truc. Parce que dans Marble Index, en gros il n’y a qu’un harmonium et une voix et c’est dur, donc ça dépend. A la base de Crèvecoeur il y a moi et Frédéric Lo travaillant d’abord sur un titre pour Dani. Mais ça s’est bien passé, alors j’ai dit : "On continue" et j’ai fait le disque avec Frédéric. C’est quelqu’un de très différent de moi. Au niveau des instruments par exemple, sans être non plus un grand musicien, il est bien meilleur que moi.

Mais avais-tu besoin d’un grand musicien ?
Non, justement. Tout a été enregistré chez lui. Et le piano d’"Inutile et Hors d’Usage", il est faux, tu peux l’entendre. Il voulait qu’on le refasse faire, j’ai dit non, on s’en fout que ce soit faux. Je me foutais de ces détails. Parce que les disques que j’aime, par exemple "Femme Fatale" dans le premier Velvet, si tu écoutes vraiment la partie de basse de Lou Reed avant que la voix arrive, il se plante. Maintenant, rien que pour ça, personne ne signerait. Pour moi, les plus grands disques de Billie Holiday, c’est ses derniers, quand elle ne peut même plus chanter tellement elle n’a plus de voix, pour moi c’est le meilleur. C’est comme Chet Baker, pour moi c’est la fin, quand il chante beaucoup plus mal, quand il joue beaucoup plus mal. L’exemple parfait, c’est le dernier disque de Lester Young où lui il joue comme une merde, techniquement. Mais putain, tu sens la vie et tu sens la mort. Et c’est ça qui compte pour moi. La vie, dès que tu sors du ventre de ta mère, c’est un compte à rebours.

(Suite.)


Photo par Patrick Auffret

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 12:16
Feeling cosmique

















Récemment, chez moi, soirée sympatoche entre potes, pop sympatoche en bruit de fond : "Ça casse pas trois pattes à un canard ce qu'on écoute !" me sort l’un deux, vachard, comme d'hab. "Oui mais on est plus là pour discuter ensemble que pour scotcher sur le son, non ? Parce que si tu veux vraiment écouter un truc scotchant, dis-le, je te mets Star Like Fleas."


Voilà le genre de menace que vous permets de faire The Ken Burns Effect. Un disque qui impose le silence. A ne passer qu’en présence de fans hardcore de Rock Bottom. Pas le genre de trucs à faire se déchaîner les foules donc.
Pourtant ça démarre jovial. "Head Hoax" : cris de joie, youpi ya. L’impression d’être baptisé par une communauté hippie. Qu’on vient de jeter habillé dans le lac de leur comté ou de s’enfiler cul sec l’alcool du crew. La première gorgée déchire. Grosse disso free jazz tombée de nulle part. Mais ensuite ça se diffuse plus calmement. On s’acclimate et se laisse aller au dilatement de ce "Karma’s Hoax". Cette voix et cette musique emplies d’une désolation enchantée nous maintiennent la tête au-dessus du vide. Sentiment d’espace, de félicité. De tristesse et de joie mêlée.

C’est comme si on entrait dans un temple, qu’on découvrait une messe pantagruélique. Parfois c’est chaste, contemplatif : vous n’entendez aucune guitare, aucun piano, aucune corde, aucun cuivre mais un même chatoiement, une nébuleuse sonore abandonnée à sa propre lévitation, ses multiples bourgeonnements. Parfois ça festoie : vous avez le making-off terrestre de tout ça, les bruits des oiseaux, de l’équipage, des voix, un amoncellement mélodique jubilatoire très fanfare pop. Tout s’étire dans un feeling cosmique... incantatoire... océanique... panthéiste...

Un vague name dropping agite encore nos neurones : on pense à Sigur Ros (Valgeir Sigurdsson est à la prod), Mercury Rev (quelques membres du groupe sont de la fête), Grandaddy, Guillemots... Pour ce troisième album, le collectif new-yorkais s’est même nourrit de musiciens des Fiery Furnaces, Beirut, TV on the Radio et The National. Impossible de tous les citer, impossible de retenir le tracklisting de la chose (comme dans Talk about particular generalities, magnifique disque de Paul Stuart and the Sweet Powerpack) : on flotte perdu dans les hautes sphères jusqu’à ce que "Some Nettles" ne retire, d’un souffle, un cri, le tapis volant et le brasier stellaire.

 


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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 00:14
Rock de stade ?




Un poncif publicitaire dit : "Si tu as la voiture, tu auras la femme". En
rock ça pourrait se traduire par : "Si tu as les hymnes, tu auras les stades". Voilà, où en est Interpol. A la tête d’une lourde cargaison d’hymnes rock après trois albums, ces new-yorkais jouent dans la cour des grands de l’industrie du disque. Ce soir, 21 novembre, dans un Zénith complet, j’éprouve donc un avant-goût de plaisir coupable.




