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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 11:02
Supers héros pop

Ils ont débarqué sans crier gare avec "Seventeen", single écrasant la concurrence au sein de la compile CQFD 2004 des Inrocks. Deux ans plus tard un maxi du même nom est sorti, mais c’est surtout leurs concerts qui ont fait leur réputation. Androgynes, maquillés, attifés, déchaînés, tout en rock et en voix hérissés, Jessie Chaton (chant), Ramon Pavez (basse) et Mohamed Yamani (guitare) sont de vraies bêtes de scène. Au point qu’on en a presque oublié s’ils étaient ou non de vrais songwriters capables d’un grand album. C’est, entre autres choses, ce que j’ai demandé à Jessie et Rae. Nous étions en juillet. Dans leur maison de disques. Il y avait des croissants sur la table. Et Kings of the Worlds, leur premier album, dont la sortie approchait à grands pas. Prévue fin septembre.



"N’est-ce pas trop tôt pour dévoiler cette facette ?"

"On vise plus haut que The Darkness"




Salut Jessie, salut Rae. Dites, la presse a reçu votre album en version sampler, chaque morceau se voyant amputé de moitié. C’est juste une méthode d’anti-piratage ?

Jessie : Non, c’est surtout dû au fait que le disque n’était pas complètement mixé. On préfère attendre d’avoir fini le mix avant de le montrer en totalité. Et il faut qu’on se dépêche parce que l’album sort en septembre et on commence à avoir pas mal de retard.

A quoi est dû ce retard ?
Jessie : On est très lent…

Ça fait quelque chose comme 3-4 ans que vous êtes dessus, non ?
Rae : Oui, mais il y a eu beaucoup de coupures. On s’est demandé à un moment s’il ne fallait pas le faire mixer par des personnes un peu connues donc ça a pas mal traîné…

C’est peu de dire que vous prenez votre vraie dimension sur scène. Après ces divers faits d’armes scéniques, ça revêt quelle importance pour vous de sortir un album ?
Jessie : C’est une finalité. Ça fait 3-4 ans qu’on joue ces chansons sur scène et on a envie qu’un plus large public les découvre et éprouve pour elles le même engouement que nous. Et c’est aussi pour pouvoir passer à de nouveaux morceaux, un nouveau disque ! Après la pression qui accompagne la sortie du disque, on ne s’en rend pas compte. On est surtout super excité et heureux de le sortir. On ne sait pas ce qui va ça va donner niveau ventes et accueil. Enfin, perso je n’en suis pas très conscient. Et toi, Rae ?
Rae : Je ne sais pas. Pour moi c’est une aventure. On va lâcher notre disque en pâture et on verra. Ça fait un peu partie de l’excitation.

La trouille ?
Rae : Oui, mais on n’est pas non plus transi de peur. On a une sorte de trac mais c’est un trac constructif, comme celui qu’on ressent avant de monter sur scène.

Avez-vous ramé pour bâtir un répertoire de chansons qui ait sa cohésion sur disque ?
Jessie : (Silence.) Un peu quand même ! Parce qu’on aime avant tout l’énergie et la mélodie mais c’est vrai qu'on aimerait parfois faire des incursions dans d’autres genre que notre créneau rock speed. D’ailleurs on a quelques morceaux qui flirtent avec d’autres styles, dont un composé par Rae qui s’appelle "Fly to America". Il sera en face B du 45 tours inédit qu’on va tirer à 500 exemplaires. C’est un morceau un peu plus mainstream, pop et moins excité que ce qu’on a fait d'habitude.
Rae : C’est une bonne question.
Jessie : Bravo hein !
Rae : Parfois on se demande si on est cohérent artistiquement. On a envie d’exprimer nos différentes influences, mais on s’interroge : "Est-ce qu’il n’est pas trop tôt pour dévoiler cette facette ?" On garde donc des morceaux pour une prochaine étape de Fancy.

En tant que produit vous devez respecter l’image et le positionnement qui est le votre. Mais en tant qu’artiste vous avez envie de libérer toutes les facettes qui vous constituent. Il y a la une tension, un paradoxe.
Rae : Oui, c’est sûr qu’il ne faut pas décevoir les gens qui nous connaissent comme un groupe de scène qui donne de l’énergie à des compos plutôt rock, même si on a une pulsation assez funky sur certains titres. On doit faire attention à ne pas aller trop vite.
Jessie : Mais notre but n’est pas de nous enfermer dans un style. Créer implique une certaine liberté et on ne prétend pas être un groupe de garage ou de funk pur, on veut au contraire s’ouvrir énormément de portes. Avec "Miss You" les Stones sont allés vers le disco tout en restant les Stones. Kiss a fait de même avec "I was Made For Loving You" tout en restant Kiss. Nous, on veut faire pareil : être partout, goûter à tout et que ça reste du Fancy.

