Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Presentation

  • : PARLHOT
  • PARLHOT
  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
  • Contact

INTERVIEWS

Rechercher

5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 22:36
La charge héroïque

















"We all fall down", "Twenty five sins", "The deception", "The voice of reason", "Death of an idealist", "Remenants of an army", "We go hunting", "Come over", "Spencer Perceval", "Epiphany", "Deat is the end". Tout ça pour dire qu'avec Elegies To Lessons Learnt, leur premier long, les cinq anglais d'Iliketrains ne sont toujours pas là pour rire.


Ils seraient plutôt là pour faire trembler dans les chaumières. Je l’ai compris en découvrant fin mai 2006 Progress – Reform, leur premier EP. Sur sa peinture sanguine un sticker célébrait l’union de Nick Cave et de Sigur Ros. Et c’était ça : les ténèbres de l’Australien mêlés à la féerie des Islandais pour donner un genre de Mogwai et d’Explosion in the sky. Des atmosphères rock non pas tombées du ciel mais sortant du sol, de l’Histoire.

Car ce groupe a ceci de particulier de puiser son inspiration dans des faits historiques… j’allais dire underground. Mais c’est ça : En exhumant les story de l’explorateur anglais Robert Scott, mort en 1910 lors d’une expédition en Antarctique, ou du joueur d’échec américain Bobby Fischer, champion du monde en 1972 qui refusa ensuite de mettre son titre en jeu, Iliketrains nous livre une Histoire secrète, où tout le monde marche et crève.

D’où cette voix grave, profonde et ces orchestrations caverneuses, guerrières. Ici on dresse des monuments aux morts, alors on évacue tout second degré, on s’habille classe avec des uniformes ayant appartenus à la société des chemins de fers britannique et on sonne la charge, héroïque, en rassemblant les armes des anciens. Guitare, basse, batterie, orgue, trompette : ici se trouvent les plus longues et plus tribales qui soient.

Partant de là, musicalement on n’était pas vraiment en "Terra Nova", plutôt sur des rails, surtout que ces morceaux exploraient sans relâche les mêmes ambiances, forgeant un style très reconnaissable. Mais c’était beau, obsessionnellement beau, et ça vous laissait juste ce qu’il faut sur votre faim. Comme le fit un an plus tard les deux titres du single "Spencer Perceval" qui racontait l’assassinat en 1812 de ce premier ministre britannique.

On était en mars 2007 et Iliketrains n’avait pas changé. Leur premier long format était prévu pour octobre et je me demandais s’ils n’avaient déjà pas tout donné, leurs plus belles fresques, leurs plus beaux sujets, et si c’était si judicieux qu’un groupe comme eux se risque à nous tartiner 11 titres parce que c’est, pour l’instant du moins, encore un passage obligé de l’industrie du disque, alors que le format court épousait si bien leurs gestes.

J’avais à moitié tort. Sur Elegies To Lessons Learnt on retrouve la patte du groupe, ces tempos lents où l'on s’embourbe, ces guitares qui filent la chair de poule à chasser les araignées au plafond et cette convergence soudain qui fait que tout éclate en rythmique militaire et saturation chevaleresque. On retrouve Perceval. On découvre Dr William Brydon, célèbre pour avoir réchappé à un massacre durant la première guerre Anglo-Afghane.

Je me dis qu’Iliketrains c’était mieux avant. Que comme les bonnes choses, c’est meilleur à petites doses. Mais c’est à moitié vrai. Car c’est à une guerre qu’ils nous convient-là, non à une dégustation entre amis. Oui, c’est long, dur, solennel, morbide. Ça vous offre à peine une pause pipi en plage 10 avec un "Epiphany" aux faux airs du "Treefinger" de Radiohead. Mais on a l’impression de livrer bataille en les écoutant. D’être au cœur de quelque chose.

Du grand Art.




Partager cet article

Repost 0
Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
commenter cet article

commentaires

lyle 15/11/2007 18:49

Le nouvel album m'a effectivement un peu déçu après l'excellent 'progress-reform'. Un peu répétitif, à part quelques bons morceaux...
Quand même un album très au dessus de la moyenne, mais on s'attendait peut-être à mieux !

Sylvain Fesson 15/11/2007 19:30

Ouep : malgré ce bémol, au-dessus du lot sont les Iliketrains.

ToX 10/11/2007 13:53

Jolie chronique d'un groupe que j'aime beaucoup. En plus de tout ce que tu as dit sur iliketrains, je trouve aussi intéressant la façon dont ils mettent en scène leurs compositions (projecteur, films, diapos d'époque,...). J'attends avec impatience: la publication de leur itw mais aussi de les revoir sur scène dans qqls semaines. A Bientot Sylvain!

Sylvain Fesson 12/11/2007 15:21

Salut ToXMa !Ouais je me suis pas attardé sur ce point mais il le sera dans l'itw que je ne vais pas tarder à mettre en ligne....Tcho

Lily 08/11/2007 17:22

excellent! très belle chronique Sylvain. ça fait du bien aussi parfois les albums homogènes, meme longs, qui narrent les histoires d’antan bien morbides et si vraies. bien envie de découvrir la suite! magnifique album pour halloween ;-)

Sylvain Fesson 08/11/2007 19:53

Yep, vive les albums homogènes qui s'attardent sur The zone érogène !