Car contrairement au pote qui m’accompagne, si je suis dans la yaourtière du parc de la Villette ce n’est pas pour les beaux yeux de Blonde Redhead. Comme la majorité, je suis là pour Interpol. Ça ne me parait ni bizarre ni scandaleux que les "vétérans" ouvrent pour les
"jeunots". J’ai toujours eu un faible pour Interpol. Leur côté gang de jeunes types romantiques et vénères me refourguant tout ce que j’ai toujours aimé : l’efficacité cathartique d’un rock guitare-basse-batterie s'appuyant sur un leader charismatique, son chant, ses mots, ses amours dans le mur. J'aime leurs hymnes anxiogènes. J’ai tous leurs disques, je les ai déjà vus deux fois sur scène (être journaliste ça aide), je les ai toujours défendu contre ceux qui n’y voyaient qu’un groupe de revival new wave, qui les comparaient aux fiotteux d’Editors ou qui les jetaient au bûcher sans plus d’explications. Mais ce soir j’ai quelque peu déchanté.

Pourtant avec Interpol je sais à quoi m’en tenir. Derrière leur noirceur de (grande) surface et la voix grave de Paul Banks, je sais qu’ils sont plus proches de U2 que de Joy Division. Leur son n'est pas si fiévreux, radical, tranchant. Our Love To Admire c'est du Joshua Tree en puissance, ni du Closer ni du Unknown Pleasure. A croire que c'est ça le problème : Interpol est un stadium band qui n’assume pas ce qu'il est devenu.

Ils n’ont jamais été des bêtes de scène. Leur truc, à leurs débuts, c'était de véhiculer une distance, une tension. Pas grande chose, mais dans cette attitude minimale il y avait comme le refus de se donner en pâture à la foule et ça le faisait. Ça portait la férocité de leurs morceaux. Ça avait quelque chose de princier. Le groupe était là, chevillé à sa musique. Contre la foule. Il faisait ses concerts à l’image de ses disques : monolithiques, avec un milieu, un début, une fin. Ce soir on a vu que cette logique n'avait plus cours : la foule voulait des tubes, des "morceaux" d’Interpol et le groupe les lui a donné comme si ça ne lui appartenait plus. Et c’est le cas. Le propre des hymnes c’est qu’ils vous échappent et vous mangent. Comme des ogres.

Ce soir, se reposant sur la mécanique pavlovienne de ses hymnes, Interpol avait l’air absent de ceux qui savent déjà comment ça va se passer, que les mêmes causes produisent les mêmes effets. "Slow Hands", "Evil" (repris en chœur dès l’intro), "Heinrich Maneuver", "Not Even Jail", tout cela déchaînait les passions. L’impression d’être à quelque chose de vaguement déshumanisant comme un concert de Bruel. En live, c'est le syndrome stadium rock qui s’abattait sur le groupe. Comme un golem. Une discrète prise d'otage les remplaçant un à un par des automates. Des businessmen. Et il le savait. On sentait qu’il le savait. Et il ne faisait rien pour faire semblant. Il ne se pliait pas à l’impératif d'acter comme le fait Editors (rockers de stade va encore, rockers chrétiens faut pas pousser). Et c’était presque insultant de voir le bassiste, scruter la foule, faire les cents pas et enquiller clope sur clope comme s’il avait mieux à faire.

Le guitariste avait beau se trémousser en front de scène comme un The Edge ayant découvert son point G, on voyait que le groupe n'y était pas. Parce que l’industrie a le pouvoir, que ses canons sont rois et que ces quatre-là jouaient le jeu, ce soir ils auraient pu être The Killers ou Coldplay, ç'aurait été idem, le même déballage d’héroïsme rock bon marché. Qu'ils livrent quelques compositions un peu plus retorses (le coup d'épée dans l'eau de l'expérimental "The Lighthouse") et un best of de leur premier album en rappel n’a rien changé à l'affaire. Le jeune à côté de moi s’est soudain esclaffé : "
C'est bon, je peux mourir". Mais moi ça m’a achevé dans l’autre sens. Ecouter après une heure et demi de débâcle "Untitled", "Stella Was A Driver" et "PDA" m’a d’autant plus fait ressentir l’ampleur du désastre. Ressentir qu'il était loin le temps de l'authenticité et de l’aventure. Comme si le groupe avait déjà sa jeunesse dans le rétro. Qu’il était vieux. Foutu.

Tout le contraire de Blonde Redhead. En première partie, Kazu Makino et les
grisonnants frères Pace ont offert une prestation propre, magique, luxuriante. Un véritable bijou ce groupe.  Un mystère. Un triangle amoureux. Ils n'ont joué que trois quarts d’heure, juste le temps de recevoir deux morceaux de Misery Is A Butterfly et sept de 23, leur dernier en date, mais tout cela s’est enchaîné avec une telle cohésion, un tel naturel, un si délicieuse sensation de crescendo… à la fin j’étais ailleurs. J’étais dans les déhanchements possédés de Kazu comme si je voyais enfin Charlotte Gainsbourg virer sexe et me scotcher comme la démone du film Ring, j'étais dans le venin des quelques mots ("I love you less, now that I know you") qui constituent le refrain de "The Dress", j'étais dans son chant de sirène, dans de chimériques chansons chevauchant toute frontière. Chaud et froid, féminin et masculin, caresse et gifle, érotisme et tristesse, désenchantement et onirisme, Apollon et Dionysos. A un moment un type dans public a fait cette remarque : "On dirait un peu la B.O. de Virgin Suicide." Il avait mille fois raison. Mais un autre à un autre moment aurait pu citer Sonic Youth, Mylène Farmer, Radiohead…

