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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 13:23
Kids will rock you !



"on n’aime pas l’atmosphère de concours qui règne sur le net"


"o
n essaie de proposer de nouvelles cases"





Depuis l’arrivée de Myspace, le net est devenu un endroit clé pour dénicher des nouveaux talents permanent. Tout le monde essaie de tirer son épingle du jeu. Ça vous plait cette ambiance ?
Non, nous on est très content parce qu’on se sent à la fois porté par des gens qui nous suivent et par un label qui fait très bien son travail, mais on n’aime pas du tout l’atmosphère de concours permanent qui règne sur le net, on essaye d’en rester le plus éloigné possible. Si quelqu’un faisait la même musique que nous en mieux et bien on arrêterait de faire ce qu’on fait.

Blogs et webzines ont tellement faim de nouveautés et surtout de leur propre crédibilité qu’ils célèbrent tous les jours de nouveaux artistes émergeants. Qu’en penses-tu ?
Que c’est aussi dû à l’industrie du disque. En ce moment les choses marchent moins bien pour elles et du coup plein de petits talents sortent un peu partout parce que les gens arrivent à mettre de la musique sur Myspace. Et ce phénomène est aussi dû à des groupes comme Les Moldy Peaches parce qu’ils ont permis aux gens de se refaire les oreilles à des choses parfois plus brutes, moins produites.

Votre label, Kitchen, vous a découvert via Myspace ?
Oui, après ils nous ont suivi, ils venaient nous voir en concert et quand on leur a envoyé notre album on leur a tout de suite dit qu’on voulait s’affirmer non pas comme une association de 7 artistes mais comme un groupe, un tout. On ne veut pas qu’un label nous demande plus de chansons d’untel ou d’untel. Même dans le groupe on ne veut pas de cette compétition. Chacun amène des compos et on les arrange selon les besoins de l’album.

On ne sait pas trop qui fait quoi dans Coming Soon, les rôles ne semblent pas figés guitare-basse-batterie comme un groupe de rock classique.
On signe toutes nos chansons en tant que Coming Soon, on les déclare comme telles à la Sacem, en tant que groupe, et sur les crédits de l’album on a fait exprès de ne pas préciser qui chantait pour bien apparaître comme un ensemble à 7 têtes. Même si après au concert les gens identifient qui fait quoi et ont leurs préférés.

Certains de vos morceaux rappellent vraiment Nick Cave et Leonard Cohen, ils sont mâtures, profond, ténébreux. Vous êtes jeunes, d'où vient ce blues ?
Moi je suis plus vieux, et le fait d'avoir quelqu'un de 15 ans dans le groupe ça me fait me sentir plus vieux encore, ça me donne du recul. Et puis Nick Cave c'est vrai que c'est une idole vivante, une personne pour qui on a une admiration sans borne. Je pense qu'il n'y en a pas vraiment d'autres qui tiennent à ce point-là le cap de leur carrière, à part peut-être Tom Waits. Et puis oui c'est le blues qui réuni tout ça. On a des influences mais on ne fait pas de copies et parfois on se retrouve bizarrement à aimer les mêmes choses que pouvaient aimer les Bads Seeds ou le Piano Club au début. C'est pour ça qu'on parle de "new grids", parce que le folk-rock est une musique au croisement de plein de choses et on a un peu mis les deux pieds dedans sans gène, sans peur.

Ça veut dire quoi "new grids" ?
Territoires, réseaux. C’est aussi les cases vides dans les mots croisés. Les personnages des séries américaines essaient toujours d’être "off the grid". Jack Bauer est un bon exemple, il essaie toujours de sortir des réseaux et il n’y arrive jamais. Nous on ne va pas dire qu’on propose de nouveaux territoires, ce serait très prétentieux, mais on essaie de proposer de nouvelles cases.

