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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 18:20
Cowboy après tout

Pas de proverbiale traversée du désert pour les ex-Little Rabbits. Depuis la fin du groupe il y a deux ans, ils n’ont pas chômé. En 2006, Eric, Gaétan et Stéphane formaient la Secte Machine pour accompagner Katerine dans ses délires scéniques en sous-pull rose tandis que Federico embarquait Helena Noguerra dans Bang !, un album de folk où elle était Dillinger Girl, où il était Baby Face Nelson. En 2007 Baby Face Nelson est de retour pour un autre album folk nettement plus psyché cette fois. Normal, sur Baby Face Was A French Cowboy, il est rejoint par Eric, Gaétan et Stéphane. De nouveau ensemble, les quatre membres fondateurs des "Rabbits" sont aujourd’hui French Cowboy. Federico Pellegrini et Eric Pifeteau nous disent tout de cette nouvelle aventure.



"On se balade en bande et on fonce tout droit"

"Etre French Cowboy, c’est faire le pont entre les deux cultures"


Bonjour Federico, bonjour Eric. Pour commencer, parlons un peu de votre label, Havalina Records. Apparemment c’est tout nouveau cette histoire parce qu'en me documentant sur le net je suis tombé sur une interview réalisée fin décembre où vous dites que vous ne vous sentez pas du tout de monter votre propre structure.
Federico : En fait, à l’époque, ce n’était pas encore formulé dans nos têtes et on avait peur de le faire. Peur de ne pas avoir les épaules assez solides. Il y a eu toute une période, avant que Laurent se mette dans le coup, où on n’était pas assez sûr de nous. En même temps, parallèlement, on était dans la recherche d’un label qui soit à notre mesure.
Eric : On est allé frapper aux portes des maisons de disques qu’on connaissait, genre Barclay, mais elles n’étaient peut-être pas à notre mesure…
Federico : Oui et puis avec elles on pouvait déjà se projeter, on savait ce qui allait se passer, et ça n'allait être pas être très palpitant…

Ça n’allait pas être une aventure.
Federico : Non, pas vraiment. Je me souviens qu'Eric avait demandé à Cyril du label T-Rec si ça l’intéresserait de nous signer et il avait dit oui, pas de problème. Mais il nous avait aussi conseillé de faire ça par nous-même. Pour lui qui avait monté son propre label c’était quelque chose de possible qu’on monte notre propre label. Cette idée a donc germé petit à petit conquis et sa concrétisation a été très vite dès lors qu'on a rencontré Anne et Laurent. Parce qu'au départ plein mal d'amis nous proposaient de nous soutenir financièrement mais pas de s’impliquer autrement. Or Anne et Laurent nous ont vachement aidé parce qu'ils avaient déjà travaillé dans des labels et qu'ils pouvaient donc faire tout le travail qu'on se sent incapable de faire. Parce que nous, on peut être utile, mais moi tenir une structure je m'en sens incapable. Donc voilà c’est toutes ces choses mises bout à bout qui font que tout à coup monter son label devient possible et qu’en quatre mois de temps on peut dire tout et son contraire (rires) !

En tout cas, à ce moment-là de votre histoire, pour ne pas dire carrière, il est normal que vous ayez envie de prendre votre indépendance, de bosser en famille, d'être vos propres patrons, ce qui implique de monter son propre label.
Federico : Oui, ça vient naturellement parce qu’avec le temps on a amalgamé pas mal d'expériences et on a envie de se frotter à autre chose. Et le truc capital c'est de ne plus avoir à se dire : "Merde, pourquoi on ne fait pas ça ?" A partir du moment où on est nous-même les décideurs, on sait pourquoi on fait telle chose ou pas et ça change tout.
Eric : Et puis on quand même assez autonome. A part le mix, on a enregistré ce disque par nos propres moyens, dans notre petit studio à Nantes.
Federico : Et puis un peu dans mon salon ! J'ai pu enregistrer pas mal de parties musicales seul chez moi. On est autonome. On a les logiciels. On se débrouille. On sait faire.
Eric : On a eu le temps d'apprendre en regardant bosser notre producteur, Jim Waters. Ça fait longtemps qu'on travaille avec lui et c’est quelqu’un qui n’hésite pas à prendre dix minutes pour t’expliquer comment il a fait tel ou tel truc. On a appris à se servir du matos de la même manière qu’on a appris de notre expérience avec les maisons de disques.

Que signifie Havalina, le nom de votre label ?
Federico : C’est le nom d'un cochon sauvage qui vit au Mexique et dans le sud des Etats-Unis (rires) ! En français on appelle ça un pécari. On a pris ce nom parce qu'il faut bien trouver quelque chose et puis à Tucson on en a côtoyé quelques-uns de ces cochons et je trouve qu'ils nous ressemblent.
Eric : C’est des sangliers nains qui se baladent en bande et qui vont toujours tout droit. Et nous on bande, tout droit !

