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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 00:33
Et la révolution M.A.O.

Le claviériste multi-instrumentiste de Dream Theater nous parle des nouvelles technologies qui ont révolutionné sa musique et qui sont aujourd'hui l'eldorado des mélomanes souhaitant créer du son sans trop se fouler. En avant la zizique ?


J'aborde souvent mes interviews de musicien sous un angle anti-musical tant que possible. Car je n'y connais rien en musique. Je veux dire en instruments, en son et travail du son. Et c'est moins la machine qui m'intéresse que l'homme qu'il y a derrière. L'homme derrière le musicien. Ce qui donne des recueils de vies, d'émotions, de points de vue. Des récits assez psychologiques. Mais je vous propose une entorse à ma petite cuisine journalistique. Car voilà, miracle de la technologie, j'étais, pas plus que cet après-midi, en "phoner" international entre New York et Paris avec Jordan Rudess, surtout connu pour être le claviériste du groupe de métal progressif Dream Theater. Je connais très peu de chose sur ce groupe et son métal, si ce n'est qu'il est très… théâtral, pas borné ni sévèrement burné, comme en atteste
ci-dessous la pochette d'un de leurs albums (A Change of Seasons). Un hard new age ? (Rdv sur leur myspace pour vous en faire une idée.) Qu'importe, si je suis pendu au bout du fil avec un américain qui me force à parler sa langue c'est pour parler de la manière dont il utilise les nouvelles technologies qui changent la donne en matière de création musicale.

A 50 ans, Jordan Rudess est un musicien accompli, qui a une longue carrière devant comme derrière lui. Il a suivi une formation de pianiste classique. C'est en découvrant le Mini Moog, un ancêtre des synthétiseurs créé en 1970, qu'il bascule dans le rock progressif en même temps que dans le monde digital. Il a 18 ans. "Je suis tombé amoureux du son qu'on pouvait faire avec ce type de machine. Alors j'ai commencé à devenir un fou de technique. J'ai toujours été intéressé par les instruments, la technologie, mais là je découvrais que je pouvais enfin me concentrer totalement sur le rendu du son que je voulais obtenir, le son que j'entendais dans ma tête. Je n'avais pas besoin de plusieurs années de dur labeur pour domestiquer l'instrument. Ça a libéré mes instincts, débrider ma créativité. Je pouvais jouer immédiatement, en expérimentant, juste me dire : "Qu'est-ce que ça va faire si je tourne tel bouton, si je fais telle combinaisons de sons ?"

Cette découverte captive le jeune Jordan. Il s'émancipe de son bagage de musicien classique et se lance dans une approche autodidacte de la musique. Un approche plus personnelle. "De là, ma passion du son et de la technologie m'ont naturellement amené à travailler avec plusieurs fabricants des synthétiseurs." En parallèle, il développe ses aptitudes à la guitare, à la batterie. "Assez vite, sans délaisser les claviers, j'ai commencé à développer d'autres techniques de composition, notamment d'utiliser le clavier comme l'instrument de base qui façonne la ligne mélodique du morceaux, et les machines pour habiller ensuite le morceau en peaufinant d'autres sons autour." Dans cette approche d'une musique basée sur son perpétuelle renouvellement par "la découverte de nouveaux instruments, de nouveaux sons" dont il faut "repousser les limites" Jordan voit la définition même de ce qu'il entend par rock progressif. C'est-à-dire tout sauf "la musique des années 70". Tout sauf "le vieux Genesis".


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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