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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 20:49
Put a spell on you !

Tangi Thierry, un ami rencontré au festival briochin Art Rock, s’en est allé poser quelques questions à Matthieu Guerre Berthelot et Gildas Rioualen, les deux passionnés fondateurs et organisateurs
d’Astropolis, grande messe techno qui va secouer Brest du 2 au 5 août.

Tous les festivals d’été ne sont pas maousse costauds tendance "bienvenu à l’usine" (ceci est un clin d’œil aux Eurocks, dont je dois très bientôt enfin vous raconter l’édition 2007 de fond en comble). Certains se font aussi à échelle humaine, tout en proposant une affiche alléchante. C’est le cas du festival brestois Astropolis qui accueille pour sa 13e édition une belle brochette d’artistes électro tels que Miss Kittin, Dj Hell, Digitalism, Justice, Nathan Fake, Amon Tobin, Manu le Malin et réserve aussi quelques surprises d’une autre saveur. Une autre raison (parmi tant) de découvrir cet événement ? Les 20, 21 et 22 septembre prochain Astropolis sera à Paris, en compagnie du collectif des festivals bretons (Transmusicales, Vieilles Charrues, Art Rock, Route du Rock, Festival du bout du Monde, Festival des Tombées de la nuit, Alantique Jazz Festival) pour proposer plusieurs jours de concerts à la Cigale, au Rex Club, à la Maroquinerie, la Flèche d'or et au Cabaret Sauvage.


"écouter du noise puis se finir sur le dance floor"

"préserver l’environnement mental de la fête"




L’année dernière, le festival était placé sous le signe de "la communion" : quel est le thème de cette treizième édition ?

Chaque année on essaye de trouver un thème, un concept autour duquel jouer. En 2005 on avait trouvé celui de "militant de la fête", l’année dernière celui de "la communion". Cette année, comme certains sont superstitieux chez nous, on voulait conjurer le sort pour l’édition 13 et on a donc pour cela convoquer le thème du "voodoo". C’est un thème présent dans les musiques bruyantes depuis longtemps. Par exemple, au début, quand les journalistes devaient décrire les soirées rave ils parlaient souvent de maîtres voodoo pour désigner la manière dont les DJ’s ensorcelaient leur public. L’année prochaine, l’édition 14 aura pour thème "les mobylettes".

D’année en année, le festival s’enrichit en investissant différents lieux de Brest. Après le Mix’n’Boules (tournoi de pétanque et mix) ou encore l’Astroboum ("première rave party pour les moins de 12 ans"), quelles seront les nouveautés pour 2007 ?
Cette année on innove sur le vendredi en proposant deux nouvelles soirées : une classique à l’Auditorium de Brest avec Gonzales et Mocky pour un concert piano-batterie ambiance Satie, donc vraiment pas dance-floor ! La seconde aura lieu à La Carène, nouvelle salle de concert de Brest, et proposera des groupes tels Zenzile, Goose, Wax Tailor et Digitalism, qu’on ne pouvait pas produire avant à Brest, faute de lieu conséquent. Le toit de la salle sera transformé en dance-floor et la soirée s’appellera Bunker Palace.

Ayant déjà invité Julee Cruise, Béruriers Noirs ou encore Konono, le festival s’ouvre traditionnellement à d’autres musiques que l’électro. Pourra-t-on écouter du rock à Astropolis ?
Avant d’organiser Astropolis et d’autres événements techno, on venait du rock et on a organisé pas mal de concert pop à Brest : Dominique A, Divine Comedy, Boo Radleys, le premier concert de Miossec… On s’inspire de la culture des festivals anglais où tout se mélange, où on peut aller voir un concert de noise rock, puis aller se finir sur un dance floor. On n’aime pas l’esprit de chapelles, encore moins le public intégriste qui aime cloisonner les choses. Pour nous c’est évident de voir des groupes punks jouer dans une rave. La culture rave vient du punk. Par exemple, Julee Cruise travaille aussi avec Khan qui est un sacré activiste en matière d’électro. Donc voilà, ça pose les choses. C’est important de mélanger les styles, de surprendre le public. Même si ce n’est pas toujours facile.

Côté programmation, quels sont les moments forts attendus ?
Le final de Dj Hell au matin : gros son rave ; l’hystérie pour Miss Kittin ; le set de Kid Koala… J’attends aussi de voir le public réagir sur Champion et à celui de Goose.

Le public est composé d’une bonne partie d’habitués : comment expliquez-vous le rapport affectif existant entre le festival et son public ? Peut-on dire qu’Astropolis est un festival d’opinion ?
Ça veut dire qu’on répond aux attentes d’un public, que les gens sentent que ce festival reste un événement bricolé, festif, qui cherche à surprendre. On construit ce festival comme un festival où l’on aimerait aller faire la fête : quelque chose d'humain, surprenant.

L’année dernière vous affichiez : "militant de la fête" : comment peut-on militer tout en composant avec la réalité d’une telle organisation, sponsors, etc. ?
Chaque année on refuse les sponsors comme Coca Cola ou Mac Do et sur le site on essaye de préserver l’environnement mental de la fête. On ne veut pas que les gens évoluent dans un spot de pub. Après, avec les autorités c’est une négociation. Il y a des règles, mais on peut les lire de différentes manières, selon nos interlocuteurs. On est encore sur une taille où l’on peut concilier les deux. Si vraiment on nous forçait à aller contre la fête, on ferait autre chose. On organiserait des concerts de Michel Sardou.

Pensez-vous que l'electro soit aujourd’hui intégrée dans le paysage musical ou souffre encore de préjugés de la part des politiques et du public ?
Il est assez dur pour quelqu’un qui n’a jamais entendu de techno d’apprécier le travail de quelqu’un comme Richie Hawtin. Je n’imagine pas Sarkozy, plutôt fan de Polnareff, comprendre réellement le spirit d’un dance-floor. Parfois on démissionne dans le travail pédagogique. Question de génération. J’avoue que je ne comprends par forcément les fans de Tokio Hotel.

Pour finir, quels sont les héros d'Astropolis ? ce qu'il déteste ? sa devise ?
Nos héros ? Des artistes qui croient en leur art, des gens comme Sonic Boom, Bez d’Happy Monday, Manu Le Malin, Jeff Mills. Ce qu’on déteste ? Les gens sectaires, arrogants, les post-branchés. Notre devise ? Plaisir, jouissance et liberté.

Photos : Miss Kittin et Bez des Happy Mondays

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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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