Comment est né le projet French Cowboy ?
Federico : Au départ ça part du split des Little Rabbits, que je décide moi. Parce qu'il faut que quelqu’un prenne la décision. Ça a été douloureux pour tout le monde mais il fallait que ça s’arrête. Ensuite les projets sont venus assez rapidement, sans volonté précise. Ce que je veux dire c’est que je n’ai pas arrêté les Rabbits pour dire derrière : "Je veux qu’on soit quatre Rabbits dans un nouveau projet." Je n’ai pas monté ce projet contre les deux Rabbits qui n’ont pas rejoint French Cowboy. Penser ça, ce serait être totalement à côté de la plaque. Les choses se sont fait naturellement, par synergies, par accidents. Moi j’ai passé le mois et demi qui a suivi le split à écrire des tonnes de chansons guitare-voix sans exactement vraiment savoir où j’allais. Il s’est avéré que c’était des chansons assez squelettiques qui ne demandaient pas les arrangements de six Rabbits. Parce que je voulais quand même quelque chose de neuf, en rupture. Après, comme on est un peu inséparable et qu’on sait surtout faire de la musique entre nous, voilà on s’est de nouveau retrouver entre ex-Rabbits.

A quel moment survient le délire cow-boy de cette affaire ?
Federico : Au départ le nom c’est Jim Waters qui le trouve. C’est toujours lui qui trouve les noms de toute façon (rires) ! Et le cow-boy ça allait bien parce que nos chansons étaient quasiment toutes en anglais et d’inspiration plus ou moins américaines. Donc ce n’est pas vraiment un délire, ça s’est imposé de soi-même. Mais comme on a plutôt tendance à s’amuser autour des choses, c’est juste qu’on a ensuite choisi de développer cet univers, du genre : on a le nom, les chansons, il ne reste plus qu’à avoir les costumes.

Pourquoi as-tu choisi le pseudo Baby Face Nelson ? Qui n’était pas un cow-boy d’ailleurs mais un gangster. Tu connaissais son histoire ?
Federico : Non, du tout. J’avais vaguement entendu parler de l’histoire de John Dillinger, gangster qui s’est fait choper une première fois dans l’hôtel de Tucson où on habite parfois quand on va enregistrer là-bas. Les toilettes sont tapissées de photos de lui et de sa clique. Et comme on était un duo avec Helena et qu’on cherchait un nom de duo qui ne soit pas Bonnie and Clyde, voilà on a trouvé celui-là : Dillinger Girl et Baby Face Nelson. Ce n’était pas prévu à l’avance. Mais c’est pareil que pour French Cowboy : tu te mets à trouver le nom, la musique et après tu t’amuses à créer quelque chose autour de ça, tu inventes une espèce de pseudo concept, un truc rigolo.

Au départ votre idée était de coupler l’album avec Dillinger Girl et l’album French Cowboys dans un double album. Aujourd’hui, possédant votre label, cela serait possible…
Federico : Oui, bien sûr. Inventer son monde c’est ça aussi : aller au bout de ses idées. Ce n’est pas se retrouver devant des murs d’incompréhension sur un truc. Et c’est ne pas craindre que les projets se bouffent parce qu’ils sont dans le même râtelier. Mais à la base c’était déjà le cas parce qu’Universal Jazz (chez qui est sorti Bang ! – Nda) et Barclay (chez qui devait sortir Baby Face Nelson Was a French Cowboy – Nda) c’était le même grand chapeau (Universal Music – Nda). Mais bon tant pis si ça ne s’est pas fait en même temps. C’est regrettable parce que je trouvais l’idée marrante mais on ne pouvait pas obliger les maisons de disques à faire autrement. Elles n’ont justement pas cette fantaisie. Et puis voilà, avoir sorti ces disques séparément a finalement fait que le disque de French Cowboy n’est pas celui qui devait être le pendant du disque avec Dillinger Girl. C’est-à-dire qu’il a aussi bougé. On a enlevé des morceaux qu’ils avaient en commu. A l’époque on voulait sortir les deux albums de front c’était parce qu’ils avaient 70% de chansons en commun donc c’était marrant d’en proposer deux versions. Après il s’est écoulé deux ans depuis donc French Cowboy a des chansons plus récentes et du coup il s’est affranchi des similitudes initiales entre ces deux CD. Ils n’ont plus que quatre chansons en commun.

C’est quoi pour vous être un cow-boy à la française ?
Federico : C’est avoir un héritage folk sans renier le fait qu’on invente les choses en tant que français, qu’on n’est pas des vrais baroudeurs américains. Ce nom est donc par hasard bien trouvé parce qu’il parle bien de la musique qu’on fait, quelque chose qui fait le pont entre les deux cultures. On a beau avoir écouté de la musique anglo-saxonne, on est né en France et ça change tout.
Eric : Quand tu es anglo-saxon, il suffit que tes parents écoutent la radio et dès ton plus jeune âge tu es baigné dans le folk. Nous quand la radio s’allumait à l’époque c’était plutôt RTL et Sardou !
Federico : On a donc une culture variée. Si on fait un concert aux Etats-Unis jamais les gens ne se diront : "Putain, c’est un groupe américain !" Enfin, je ne crois pas !

(Suite et fin.)

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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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