Ce groupe a une griffe si personnelle, un son qui semble jaillir d'une source tellement profonde qu'ils m'ont vraiment touché alors que je les connais mal. J'ai retrouvé la musique affriolante de 23 (le seul Blonde Redhead que je possède). Une musique aux milles voiles, enivrante comme une fragrance et comme une femme qu'on ne connaît jamais vraiment. De ce concert il me reste une image en tête : les pochettes des derniers albums de ces deux groupes. Sur eux, elles en disent plus qu’un long discours. A Interpol le figuratif, les animaux empaillés, les dinosaures du musée Grévin. A Blonde Redhead le surréalisme, la tenniswoman aux mille pattes… et autant de cordes à son arc.


Photos Robert Gil

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 09:58
Blues sangs mêlés



"certaines chansons religieuses sont vraiment puissantes"

"Je prépare un film, une tentative pour pénétrer l’esprit des femmes"





Que ce soit dans Shangri-La ou Ecclesiastes 1.11, les textes ou les chœurs sont souvent chantés par des femmes. Est-ce un plaisir particulier pour toi de les faire interpréter par des femmes ? Cela donne des climats de dualité homme-femme, des ambiances parfois proches de celles de Leonard Cohen sur I’m your man
Oui, je suis d’accord avec ça. Parce qu’on parle là de sentiments qui sont au-delà de la culture et c’est difficile de bien mêler les voix féminines et masculines sans tomber dans quelque chose de trop bateau. Mais c’est vrai que c’est un des atouts des disques de Wraygunn, c’est que nous avons
vraiment de belles voix féminines qui se marient bien entre elles. Nous n’avions pas prévu de les mettre autant en avant sur ce disque mais elles se sont imposées d’elles-mêmes parce que quoiqu’elles faisaient ça servaient les chansons. Elles ont ainsi pris une d’importance dans le groupe qu’elles n’avaient pas au départ et c’est super de vivre et d’observer cette évolution naturelle du groupe.

Cette manière de faire chanter les femmes me fait penser à Lee Hazelwood. Il est un peu l'initiateur de ce genre de choses. On se rappelle bien évidemment du célèbre "These boots are made for walking" chanté par Nancy Sinatra. On retrouve un peu de cet état d’esprit dans les chansons de Wraygunn…
J’aimerais car Lee Hazelwood était un grand songwriter !

On retrouve aussi un peu de l’état d’esprit de Gainsbourg qui était friand de cet exercice. D’ailleurs on peut facilement faire un parallèle entre "Les sucettes à l’anis" et "These boots are made for walking"…
Oui. Ces références sont extrêmement importantes pour moi. Et c’est vrai que j’essaie de faire un peu ça à ma manière. Par exemple, j’aime vraiment la chanson "Love is my new drug" parce qu’il y a là des mots que d’ordinaire une femme ne dirait pas, des mots qui sonneraient stupidement macho si c’était moi qui les chantait. A l’inverse, c’est moi qui chante "Hoola hoop woman", une chanson très cool et féminine écrite par Raquel et du coup elle sonne moins mélo que si elle l’avait elle-même chantée. C’est donc bien de jouer temps en temps avec les sentiments et les genres pour générer de l’ambiguïté et une plus grande subtilité.

"Love letters from a muthafucka" m’a fait précisément penser à Gainsbourg, lui qui chantait sur "L’amour est sans issue" sur "Je t’aime, moi non plus". C’est un peu ça le sujet de cette chanson ? "Love will tear us apart" ?

Oui, c’est une chanson sur les différentes attentes que les hommes et les femmes peuvent avoir, le fait qu’elles peuvent coïncider, que dans ce cas ça peut-être cool, mais qu’elles peuvent aussi totalement diverger et là c’est plus dur.

Le rock et la religion t’intéressent. C’est quoi le lien entre les deux ?
Pour moi c’est le fait que je suis fan de gospel et de quelques chansons religieuses que je trouve vraiment puissantes. Je pense qu’il y a autant d’énergie dans la religion que dans le paganisme ou d’autres choses plus physiques. Dans ce disque, je pense que la seule référence faite à la religion est dans la chanson "No more, my Lord", une chanson traditionnelle des années 30. En fait, Selma, la chanteuse qui a le groupe il y a trois ans chante dans une chorale gospel, donc nous sommes aussi influencé par ça. Elle est très croyante et c’est bien que nous puissions être ensemble et nous amuser. Ça montre qu’on peut être très croyant sans pour autant être coincé. Moi, tu vois, je ne crois pas en Dieu, je pense que lorsqu’on meurt on meurt et voilà…

"I won’t go to heaven and I won’t go straight to hell" chantes-tu sur "Just a gambling man"...
Oui, si l’enfer existe il y a 1% de chance que j’y aille. Donc voilà dans le groupe chacun respecte les actes et les idées de chacun, on est vraiment comme une famille et ça met une ambiance super agréable dans le van, une ambiance que je n’ai jamais eu avant.

