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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 00:38

Et la révolution M.A.O.

Le claviériste multi-instrumentiste de Dream Theater nous parle des nouvelles technologies qui ont révolutionné sa musique et qui sont aujourd'hui l'eldorado des mélomanes souhaitant créer du son sans trop se fouler. En avant la zizique ?


Jordan, sur quel type d'ordinateur travailles-tu ? Mac ou PC ?

Jusqu'à récemment, je ne travaillais que sur Mac. J'avais un G5 et un G4. Maintenant, j'ai aussi un Sony. On peut donc dire que je suis un pro-Mac converti au PC !

Quels logiciels utilises-tu pour créer de la musique sur ordinateur ?
J'en utilise plein, peut-être même trop. Sur PC, par exemple, j'utilise Komplete 4, Accent, etc.

Quels sont les avantages de ces machines par rapport aux instruments classiques ?
C'est qu'elles te permettent de pouvoir traiter le son dans tous les sens jusqu'à plus soif. L'autre avantage, pour un musicien professionnel comme moi, c'est qu'elles te facilitent grandement l'enregistrement de ta musique.

Un autre avantage ?
Le prix. C'est moins cher que les vieux instruments. Aujourd'hui, grâce aux entreprises qui développent ces logiciels, tu peux acquérir un nouveau type d'instrument très puissant pour pas grand-chose. Et ça amène de nouvelles personnes à la musique. Des gens qui n'en auraient jamais fait sans ça ! Des gens qui au lieu de rester inertes devant leur télé ou la chaîne hi-fi se mettent devant à leur ordinateur et commencent à faire leur propre musique. Des gens qui ne sont pas passé par un enseignement classique de la musique comme moi, mais qui sont à l'aise devant un ordinateur, qui jouent de l'ordinateur. Ces logiciels engendrent un nouveau type de musiciens pour qui l'ordinateur est un instrument de musique. Et ils permettent de faire tant de choses qu'on peut vraiment se lâcher et faire une musique étonnante. Cela change la façon dont on avait d'envisager la création musicale et cette évolution m'intéresse beaucoup. Je trouve ça très excitant.

Ces logiciels sont-ils accessibles aux novices qui veulent tout tout de suite ?
Tous ces logiciels demandent une petite phase d'apprentissage, surtout Komplete 4 qui est l'un des coffrets les plus fournis en la matière. Le problème ce n'est pas tant cet apprentissage, nécessaire, mais la profusion des outils. C'est-à-dire que vu leurs prix, tu peux maintenant acquérir plein de nouveaux instruments. Il faut donc choisir, se limiter. D'autant plus qu'il sort sans cesse de nouveaux outils toujours plus performants.

C'est-à-dire ?
Eh bien le challenge aujourd'hui c'est donc d'avoir le temps d'approfondir l'utilisation qu'on a de ces outils. Quand j'ai eu mon premier synthétiseur, j'ai passé beaucoup de temps dessus, à comprendre ses capacités, son fonctionnement, pour le maîtriser et en tirer le maximum. Aujourd'hui, ma situation est différente car je possède un nombre impressionnant d'instruments classiques et de logiciels de création musicale. Mais tu vois, il m'est déjà arrivé de prendre une année sabbatique avec Dream Theater pour me pencher vraiment sur de nouveaux outils et les apprendre à fond.

Quels conseils donnerais-tu donc à ces musiciens amateurs pour qu'ils développent une bonne utilisation de ces machines ?
De développer leurs savoirs, d'étendre le champ de leurs compétences. C'est comme ça qu'on se donne les moyens de faire la meilleure musique possible. Je me considère chanceux d'avoir ce bagage classique et cette connaissance des ordinateurs, ça m'ouvre de nouvelles méthodes d'expérimentations du son. Alors je leur dirais : "Aller voir ailleurs. Apprenez. Si tu es musicien de jazz, tu devrais aller étudier la musique indienne." Il faut s'ouvrir à d'autres styles de musique. Plus tu t'ouvres, plus ta musique sera créative et personnelle.

