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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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11 septembre 2006 1 11 /09 /septembre /2006 03:03
Week-end d'un OB'CD

(Obsessive Compulsive Disorder)

Ceci n'est pas un publi-rédactionnel. Je n'ai pas reçu d'argent, pour écrire ce qui suit : que j'M O'CD. Je viens même d'en perdre en acquérant 5 CD's : Fly Or Die des Nerd, We Have Sound de Tom Vek, Finelines de My Vitriol, Cripple Crow de Devendra Banhart et Digital Ash In A Digital Urn de Bright Eyes.

Chez O'CD, ils ont eu la bonne idée de mettre les CD's sur écoute. Les CD's ne sont pas rangés dans les bacs avec la PLV racoleuse, la couche de stickers et la cellophane d'emballage. Non, les CD's ne font pas leurs putes. Ils sont nus et une batterie de six platines les attend à la sortie. Alors ils sont comment dire... prêts pour le décollage. Alors, n'écoutant que notre passion, on se laisse aller à piller la boutique, on prend plus de disques que permis (normalement, c'est pas plus de trois à la fois) et hop ! on court se mettre un casque sur les oreilles. Là, on est sur l'autoroute de la zik. Plus rien pour nous arrêter. Et c'est bien simple, moi quand j'y suis je ne vois pas le temps. Comme un nerd perdu dans son jeu, je suis dans un autre monde, une autre dimension. En plein dans ma passion.

Derrière la vitre, la mine ailleurs (perdue dans le flot des passants), on va au charbon. Oui, on ne chôme pas. On en bouffe des galettes. O'CD, c'est comme...un parc d'attraction du CD. Le casino du CD. Les disques sont nos jetons et, arrimé aux bornes d'écoute, on en gave la platine en quête de sensations fortes, en quête du jackpot, en quête du CD (au final, il y en aura sans doute plusieurs) qui fera tilt par rapport à nos goûts, et l'humeur du moment. On peut y venir les mains dans les poches, parce qu'on est entré là par hasard, qu'on avait rien de mieux à faire, limite par désoeuvrement, parce qu'on errait dans le coin comme une âme en peine. (D'ailleurs, pour les âmes en peine ou les passionnés qui n'auraient rien de mieux à faire un dimanche aprem, sachez que les O'CD ouvrent même le dimanche, de 15h à 19h et préfèrent donc, tout bien considéré, payer l'amende que de vous fermer la porte à vous et à votre bon coeur. Qui tient votre porte monnaie.) On entre et l'on va vers les disques comme on va vers un pote, pour cueillir le réconfort d'une écoute, voire le miroir d'une âme sœur. Qu'importe pourvu que ça console. Transporte. On peut y flâner sans besoin précis, se laisse guider par l'appétence des pochettes, mais c'est rare. Souvent, on y va en grand toxico du disque, on a plein d'idées en tête, on les a savamment notées sur une feuille (car la dernière fois qu'on était venu, on avait totalement oublié ce qu'on voulait à tout prix écouter) et on suit une liste de courses précise. On entre en transe, en surchauffe, en chaleur. C'est en pilotage automatique méthodique mais sournoisement frénétique qu'on pille les bacs, multipliant les arrêts aux bornes. (On en ressortira quelque peu vidé.) Et aux yeux des passants, on doit avoir l'air un peu con, eux qui nous voient faire le pied de grue, la mine ailleurs, affublés derrière notre vitre de casques aux formes délirantes.

Chez O'CD, on rattrape le temps perdu. On met enfin une musique sur la tonne de groupes dont la presse n'a pas arrêté de nous vanter les mérites. On écoute et d'un coup l'écoute déforeste tous leurs articles et toutes leurs phrases, aussi belles et justes soient elles. On se fait un avis, même éclair, sur la production discographique des derniers mois. On écoute même des CD's que, trop jeunes, on n'a pas découvert en leurs temps. Pour découvrir qu'en vérité, ils sont merdiques. Qu'en toute sincérité, on préfère le dernier groupe en The, le truc hyper mélodique qui va tourner en boucle sur notre platine, au truc certes novateur, mais emmerdant, qui peine à révéler son ramage. Heureusement, l'inverse est tout aussi vrai. Ici se trouve le purgatoire des CD's en attente de rachat. Ici se trouve tout ce que les iPod ont recraché après transfert de data. Le règne de la musique concrète, payante. De la musique qui a un poids et un prix (honnête le prix, 5, 7, 9, 11, voire 13 euros le CD, c'est honnête). Ça fait réac de dire ça. Mais ça fait du bien de fouiner comme ça dans ces bacs à CD's. D'y nager un peu, comme Picsou dans son or. Et de se sentir riche à l'idée de trouver le CD adoré. O'CD, c'est aussi le règne de la subjectivité en matière de musique. Je suis toujours un peu étonné de trouver des merveilles dans ces CD's jetés au rebut par des particuliers. A voir la gueule de certains, mais pour d'autres, cela reste un mystère. Que font là les albums de Peter Von Poehl (Going Where The Tea Trees Are) et Syd Matters (Someday We Will Foresee Obstacles) ? Quel malheureux a osé ne pas vouloir d'eux ? On avait imaginé la beauté de ces disques transcendant les esprits de chapelles et les puristes d'un genre (rap, funk, heavy, soul...). On se rend compte que non. Qu'il y a des limites, des barrières, bien concrètes. Tous les goûts sont dans la nature. Excepté celle de l'homme.

