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Journaliste passionné de musique et d'interviews fleuves, j'ai créé Parlhot pour pouvoir m'étendre à ma guise et en toute franchise sur les artistes et les sujets qui me touchent et toucher en retour des gens en quête de style et d'esprit critique..
Découvrir The Wedding Present en 2007 avec leur double Live 1987 après avoir vuControl et réécouté les disques du défunt pendu et de sa bande, c’est tomber sur une énigme : quel est l’intérêt d’une caricature des Smiths et de Joy Division ?
Il faut avoir sacrément marqué son temps pour se permettre de sortir un double album de concerts vieux de 20 ans. Et c’est pourtant ce que font les Wedding Present. Live 1987 réédite des "enregistrements originellement édités en cassettes vendues après leurs concerts ou via leur fanzine", exhume l’époque "mythique" où "le groupe effectuait encore des rappels". Mais en quoi ce groupe est-il mythique ?
Joy Division et The Smiths ont marqué les années 80. J’ai écouté, je comprends pourquoi. The Wedding Present, je les écoute aujourd’hui, je ne comprends pas. L’impression d’entendre un mix foireux entre les déflagrations martiales des premiers et le lyrisme acide des seconds. Un groupe cisaille ad lib la même mélodie cracra, un chanteur garde sa voix en gorge pour sonner grave. Ça sonne faux, ça ne passe pas.
Quand j’écoute Joy Division un théâtre se dessine. J’entends la voix d’un homme en proie aux grands tourments, l’Amour, l’Histoire, le Temps. Je pense aux Doors, au Velvet, aux Stooges, à Kraftwerk, à Nico, Beckett. Chaque morceau est un acte, quelque chose d’architectural et totémique. Quelque chose de l’ordre de la répétition et de la transe. Ce n’est plus seulement de la musique. Encore moins de la musique anglaise.
Quand j’écoute The Wedding Present, je n’entends rien, si ce n’est du son, situé, daté, cheap et cockney. Comment dresser un culte à des types qui mettent un footeux sur leur pochette et pompe un groupe alors que les cendres de son chanteur obscurcissent encore Manchester ? J’ai essayé de comprendre ça en allant les voir jouer à la Maroquinerie le 2 novembre avec en première partie Kim Novak, contremarque française d’Interpol.
Je vous en reparle donc bientôt, interview de David Gedge à l’appui. (Suite.)
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