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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 00:24
Nostalgie chamane


Syd Matters a fait du chemin depuis sa victoire en
2002 du premier concours CQFD. A l’époque il ne semblait pas heureux de son prix, comme détaché des choses de ce monde. Aujourd'hui que son troisième album s'apprête à sortir (14 janvier) on comprend mieux où il avait la tête : il était déjà dans Ghost days, une musique qui ne se contente pas de rêver l’ailleurs mais qui, en creux, le dessine.


En 2003 les impeccables compositions space-pop d’A whisper and a sigh plaçaient Jonathan Morali aux premières loges d’une pop française décomplexée car n’ayant plus rien de français à trop se bercer de musiques célestes made in england. Ce premier album avait beau être un peu trop studieux (Robert Wyatt, Nick Drake, Pink Floyd et Radiohead sont les maîtres des lieux), on découvrait un mec perché tentant de marier folk et synthés, en un mot ciel et terre. En 2005 Syd Matters affinait son obsession
duale (songwriting et soundwriting) dans les atmosphères brumeuses et nettement plus personnelles de Someday we will foresee obstacles. Mais on pouvait encore localiser le garçon. Maintenant on ne peut plus.

A l’automne dernier on avait pourtant eu des signes avant-coureurs. Avec la B.O. de La question humaine, Jonathan nous avait fait sentir qu'il avait encore progressé d’un pas de géant, mais on ne s’était pas préparer à ça : à la guitare malienne qui surgit plage 4 de son nouvel album et baigne tout le morceau d’un souffle "world". Cette guitare malienne n'a beau n’apparaître que sur 2-3 morceaux de Ghost days ("Its' Anickname", Big Moon"), une fois entendue on ne voit plus qu’elle. C’est la clé de l’album. Tournicotant comme un rayon de soleil, elle nous fait basculer dans ce moment magique où la mélancolie se fait chaleur. C
es moments ils sont nombreux dans ce disque, des îlots d’apesanteurs vibrants de chœurs et de clappements de mains. Des édens d'arpèges, de flûte et de piano qui s’embrasent dans la nostalgie chamane d'un "Me & My Horses" homérique.

On pense au Mali Music de Damon Albarn, à quelques inflexions de l'album solo de Thom Yorke, à la kora africaine de Thee, Stranded Horse. A peine. On pense peu musique quand on écoute Ghost days, on ne pense pas à ce qui existe mais à quelqu'un en quête d'une autre vie, du pygmée qu'il y a en lui. On voyage comme rarement. Ici, plus que jamais, on nous emmène loin de la musique de fan, de son format, ses guitares. Ces 15 morceaux, dont un "fantôme", on n’arrive pas à les saisir, à en retenir les noms, à en figer le déroulé. Ils s’enchaînent presque comme un seul long morceau, un paysage. Un mirage. On craignait que Syd Matters ne fasse pas mieux que son deuxième album. Jusqu’où aller maintenant ?

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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

lustucru 14/11/2008 13:19

non rien

Sylvain Fesson 14/11/2008 13:25


Euh rien aussi


Véronique Grausseau 12/11/2008 22:00

Ta conclusion est très belle, tu as su trouver les mots justes pour décrire le travail de Syd Matters. Comme il existe des "livres de chevet", moi, j'ai mon cd...On ne se lasse pas de l'écouter !

Sylvain Fesson 13/11/2008 10:56


Merci ;-)
Clairement un disque de chevet ce Ghost Days
Je vais voir si je peux le voir en concert à Massy tiens


Jay 26/01/2008 02:30

Non, on en a pas fini avec syd matters...Le concert à l\\\\\\\\\\\\\\\'EMB restera gravé dans ma mémoire comme étant LE jour où j\\\\\\\\\\\\\\\'ai compris syd matters :C\\\\\\\\\\\\\\\'est tout sauf jonathan morali. Ni syd matters et ses musiciens. syd matters est désormais ce qu\\\\\\\\\\\\\\\'il à quoi il se destinait dès le départ, avant même que jonathan ne rencontre ses musiciens : un groupe soudé, organique, jouant une musique incroyablement maîtrisé, techniquement parfaite et parfaitement incarnée, où le chanteur-auteur-compositeur n\\\\\\\\\\\\\\\'est qu\\\\\\\\\\\\\\\'un élément, certes important, du puzzle....

sylvain 24/01/2008 14:15

Mais bon j'ai pas dit que Syd Matters venait de pondre un album de zique africaine et qu'il portait dorénavant des boubous plus flashys que les fluokids ! D'ailleurs cet album a aussi un côté comédie musicale je trouve (réécoutez "I was asleep"), dans l'utilisatin des cordes, l'ampleur des morceaux, leur foisonnement léger, enchainement tournicotant... on sent vraiment le mec seule dans sa piaule qui se dessine un monde pour se divertir...  Pour en finir (momentanément) avec Syd Matters je vous conseille de lire cet article de quelqu'un qui sait un peu de quoi il parle parce qu'il fait de la musique (http://www.myspace.com/bellegardemusic ) et qu'il doit lui aussi avoir des trous d'inspiration !
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/097/article_17139.asp

Simon 23/01/2008 18:04

Oooh…Syd Matters qui lorgne vers la musique africaine…??!!! J’en connais un qui a un peu trop tiré sur sa cigarette de haschich…La petite guitare sur It’s A Nickname, c’est juste une guitare acoustique…Comparer sa musique à celle de Damon albarn, c’est un peu too much… Il y a une autre chronique du disque sur www.sensationrock.com, ainsi qu’une interview de Jonathan Morali.

Sylvain Fesson 23/01/2008 18:05

Carrément pas de chichon Simon, t’es juste trop terre-à-terre sur ce coup-là. Réécoute cette guitare acoustique, laisse-toi juste aller quand tinte, et tu verras : elle porte un pure feeling african vibration