Vous êtes réputés être des bêtes de scène. Ce disque, est-ce une manière de rappeler aux gens que vous êtes aussi des songwriters ?
Rae : Tout à fait. Ecrire de bonnes chansons et de belles mélodies, c’était déjà important pour nous avant que Fancy ne voit le jour. Mais c’est vrai qu’étant donné notre réputation de bête de scène, on avait un peu l’impression qu’on perdait de vue notre goût pour les bonnes compos. On veut montrer qu’on a de bonnes chansons et on espère d’ailleurs que le disque va mettre ça en avant et toucher un public différent qui verra en nous de bons compositeurs.
Jessie : Plus que différent c’est un plus large public qu’on veut toucher avec le disque. C’est notre but. On veut être mainstream, avoir de la thune, que ça marche, être reconnu…

Mais de toute évidence pas à n’importe quel prix ! Certaines personnes ont, parait-il, voulu faire de vous des Scissors Sisters français et ça ne vous a pas plu.
Jessie : C’est normal parce que c’est des raccourcis. Tout à l’heure un journaliste me parlait de The Darkness. Je ne veux justement pas faire trop dans le style d’un The Darkness bis. C’est très important de ne pas nous affilier à ce côté trop rigolo. On a de l’humour et du second degré, mais on est quand même un groupe avec de vraies chansons, une vraie prestation scénique et nous on vise plus haut que les Darkness, on vise des gens comme les Stones, Michael Jackson, Elvis Prestley ou Queen. On ne veut pas faire un one shot. Après, je comprends qu’il faille parfois mettre des étiquettes, même nous on le fait. Mais voilà : nous on veut imposer notre truc, pour que bientôt les gens disent : "Tiens, vous sonner Fancy vous !"

(Suite.)



Photos Robert Gil


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

pascal 25/11/2007 21:01

Hello Sylvain,Jolie prose, goûts éclectiques et finalement assez sûrs... (va falloir que je me départisse de ce petit côté lèche santiag moi!), un site qui donne donc un certain goût de "reviens-y"... .Après le concert de "The National", et ton ITW, je m'attendais à trouver un papier, mais bon, une bonne gestation a parfois du bon! A moins que les bières d'Eric et de moi-même aient fini par te faire du mal... ; )comme je te l'ai dit mon prochain concert c'est les "Wraygunn" au nouveau casino jeudi soir, si tu n’es pas déjà trop vieux... !Voilà, une dernière exhortation pour aller sur le Myspace de "Deerhunter" et de "Pilot", qui n'ont rien à voir..., mais tant qu'à avoir les idées larges... .Pascal

Sylvain Fesson 26/11/2007 12:56

Salut Pascal,Content d'avoir de tes nouvelles sur Parlhot !Merci pour mes santiags, d'ailleurs ;-)Reviens vite au fait, parce que s'il va falloir patentier un peu pour la publication de l'interview de The National, celle de Wraygunn va par contre ne pas tarder.Je n'ai oublié d'aller faire un tour du côté de Deerhunter et j'ai vraiment bien aimé ce que j'y ai écouté, merci pour la découverte.Pilot, par contre, j'avais oublié. Je renote ça dans ma petite tête.On se voit à Wraygunn bien sûr !

ToX 21/11/2007 09:52

Hello Sylvain! Je ne connaissais pas du tout le groupe et j'ai du attendre la dernière question avant de comprendre qu'ils étaient français... N'adhérent que très peu au style musical, je me suis plutot intéressé au contenu de l'itw et là aussi j'ai quelques déceptions... au niveau de leurs réponses... il y a comme un goût de trop peu... Et puis cette première réponse... tu les crois quand ils disent qu'ils ne diffusent que des samplers à la presse pcq le disque n'est pas complétement mixé? Enfin, je ne m'y connais que très peu dans ce domaine... N'empêche qu'en ne connaissant pas leur son et rien qu'en lisant l'itw... ils ne me plaisaient déjà pas beaucoup... @+

Sylvain Fesson 21/11/2007 12:45

Ah, Thomas, si tu n'es pas fan du style musical de Fancy je te conseille de les voir en live quand tu en auras l'occasion, ça s'apprécie au centuple dans une ambiance collective de fête plutôt que seul derrière son ordi ! Laisse-toi le temps de lire la suite de cette itw pour approfondir ton avis un peu hâtif sur eux... ;-)