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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 16:05

Built to resist




"Je suis intéressé par l’idée de performance"


"J’avance comme une émanation spirituelle de Dada"



 


Pourquoi ce titre, Alles Wieder Offen, qui signifie "tout est de nouveau ouvert" ?
C’est une référence au fait que c’est le premier disque qu’on fait en étant notre propre maison de disques et que cela nous met dans une situation économique où tout est de nouveau possible. On ne sait pas ce que ça va donner. Si on échoue, alors "rien ne va plus", mais si on réussit, hourra, on continue. C’est le public qui va décider et c’est vous aussi, les journalistes, parce que c’est vous qui informez le public.

Vivez-vous de votre musique ?
Aujourd’hui je n’ai plus besoin de travailler pour gagner ma vie. Je reçois de l’argent des back catalogues…

Assez pour vivre ?
J’aurais tendance à dire que oui. Donc je pourrais me tourner les pouces mais je suis toujours poussé au travail parce que pour moi la musique est plus une passion qu’un gagne pain.

Par le passé vous avez déclaré : "Pas de beauté sans danger" et c’est devenu le credo de Neubauten. C’est toujours le cas aujourd’hui ? La musique est pour vous une nécessité, une forme de danger ?
C’est définitivement une nécessité. Je me sentirai très pauvre si je ne pouvais pas en faire. Un danger ? Je ne sais pas. Je ne suis pas vraiment attiré par le danger, je suis plutôt intéressé par l’idée de performance.

Parlons un peu des morceaux de ce disque. "Die Wellen", qui l’ouvre, est très tendu et très mélodique dans le même temps…
Ce morceau vient d’un morceau piano-chant issu des Musterhaus series. La mélodie de piano imite le style hypnotique à base de drones de Charlemagne Palestine, un musicien minimaliste américain en activité depuis les années 60. Il était également connu pour être le pianiste de John Cage. J’aimais tellement cette partie de piano que j’ai pensé qu’on devrait l’intégrer à quelque chose de plus dense en la jouant avec tout le groupe. Ce qu’on a fait et je trouve que ça ouvre bien l’album.

Le single "Weil Weil Weil"…
Oui, mais ce n’est pas vraiment un single parce qu’aujourd’hui il n’y a plus de single à proprement parler. Il s’agit donc plutôt d’un single téléchargeable. D’ailleurs sur notre site tu peux trouver cinq remix de ce morceau, chacun réalisé par un des membres du groupe. Ils sont tous très différents les uns des autres, notamment de la version album qui est très dance.

De quoi parle le morceau "Let’s Do It A Dada" ? De dadaïsme ?
Oui, ça parle précisément du dadaïsme. Tout le texte en parle…

J’ai justement sur moi Lipstick Traces, un livre de Greil Marcus où il est beaucoup question de dadaïsme et où Neubauten est cité dans un passage…
Je sais, j’ai lu ce livre et j’ai rencontré Greil Marcus.

Ok.
Et bien tu dois donc savoir que les origines du mot Dada sont obscures. Si tu regardes dans Wikipedia ou dans un livre sur l’histoire de l’art, tu liras que le mot Dada a été tiré du dictionnaire…

Une autre version de l’histoire dit que le mot a été tiré d’une marque de shampoing…
Oui, et un journaliste que j’ai vu hier m’a dit qu’un dada était aussi le mot enfantin pour cheval. Mais en fait aucune de ces histoires n’est vraie. Il y a quelques années, la vérité a été découverte.

Il y a une vérité à ce sujet ?
Il y a une vérité. Il y a un fac-similé de l’idée originale. J’ai appris ça il y a dix ans en lisant un journal en Allemagne et ça m’a remis en tête ma vieille fascination pour Dada. J’ai trouvé ça intéressant. D’autant plus intéressant que malgré tout, dix ans après, les légendes sur les origines de Dada circulaient de nouveau. Je me suis donc dit que j’allais faire une chanson sur ce mystérieux phénomène et que j’allais parcourir le monde pour en discuter avec des journalistes et leur demander si quelqu’un a retrouvé la véritable histoire de Dada.

Vous n’allez n’ont pas me révéler la véritable histoire de Dada ?
Non, c’est une quête. Et j’attends de savoir quel journaliste va être le premier à rétablir la vérité. La vérité va inévitablement refaire surface. J’attends. Cette énigme a le pouvoir de changer les choses parce qu’elle excite les gens. Moi dans ce morceau j’avance comme une sorte d’émanation spirituelle de Dada. Je suis un fantôme qui cherche à cacher les véritables origines du mot Dada pour que son sens change et insémine à jamais les consciences. J’ouvre le morceau par un cri : "Ba-oommpff !". Greil Marcus en parle dans Lipstick Traces, c’est le cri que pousse Hugo Ball dans un de ses carnavals. C’est un bon livre, de même que le CD qui est vendu avec.

Il y a un CD vendu avec ? Ce doit être un bonus de l’édition allemande, nous en France nous n’avons qu’un livre…
Cherche le CD de Lipstick Traces sur Internet, il y a de bonnes choses dessus, des choses étranges que tu ne trouveras nulle part ailleurs. C’est important. Aujourd’hui, j’ai un peu de mal à prendre véritablement au sérieux quelqu’un qui est motivé par ces idées dadaïstes mais quand j’avais 15 ans, j’aimais vraiment ça : j’avais des reproductions de dessins de Georges Grosz dans ma chambre. Aujourd’hui tout ça reste en moi, j’ai simplement dépassé le sentiment de fascination que ça m’évoquait.

 


(Suite et fin.)



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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

juko 28/12/2007 09:53

y'a pas à chier, affronter ce type et en sortir indemne, je dis bravo

Sylvain Fesson 28/12/2007 11:52

Un lecteur et un commentaire quelques jours après Noël ? Comme quoi il ne faut jamais vraiment se relâcher ;-) Ami Juko, la suite arrive de cet entretien arrive