On a parlé des avantages, parlons maintenant des inconvénients de ces nouvelles technologies. Le problème de l'ordinateur en tant qu'instrument de musique c'est que s'il ne marche plus on perd d'un coup toute sa musique.
Oui, c'est pour ça que j'ai toujours des copies de ce que je fais. Et de la même manière un clavier peut tomber définitivement en panne, alors j'ai aussi des copies pour ça ! Avec Dream Theater, j'ai toujours eu mes instruments en deux ou trois exemplaires à portée de moi, au cas où l'un d'eux viendrait à me lâcher. Comme ça il me suffit de dire : "Au suivant !".

Il paraît que le son numérique est moins bon que l'analogique. Alors ?
Tu m'aurais posé la question deux ans plus tôt, je t'aurais peut-être dit oui. Mais aujourd'hui, je  te dirais
non. Un exemple : un bon piano c'est merveilleux, mais il faut de bons micros et de bonnes enceintes pour restituer la qualité du son. Ça demande des techniques complexes de prise du son. Tu n'as pas ce problème avec le numérique. Le son est toujours égal à lui-même. Il est très bon. D'ailleurs dans le prochain Dream Theater beaucoup des sons sont digitaux. Dernièrement j'étais en studio avec le groupe et  je lançais des sonsavec mes ordis. C'était super.


Tu as toujours un ordinateur sur toi, même en tournée ?
Oui, en tournée j'ai tournée mon portable, qui me suit dans ma chambre d'hôtel et même backstage.

Cette méthode est-elle compatible avec la performance scénique ?
Non, ces outils ne sont pas encore adaptés à ce que moi je fais sur scène. Parce que quand je fais un concert avec Dream Theater, j'ai besoin d'avoir un accès rapide à environ 500 sons différents. Et, entre deux chansons, je n'ai pas le temps d'aller chercher tout ça dans la machine et de le télécharger, je dois vite enchaîner le morceau suivant. Ces outils ne sont pas vraiment conçus pour la scène, même les meilleurs d'entre eux, comme Oasys par exemple. Oasys est incroyable, très puissant, mais les samples qu'il me permet d'utiliser – tous ces samples que tu utilises pour recréer le son des instruments acoustiques – sont encore trop lourds. Même avec Oasys, qui est une des plus merveilleuses bibliothèque de sons existantes, je ne peux pas télécharger correctement tous ces sons dont j'ai besoin sur scène le temps d'un concert. C'est impossible. Là est donc le défi de ces prochaines années. J'attends donc cette nouvelle étape, qui arrivera j'en suis sûr, dans un an ou deux, lorsque quelqu'un pourra me dire : "Ok, c'est vraiment possible."

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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

la Fille du rock 13/10/2008 12:10

Une interview de Jordan Rudess ?Je meurs...Dream Theater c'est un peu comme la Bible pour mon mec. Moi je trouve leur jeu beaucoup trop "t'as vu c'que j'sais faire ?" mais il faut avouer que si on retire les solos à rallonge et surtout la voix du chanteur, ben ils déchirent les mecs...

Sylvain Fesson 13/10/2008 13:13


Et bien j'attends les commentaires de ton mec ;-)
Pour info moi je connaissais pas mister Rudess avant de l'interviewer parce que j'ai jamais été auditeur de Dream Theater. L'interview c'était dans le cadre d'une discussion "nouvelles
technologies" parce que je bosse pour un mag qui parle de ça mais bon voilà c'est loin loin loin d'être ma spécialité !
Mais je viens de jeter une oreille à la musique de ton groupe et le côté prog fait que je comprends ton intérêt pour ce groupe.


Cécile 21/02/2007 10:54

Pfff... Charisme et séduction! les secrets!J'espère que tu ne t'es pas inscrit, hein !:op

Karine 31/01/2007 13:10

Je viens de parcourir ton blog.

Sylvain Fesson 31/01/2007 13:48

(Salut Karine) Et ?