A propos de religion, je repense au "a-wop-bop-a-loo-lop-a-lop-bam-boo" de Little Richards. Parce que dans son livre intitulé Lipstick Traces le rock-critic Greil Marcus s’est lui aussi penché sur la glossolalie de "Tutti Frutti" et il dit que celle-ci trouve ses origines des milliers d’années plus tôt dans les chants gnostiques qui on traversé le temps pour se retrouver dans les églises pentecôtistes et donc quelques années plus tard dans le rock. Que penses-tu de ce lien qu’il tisse entre rock et religion ?
Ça me parle. Je suis tenté de dire que j’approuve cette interprétation des choses mais encore une fois c’est une règle que de dire ça et pour moi il n’y a pas de règles.

En marge de Wraygunn, tu joues en solo sous le nom de The Legendary Tigerman. Pourquoi ?

C’est une question de complémentarité. Ça me permet d’explorer la musique et la scène d’une toute autre manière. J’y mets toutes les choses qui ne rentrent pas dans le cadre du groupe, ce qui incluse des photos et des courts-métrages que je diffuse derrière moi sur scène. D’ailleurs, en parlant de film, l’année prochaine je vais tourner mon premier long métrage. Là je suis en train de finir le script. Ce film parlera des femmes, comme mes courts métrages (rires) !

Tu as déjà le titre ?
Femina. Ce sera un film voyeur, une tentative masculine de pénétrer dans l’esprit des femmes pour essayer de comprendre leurs réactions, la manière dont elles font face aux choses qui leurs arrivent.

As-tu vu le dernier Tarantino ?
Oui, totalement girl power !

Je me disais : tu bricoles ton rock comme lui a bricolé le genre Grindhouse.
Oui, je vois ce que tu veux dire, ses films sont eux aussi plein de références, qu’il cite et remixe. Donc oui, en tant que musicien, je me sens proche de cette façon de faire. Eh puis c’est un très bon film !

En parlant de référence, les gens te comparent régulièrement à Nick Cave…
Oui, on m’a comparé à lui à l’époque de Ecclesiastes 1.11, de même qu’à Marc Almond, Suicide et John Spencer. J’aime ces références donc ça va, je pense juste que ce que je fais en solo est assez personnel, pareil pour Wraygunn. On a quelque chose de particulier, après je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais c’est vraiment nous. Nous écoutons sûrement les mêmes choses que Nick Cave ou John Spencer, mais notre musique sonne différemment…

Car vous n’êtes pas américains ?
Oui, c’est très important. Mais je ne dirais pas que nous sommes un groupe portugais parce que ça n’évoquerait rien de précis dans l’esprit des gens et qu’il n’y a pas de groupe portugais connu jouant le même genre de rock que nous. Je nous définie plutôt comme un groupe totalement européen par cette manière qu’on a de recycler les racines musicales américaines. Si on était américain, on jouerait d’une toute autre manière et peut-être que ce serait moins intéressant parce que quand tu es aux Etats-Unis, tu subis un peu le joug de la culture, par exemple si tu fais du rock tu dois sonner comme ci et pas comme ça, alors que lorsque tu es étranger à cette culture tu peux en faire ce que tu veux, tu peux métisser les genres. Notre style majeur reste le rock’n’roll, mais nous sommes donc influencés d’autres choses.

Ton film, Femina, sortira en France ?
Oui, d’ailleurs je sortirais tout d’abord la B.O. que je jouerai live avec les images du film derrière moi. Au final, je serai donc en tournée avec le film, ce qui est une nouvelle manière de présenter un film. Au Portugal, comme partout dans le monde, les gens ne vont plus au cinéma comme avant. Voir un film dans les années 50 c’était comme aller à un concert : une expérience formidable. Je ne veux donc pas juste présenter ce film sur grand écran comme les autres films, je veux que ce soit une expérience d’un autre genre, que le voir soit à chaque fois une expérience unique, que ce soit une expérience qui aille encore plus vers les gens.

Tu es donc très occupé avec tout ça !
Oui, j’essaie de m’occuper ! C’est la meilleure façon d’être que j’ai trouvé.


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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 11:22
Blues sangs mêlés

Le 29 novembre au Nouveau Casino il devait avoir du païen sur les planches. Il devait y avoir Wraygunn. Un groupe qui pour se faire un nom a choisi de marier l’inventeur de la fuzz, le guitariste Link Wray, au héro d’une série américaine des fifties, le détective privé Peter Gunn. Sept portugais bien portés sur les racines de la culture US, blues en tête. Un cirque gospel rock où se mélange hommes, femmes, croyants, mécréants, noirs, blancs. Un beau bordel emmené par le charismatique Paulo Furtado, alias The Legendary Tigerman en solo.