Peut-on dire que le folk est une musique qui vous correspond d’autant plus que vous vivez en Savoie et non à Paris ou dans une grande ville et que voilà le folk c'est une musique de territoire un peu paumé, laissés-pour-compte ?
Tout à fait, oui. Il y a un goût du voyage dans le fait de se sentir un peu à côté des choses qui se passent, ça donne un regard un peu privilégié, même si aujourd’hui beaucoup d’entre nous ne sont plus en Savoie. Trois sont à Lyon pour leurs études et moi j’habite Paris depuis 6 ans. Seuls les deux plus jeunes sont restés à Annecy.

Pour un groupe de rock c’est dur d’émerger quand on vient de Savoie ?
Sûrement, mais nous on a eu de la chance. Ça fait un peu plus d’un an qu’on mène notre barque, mais c’est vrai que bizarrement c’est allé quand même assez vite parce qu’avant même d’avoir sorti quoique ce soit on avait déjà rencontré la scène anti-folk, on avait joué à New York, à Berlin, donc ça nous a permis d’avoir un peu de recul, de ne pas nous considérer comme un groupe local et d’envoyer sans complexe notre musique un peu partout. On n’a jamais trop souffert d’une séparation Paris-Province ou France-International. Pour nous tout ça a toujours été un peu mélangé.

Comment vous êtes-vous démerdé pour jouer à Berlin et New York ?
Des amis nous ont organisé des shows dans des petites scènes. A New York, grâce à la bande Schwervon, Jeffrey Lewis, Kimya Dawson, à Berlin grâce à notre ami Stanley Brinks (ex-André Herman Düne) et sa copine Clémence Freschard. Et nous on leur renvoie l’ascenseur dès qu’ils viennent à Annecy ou à Lyon.

Actuellement chacun d'entre vous est à bloc dans Coming Soon ?
En ce moment il y a cette petite parenthèse avec le film Juno qui fait beaucoup parler d'Antsy Pants et de Léo, lui vit ça très bien, il est très heureux, mais c'est vrai qu'on est tous sur Coming Soon et qu'on a très envie de jouer. Les plans de concerts commencent à arriver et on espère que ça va continuer. Jouer c'est ça notre priorité pour l'année qui vient.

Vous avez d'autres tafs en dehors de la musique si ça ne marche pas ?
Moi j'essaie de faire des films, d'autres font des études à Science Po, en Lettres, Alex et Léo font du cinéma d'animation… En ce moment tout ça passe après le groupe, à part les études de Léo qui est en 3e et Alex en 1er. L'agenda du groupe se fait un peu en fonction d’eux, ce qui n’est pas mal parce que ça laisse du temps pour faire des choses annexes et prendre un vrai plaisir à se retrouver plutôt que tout lâcher, se retrouver à 7 dans une pièce et devenir fou.

Un peu stressé de devoir être à la hauteur du buzz ?
Oui et non. L’avantage d'avoir des mineurs dans le groupe c’est que ça génère une part d’inconscience, on ne se prend pas trop au sérieux et du coup on ne se rend pas bien compte de certains enjeux. S'il y a un buzz c'est génial mais de là où on est on a l'impression que ça reste à chaque fois un combat d'affirmer notre d'univers et de chanter nos chansons.

Dernière chose : pourquoi cette chanson intitulée "Jack Nicholson Style" ?
Parce que j’adore ce film d'Antonioni qui s'appelle Profession : reporter. On voit Nicholson qui se promène en voiture, passe ses mains en l'air et voit passer le vent. Et puis il se balade dans Barcelone avec une très jolie femme. Donc voilà c'était pour rendre un peu hommage à ce film et à tous ces acteurs charismatiques qui sont en train de disparaître.


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

lyle 27/02/2008 21:58

Une bonne interview, mais encore de la hype pour pas grand chose à mon avis...

Sylvain Fesson 28/02/2008 02:15

Tout hype est suspicieuse par définition, comme une bulle spécualtive un peu bidon, mais ça n'enlève rien au mérite du groupe en question, il faut juste considérer le groupe et faire fi de la hype... en gros faire la part des choses entre rock-critic et hype-critic... know what i mean ?