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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 11:30
Supers héros pop




"Le personnage que je suis sur scène n’est pas un personnage"

"On est des kids
éternels, on aime jouer sur notre âge et notre sexe"






Les personnages que vous incarnez sur scène, d’où viennent-ils ?

Jessie : C’est culturel, ça vient des Stones, de Queen… On a une image glam alors on nous compare tout le temps à Bowie mais moi je suis plus dans Gary Glitter, Suzy Quatro et Sweet. Mais je pourrais très bien citer Chic Corea, Return to Forever, Metallica, Joe Jackson, Kate Bush et Police. On a pris tous ces trucs, on les a mélangé et ça a donné Fancy. Après, l’imagerie et le look qu’on a sur scène sont venus progressivement.

Chacun de vous avait envie de développer un personnage ?
Rae : L’image que j’ai développée m’est venue plus lentement que pour Mom et Jess. Au début, je ne savais pas trop ce que je voulais être sur scène. Contrairement au guitariste et au chanteur, ce n’est pas évident de trouver tes repères quand tu es bassiste. Je refusais d’avoir l’image habituelle du bassiste en retrait. Mon personnage a donc mis du temps à évoluer et je pense qu’il est encore en évolution.
Jessie : Mais il n’y a pas eu d’initiateur, ce n’est pas moi qui ai dit : "Allez les mecs, on se maquille !" ou eux : "Jess, tu devrais être complètement ouf sur scène !". Pour moi, le personnage que je suis sur scène n’est pas un personnage. Evidemment, dans la vie de tous les jours, je ne suis pas comme ça, je n’ai pas tout le temps envie que tout le monde me regarde.

C’est juste une facette de ta personnalité ?
Jessie : Plus qu’une facette, c’est une extension de moi. Sur scène, je peux être encore plus moi, enfin c’est aussi moi cette façon d’être. Donc, oui, c’est comme une facette.

Ton "personnage" m’évoque les icônes félines des années 80, Bruce Lee, Michael Jackson… La tenue de Bruce Lee dans Le jeu de la mort, c'est le jean slim avant l’heure !
Rae : C’est vrai (rires) ! De toute façon, l’esthétique des années 60, 70, 80 est une référence pour nous. Musicalement ou cinématographiquement, ça nous a vraiment influencé.
Jessie : Des choses magnifiques ont été faites avant et même après, mais ce qui me fait vraiment rêver et là où je puise toute notre énergie et notre inspiration, c’est vraiment dans ces "trente glorieuses" comme les appelle Rae.

Quelle est la meilleure première partie que vous ayez fais ? Daft Punk ? Le MC5 ?
Jessie : Déjà, juste un petit détail, moi le MC5 je ne suis pas fan, même si j’ai une afro comme Rob Tyner. D’ailleurs il a plutôt une afro comme moi ! Après c’est super flatteur de pouvoir faire la première partie d’un groupe aussi mythique…
Rae : Ce qui était impressionnant avec ce concert du MC5, c’est qu’il n’y avait pas autant de monde qu’on l’aurait souhaité ! En vérité, peu de gens se souviennent de ce groupe !
Jessie : Moi j’ai aimé faire la première partie de Peaches, parce qu’on aime Peaches et que Peaches aime Fancy. Et oui, Daft Punk bien sûr, parce que c’est Daft Punk, qu’ils sont super cools et que leur manager nous adore.
Rae : Moi j’ai un bon souvenir de première partie mais qui n’est pas dû à la tête d’affiche. C’était à l’Elysée Montmartre…
Jessie : Attention, il va balancer un truc !
Rae : Notre premier Elysée Montmartre et on ouvrait pour The Rapture, un groupe qu’on n’aime pas du tout et qui ne nous aime pas non plus, mais j’étais super content d’être là parce que pour moi l’Elysée Montmartre est une salle mythique où je suis allé voir plein de bons groupes quand j’étais jeune.

Votre tonitruant "Seventeen" vous suit maintenant depuis quelques années. N’avez-vous pas craint à un moment de ne jamais faire mieux que ce morceau ?
Rae : Non, je n’ai pas cette pression, je pense que nos titres ont tous un potentiel tubesque. Parfois, ce que je me demande, c’est si on arrivera plus tard à faire aussi bien que ces compos.
Mais peut-être qu’on arrivera à faire encore mieux. On est plein de ressources.
Jessie : Oui, j’en suis quand même persuadé. Après, c’est peut-être une question de moyens supplémentaires pour épanouir notre inspiration et notre créativité. Parce que là c’est clair qu’on commence à avoir faim. On n’a pas d’argent, on n’a rien.

Je n’ai pas étudié les paroles à la loupe : "Seventeen", ça parle du fait d’avoir 17 ans ?
Jessie : Non, c’est plus un morceau qu’on a écrit en réaction à cette espèce d’impératif flippant à absolument rester jeune que véhiculent les magazines. Maintenant si tu as 50 ans tu dois en paraître 30. Et si tu en as 16, tu dois en paraître 22.

Ça me rappelle un passage de La possibilité d’une île de Houellebecq où sa nana lui dit que son magazine prépare l’avènement d’une génération de "kids définitifs".
Jessie : Oui, c’est ça, on est des éternels kids.
Rae : Mais ce qu’on fait ce n’est pas vraiment une critique, c’est juste un constat. Parce que finalement on est aussi un peu dedans. D’ailleurs on met le doute sur notre âge. Tout le monde nous le demande mais on refuse de le donner parce qu’on veut une image un peu éternelle.
Jessie : Ça nous amuse de jouer de notre âge comme de notre sexe. Ce n’est pas anodin s’il y a des filles sur la pochette de notre disque, dont une mature women avec un appareil dentaire. Ces dessins sont de Mom. C’est lui (enfin c’est elle, c’est lui, on ne sait pas) qui signe tout l’artwork de Fancy.

C’est marrant que tu parles d’elle ou lui : sur votre pochette de disque vous avez l'air de Drôle de dames, voire de Cat’s Eyes.
Jessie : Forcément, oui.
Rae : Ce n’est pas la référence utilisée par Mom mais c’est sûr qu’il y a un côté super héros…
Jessie : Un côté “Kings of the Worlds” !

(Suite.)


Photos par Robert Gil


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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