Mais le concert a été annulé à la suite d’un problème de santé du batteur. Ainsi on devra patienter début 2008 pour voir comment le timide Paulo qui nous fait face aujourd’hui peut partir en vrille en live au point de finir "torse nu sous le bar, léchant les bottes de la barmaid", comme le rapporte Télérama. En attendant, c’est Parlhot qui tente ici même et sans une once d’alcool de délier tant que possible la langue du rocker portugais. Au menu : Shangri-La, deuxième album du groupe, un beau prétexte pour parler d’amour, de rock, de religion, de Nick Cave, de Suicide, de John Spencer, des Trashmen, de Lee Hazelwood, de Leonard Cohen, de Gainsbourg et de Tarantino. Go !




"Il y a autant de conception du paradis qu’il y a d’hommes sur terre"

"Faire du rock’n’roll c’est n’obéir à aucune règle"






Bonjour Paulo, je peux te tutoyer ?

Oui, on peut se dire "tu" bien sûr !

Peut-on dire de Shangri-La qu’il est un album sur l’amour ?
En un sens, oui, mais c’est toujours le cas chez Wraygunn. Parce qu’on parle toujours de la vie, même quand on parle des petites choses qui nous arrivent en tant qu’individu. Pour cet album, on s’est vraiment retrouvé en tant que groupe en nous retranchant pendant dix jours on dans une maison située dans les montagnes du Portugal. C’est là qu’on a composé la plupart des chansons de l’album. Certaines sont venues avant, d’autres après, mais le son de l’album et la façon dont il se déroule vient pour beaucoup de ces dix jours passés à l’écart du monde et de nos vies privées. Et c’est une des raisons pour lesquelles on a appelé cet album Shangri-La.

C’est quoi Shangri-La ?
Chacun l’interprète comme il veut. Pour moi ça désigne la quête d’un paradis perdu. On voudrait trouver cet endroit parfait mais malheureusement ce genre de quête est condamné à n’être qu’une perte de temps parce qu’en fait chacun de nous porte son paradis en lui. Il y a autant de conception du paradis qu’il y a d’hommes sur terre. On s’est isolé dans les montagnes pour essayer d’appliquer cette mentalité à l’échelle du groupe.

Shangri-La a-t-il été crée en réaction à Ecclesiastes 1.11, votre précédent album où vous aviez collaboré avec une chorale, un claviériste, où vous apparaissiez comme une sorte de collectif, où la musique était plus gospel ?
En un sens, oui. Car sur ce nouvel album il n’y a pas de collaborateurs extérieurs. Chacun a même joué de plusieurs instruments, le batteur des claviers sur certaines chansons, le claviériste de la guitare sur d’autres chansons. Ce disque a beau ne pas sonner old school, il a été fait de manière old school. Tout ou presque a été enregistré live en studio donc ce disque est plus simple et direct que le précédent album, qui était plus complexe, avec plus d’arrangements.

Qu’en est-il des textes ?
On aime que les mots disent quelque chose même s’ils expriment seulement une sensation comme c’est le cas dans "Hoola-hoop woman", qui est une chanson sur une fille croisée dans la rue. Quelque chose de bref. Dix secondes à peine. On écrit donc de manière très spontanée, naturelle.

La plupart des textes de ce disque parlent de sexe, non ?
Non. Je ne pense pas. "Ain’t it nice" ne parle pas de sexe…

Mais de sensations fortes.…
Oui. Et "Love is my new drug" ne parle pas de sexe mais d’amour. "She’s a go go dancer" parle de sexe. "Love letters from a muthafucka" parle de rapports hommes-femmes. "Everything’s gonna be ok" ne parle pas de sexe… Donc non, tous les textes ne parlent pas de sexe, mais de toutes ces choses simples qui arrivent dans ta vie et le sexe en fait parti. Ce disque aurait d’ailleurs du plus parler de sexe. Il y avait plus de sexe dans notre précédent disque !

Alors qu'il s’intitule Ecclesiastes 1.11 et que sur la pochette tu as l’air…
D’un prêtre, oui.

Voire d’un Antéchrist. On ne sait pas trop. Sur cette photo j'ai l'impression que tu es en train de basculer du côté obscur de la force…
Il y a de ça. Je suis photographié dans un environnement habité par plein d’énergie et j’aime l’ambiguïté qui se dégage de la manière dont je suis représenté. Parce que personne n’est ni tout noir ni tout blanc, au contraire, nous nous situons tous plutôt dans les teintes de gris.


Tes textes parlent le plus souvent de feelings primaires. Penses-tu que pour faire du rock’n’roll il faille parler de thèmes basiques et bannir ceux qui sont plus cérébraux ?

Non, je ne pense pas. Ma règle c’est qu’il n’y a pas de règle. J’aime beaucoup de chansons qui sont cérébrales et d’autres qui le sont moins, où il y a à peine une phrase. Ma chanson préférée est une chanson des Trashmen, celle où ils chantent "papa oom mow mow", ça sonne, ça me touche, c’est parfait.

Comme le "a-wop-bop-a-loo-lop-a-lop-bam-boo" de Little Richards sur "Tutti Frutti" ! Ca me rappelle ce que le rock-critic Nik Cohn a écrit à ce sujet. Il a dit que ces onomatopées de Little Richards incarnaient le geste libérateur du rock qui consiste à désarticuler la langue et qu’il ne s’agirait plus de rock’n’roll si quelqu’un se mettait à raconter des histoires plus subtiles que "je te veux" ou "laisse-moi tranquille" car "le rock’n’roll n’a rien à dire, à part du bruit divin à faire". Qu’en penses-tu ?
Je ne suis pas d’accord. Faire du rock’n’roll c’est n’obéir à aucune règle quelqu’elle soit. C’est pourquoi la musique de Nick Cave c’est encore du rock’n’roll alors qu’il traite parfois sur de thèmes très sophistiqués. Aujourd’hui le néo-punk rock est très simple, ça ne parle de rien de bien intéressant, je ne me sens pas affilier à ce rock-là, mais il est sans doute tout aussi légitime que le mien. Pour moi il n’y a donc pas de règles en matière de rock, si ce n’est que tes chansons doivent te toucher et toucher les gens. S’il n’y a pas cette alchimie alors ce n’est pas du rock’n’roll parce que le rock’n’roll c’est une question de feeling. Le rock doit sonner live. L’esprit du rock’n’roll c’est avant tout le live, un moment très physique où tu te dois d’être vraiment dans le show, il faut que tu sentes, que tu vois, que tu touches pour créer une vraie interaction avec le public. Pour moi et Wraygunn, c’est la chose la plus importante et, encore une fois, il n’y a ni règle ni recette pour faire rentrer le public dans le show. Je prête donc peu attention au fait qu’on me dise que je fais du rock’n’roll, du rock’n’soul ou du soul’n’roll.


(Suite et fin.)

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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 21:28
Supers héros pop






"Willem et Mika, c’est ça le glamour ?"

"Ce que je veux c’est des filles avec de la cellulite"






Comment en êtes vous venu à signer avec Exclaim après toutes ces années de flou ?
Jessie : Le personnage qui fait qu’on est ici c’est Marc Zermati, le mec qui a ramené les New York Dolls et les Sex Pistols à Paris. Les Clash ont même fait un concert pour lui quand il était en taule.

Comment êtes vous entré en contact avec lui ?
Jessie : Grâce à notre producteur Philippe Lebras…

Qui l’a donc long… le bras…
Jessie : Bravo. Encore bravo (rires) ! Et voilà Philippe est super pote avec Zermati et Zermati, si l’on peut dire, nous a tout de suite baptisé. Après, c’est vrai qu’on a eu un parcours un peu compliqué avec les maisons de disques. Il y a eu des refus de notre part et des mecs qui se sont dégonflés parce que d’un coup ils trouvaient que Fancy était trop ambitieux pour eux, ils flippaient de se faire virer de leur maison de disques si on ne vendait pas, etc. Et finalement Exclaim est arrivé dans l’histoire fin 2006 par le biais de Zermati, ils ont vu, ils ont dit : "Banco !". Et ce qui est génial avec Exclaim c’est que toute l’équipe est unanime et ça, ça vaut toutes les majors du monde !

Vous souhaitez être mainstream : ça va être marrant de voir comment votre côté androgyne va passer à l’heure où l’androgynie c’est Mika et Christophe Willem.
Jessie : Oui, quels concurrents ! Quelle bataille ça va être ! Ça c’est hyper glamour Mika et Christophe Willem ! Il est temps que Fancy arrive et remettre un peu d’ordre ! On est là pour rétablir l’ordre.

Ordre… Justice... C’est quoi ce trip, les mecs ?
Jessie : On est dans l’ère Sarkozy, merde !
Rae : On va faire marcher les gens au pas, comme ça. Tout le monde derrière nous.

Comme des zombies…
Jess : En fait ce qui fait qu’on n’est sûr de nous, c’est qu’il n’y a personne en face de nous, vraiment. Quand tu me parles de Willem et Mika, c’est révélateur de ça. C’est ça le glamour aujourd’hui ? Non, merci.

Tous les médias sont fans de vous et vous sautent dessus pour vendre du papier. Etre à ce point demandé ça ne va pas être facile à gérer…
Rae : Pour l’instant ça va. Comment va-t-on le gérer avec le succès, ça c’est à suivre.
Jessie : Ou avec pas de succès (rires) !
Rae : Oui, ce sera encore plus dur ça ! Mais on ne veut pas de la demi mesure, ça ne sert à rien.
Jessie : Moi j’aime bien les médias. De la promo, j’en ferai volontiers tous les jours.
Rae : Moi il y a peut-être des émissions de télé où je n’aimerais pas figurer
Jessie : C’est sûr que Cauet TV… En même temps, si on est invité à ce genre d’émission ça veut dire qu’on est grand public et c’est notre but…
Rae : Oui, mais on veut le statut d’un Michael Jackson qui pourra refuser ce genre d’émission.
Jessie : Mais je pense que ce n’est pas impossible de faire l’unanimité, même auprès des gens comme Cauet ou Sarkozy !

Comme ça le 14 juillet prochain vous pourrez chanter au concert de la Fraternité du Champ de Mars comme Polnareff !
Jessie : Oui, complètement. Et célébrer la relève de l’androgyne ! Moi c’est ce que je veux, c’est moi la prostitué du groupe, je suis prêt à aller jusqu’au bout s’il le faut.
Rae : Plus que plaire à tout le monde, je pense que ce qu’on veut c’est ne pas laisser indifférent, qu’on nous connaisse. Après, qu’on nous aime ou qu’on ne nous aime pas, tant pis. L’important c’est qu’on parle de nous.
Jessie : Surtout les filles avec de la cellulite.

Ah ?
Jess : C’est notre grand combat ça.
Rae : Les filles, arrêtez les régimes minceurs, surtout avant l’été, c’est insupportable ! Mais quelque part c’est bien parce qu’avec tous ces régimes, à la rentrée les filles se mettent à doubler de volume.
Jess : Ça c’est notre seule point de militance : on est vraiment amateurs de filles rondes.

D’où la pochette du single "Seventeen" et son côté très Crumb. Pour Fancy, il faut que les nanas aient de la croupe et du nibard ?
Jessie : Complètement. Moi ce que je veux c’est des filles avec de la cellulite.
Rae : Des filles qui ont des formes, de la féminité.
Jessie : Même les filles minces je les préfère avec de la cellulite. Je les trouve merveilleuses avec de la cellulite !
Rae : Elles veulent toutes avoir des corps de jeunes filles de 15 ans alors qu’elles en ont 25…

Et qu’on fantasme tous depuis gamin sur des femmes de 40 balais !
Jessie : Mais grave, oui ! Toujours !
Rae : Le problème c’est qu’en vieillissant les mecs fantasment sur des petites gamines. Et finalement ceux qui dirigent le pays sont de vieux pédophiles (rires) !
Jessie : Ce qu’on veut dire avec cette pochette, c’est qu’il existe aussi la girl next door, la ménagère à côté de chez toi qui ouvre la porte et qui est over-bandante !

En un mot, et pour finir, vive l’amateur !
Rae et Jess : Ouais, vive l’amateur !!!


Photos Robert Gil


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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 11:14
Supers héros pop





"On veut vous faire le divertissement à mort"


"Rêver jusqu’à 65 ans comme les Stones !"






Votre album s’intitule KingS of the WorldS...

Rae: Oui, on a mis des "S" partout !
Jessie : On veut tout prendre !
Rae : On ne sait pas si c’est correct mais on s’en fout !
Jessie : On n’en a rien à foutre, on est de Montreuil !
Rae : On n’est pas français !
Jessie : On n’est pas anglais non plus
Rae : Mais c’est vrai que sur cette pochette on a un petit côté "iconic", comme disent les anglais, et c’est quelque chose qu’on retrouve dans l’imagerie des super héros et des supers héroïnes. Les super héroïnes c’est mieux que les super héros d’ailleurs, parce qu’il y a le côté féminin…
Jessie : Parce qu’il y a le côté drogue !

Un côté girl power aussi, comme dans Boulevard de la mort de Tarantino ?
Jessie et Rae (faisant semblant) : Ah oui, oui, oui, on l’a vu ! Houellebecq aussi, on a lu !

Ok, j’ai compris, j’arrête les références culturellement correctes !
Rae : Mais tu peux continuer sur Drôles de dame et Cat’s Eyes, ça on connaît !

Je peux vous dire qu’avec les mort(e)s vivant(e)s qu’elle affiche, la pochette de votre disque semble directement citer des films de série B…
Jessie : Complètement. Romero. Argento. Pucci. A mort.

Pour vous, aujourd’hui, le rock a quelque chose à voir avec la série B ?
Rae : Il y a de ça. On ne le prend pas au sérieux mais en même temps on le considère. Ce qui m’énerve un peu c’est tous ces cinéphiles et ces critiques de cinéma qui avant descendaient les séries B et qui, depuis Tarantino, redécouvrent et trouvent géniaux les films de Romero, de Bruce Lee et la Blaxploitation. Nous avec cette pochette de disque on veut montrer que la série B est aussi une référence même si elle peut passer pour de la sous-culture. La série B a pondu des perles et le rock pareil. Effectivement, il y a Mozart en musique, tout le courant romantique de la fin du 19e siècle, mais il y a aussi le rock’n’roll, qui est plus léger mais qui est quelque chose d’important. Le rock, culturellement, c’est très fort, ça a une grosse identité.
Jessie : En plus, même s'il y a ce côté série B dans le rock, aujourd’hui je trouve qu’il y a surtout une approche super intello critique du rock, notamment avec toute cette vague qu’a pu générer le Velvet. A tel point qu’on a l’impression que le rockers sont aujourd’hui des Wagner ou des Mozart. Et ça, c’est pareil que la scène branchouille de New York, ça m’inspire du respect mais ça me fait chier. C’est comme dans le glam avec Bowie. C’était génial, il a trouvé de supers concepts et fait de super chansons, mais quand tu vois le concert de 73 de Ziggy Stardust, c’est chiant, il n’y a pas une goutte de sueur. Pour nous ce qui prime c’est de faire des trucs directs et efficaces. On veut faire le divertissement à mort, rallumer le flambeau des sixties, seventies, eighties où les concerts avaient une vraie classe. Avec Fancy on veut que tu ailles de Queen à Kiss en passant par les Stones et que tu ressortes en te disant : "Wouah, ils sont inaccessibles, jamais de ma vie je  pourrais être comme eux !"

On vous l’a déjà dit ?
Jessie : Oui, un million de fois !
Rae : Surtout pour ses cheveux. Certains voudraient trop avoir ses cheveux !

Jessie, je vois que tu as un T-shirt Metallica...
Jessie
(ayant relèvé le T-shirt en question et dévoilé en dessous un T-shirt Iron Maiden) : C’est l’original, un double face de la tournée 83 "Piece of Mind Tour" !

Le hard semble revenir en force chez les trentenaire. Les Justice n’arrête pas de dire qu’ils viennent de là aussi…
Jessie : C’est des petits cons Justice… la dernière fois je leur ai mis une tarte dans la tête ! Je les ai dépouillés (rires) !

Jessie, j’ai appris que tu avais co-composé "D.A.N.C.E", le single de Justice. Comment ça s’est passé ?
Jessie : En fait, j’ai couché avec leurs meufs et au début ils l’ont mal pris mais comme j’avais fait découvrir des choses incroyables à leurs nanas et qu’ils en ont profité en recouchant ensuite avec elles, ils m’ont finalement remercié et demandé si je voulais bosser sur leur disque. Je leur ai dit que je n’avais pas trop le temps, que je verrai. Et un jour je suis passé les voir cinq minutes, j’ai fait : "Ok, arrêtez tout les gars !" et j’ai trouvé la mélodie (rires) ! Non, en fait, ce qui s’est passé c’est que Surface to Air, qui a réalisé le clip de "We are your friend", nous a parlé d’eux pour la tout première fois alors qu’ils étaient en train de réaliser un clip pour nous. Et ils nous ont dit que Justice nous adorait. Je crois qu’entre temps Pedro Winter (manager de Justice, Nda) a fait le lien et un jour Xavier Augé (moitié de Justice, Nda) est venu me voir alors que je jouais en Angleterre avec Rinôçérôse. Il s’est présenté, je lui ai dit que j’avais entendu parler de son groupe, il m’a dit qu’il était fan de Fancy, je lui ai passé "Xiomara", un morceau de notre album, il m’a dit ensuite qu’il adorait, qu’il le passait en soirée, donc voilà on a gardé contact. Et un jour ils m’appellent, ils me font : "Yo, Jess ! Tu ne voudrais pas nous filer un coup de main sur un morceau ?" Voilà.

Jess, tu as bossé avec Rinôçérôse et Justice. Tu te sens proche de cette scène électro ?
Jessie : Evidemment. En fait, ce qui s’est passé avec Rinôçérôse c’est qu’ils m’ont invité sur leur album et comme ça s’est bien passé ils m’ont invité à les accompagner en tournée. Tout ça n’est donc pas très volontaire de ma part. Pareil avec Justice, même si on est un plus potes. Je n’ai donc pas une réelle volonté de travailler avec des gens purement électro. Mais l’électro nous a effectivement influencé, via des groupes plus vieux, style Kraftwerk et Human League. On est moins à la page sur les groupes électro d’aujourd’hui, mais on n’a rien contre. On pourrait même faire des incursions de ce genre prochainement. De toute façon il y a un côté électro dans notre manière de travailler en studio parce qu’on bosse beaucoup les batteries avec la Linn Drum qui est une boite à rythme qu’utilise Prince et de nombreuses formations électro.

A quand,
comme Rinôçérôse, une chanson de Fancy illustrant une pub iPod ?
Jessie : On fera cent fois mieux que ça ! On n’aura même pas besoin de faire de pub, nos disques se vendront par milliers ! Notre but c’est quand même d’arriver au niveau de Jackson, des Beatles, des Stones et de Prestley ! Réellement. On est des gros kids. On rêve encore. On est dans un univers de rêve total et on veut y rester. On ne veut pas décrocher. Car c’est ça qui permet de garder la fraîcheur, c’est ça qui nous permet de donner des compos qui sont, à notre avis, de qualité. Tout à l’heure on parlait de songwriting et bien nous on a l’impression de fournir du songwriting.
Rae : C’est ce qui nous permet d’avoir cette attitude qu’on a sur scène et qui peut paraître ultra prétentieuse pour certains. Mais nous on s’en fout, on est là et on se prend pour les rois du monde et c’est fun et en même temps c’est sérieux.
Jess : On veut rêver jusqu’à 65 ans comme les Stones ! Quand on a joué à l’île de Wight, on les a vu sur scène et c’était génial. C’est ça qu’on veut faire.

Ce n’est pas trop dur de passer de l’île de Wight à Montreuil sous Bois ?
Jessie (rires) : Les Stones aussi habitaient dans une banlieues à leurs débuts ! Rae et moi habitons à Mairie de Montreuil mais on ne veut pas y rester. Moi je vais déjà m’acheter une villa à Los Angeles avec l’argent de "D.A.N.C.E" ! Argent que j’attends toujours ! Et avec l’argent de Fancy j’achèterai des villas ailleurs, à Stockholm, à Tokyo…

(Suite et fin.)


Photos Robert Gil


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