Quelque part, tant mieux. Car quel bonheur de trouver un album qu'on adore avec au dos, nu, la pastille jaune indiquant qu'il n'est qu'à 7 euros. L'impression de toucher le gros lot. Récemment, ils ont même crée une pastille orange, pour les CD's 5 euros. Pour une bouchée de pain, j'ai donc acheté "en vrai" des albums que j'avais "en gravé" et que j'aimais finalement trop pour ne pas les avoir avec la pochette et tout ; officialisant et renforçant ainsi la nature de ma relation avec eux ; ce qui fait un grand bien. J'ai fait de superbes acquisitions ici, troquant de purs chefs d'oeuvres contre d'affreuses daubes... qui ont sûrement plu à d'autres. Chez O'CD ma discothèque s'est refaite une beauté. Une santé. Moi de même. J'ai rêvé à O'CD, au point d'y écrire parfois, et de partir comblé, avec un article quasi-fini sous le bras, en plus de ma savoureuse collation de CD's empaquetée dans son enveloppe de papier kraft. Oui, j'en ai chroniqué quelques disques là-bas, prenant des notes sur place, comme un enfant sauvage, déraciné, les oreilles perdues dans le casque, la tête pleine d'idées et d'images, me documentant comme si j'étais à la BPI. Plage après plage. Car O'CD en fait, c'est un peu comme... une médiathèque en payant. En payant mais pas cher. O'CD, c'est un peu comme... une Fnac, mais honnête. Une Fnac qui en serait restée à la musique et qui pratiquerait une politique de prix sans foutage de gueule où tous les disques seraient continuellement en promo ou au prix vert ; ce qui est le prix normal que devrait coûter un CD. A titre d'information, apprend-t-on sur leur site, que chez O'CD "le prix moyen d'une album ne cesse de baisser, il est passé de 10,50 euros en 2002 à 8,50 euros aujourd'hui. Et à titre de comparaison, aujourd’hui, le prix moyen d’un album sur le marché français est de 15 euros…" O'CD, c'est comme une Fnac mais sans la foule anonyme et consumériste qui lessive et fout le cafard. O'CD tiens plus de la chapelle (polythéiste) que du temple de la consommation culturelle.

Alors ça pourrait sembler démodé, à l'heure du MP3 et du téléchargement gratuit, d'aller chez OCD. Mais non. Tout le charme de l'affaire lorsqu'on se rend dans la boutique, c'est qu'on ne sait pas ce qu'on va y trouver. On prend le temps de chiner, de fouiner, d'écouter avant d'acheter. Et du coup on ne repart pas forcément avec ce qui était initialement prévu. On tergiverse des plombes avant de savoir avec quels CD's (parmi la pile qu'on avait mis de côté) on va rentrer. On a donc un peu l'impression de les avoir gagner de haute lutte ces Cd's. Mériter. En même temps, on pourrait se faciliter la tâche, passer en revue leur immense stock en quelques clics de souris. Et "live" qui plus est. (Car ils ne sont pas tout à fait bêtes chez O'CD : révolution internet oblige, ils ont ouvert une boutique online). Oui, ce serait très pratique (excepté les frais d'envois à domicile, assez conséquent, à moins d'acheter 4 ou 5 CD's d'un coup), mais je veux dire, comment pourrait-on profiter online des bonbons et de la délicieuse odeur d'encens qu'offent les boutiques O'CD ? Comment ?


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Sylvain F. 11/05/2007 00:01

Je suis passé chez un OCD très récemment et j'y ai entrevu les deux albums de Syd Matters (que je te conseille) donc tu devrais pouvoir assez facilement les trouver toi aussi puisqu'apparemment il y a des gens qui rejettent étrangement ce genre de divins CD !

Winnie 10/05/2007 15:04

C'est moi ou je commente que les articles qui parlent pas directement de musique ???M'enfin j'ai pas de souvenirs transcendants d'OCD... si ce n'est d'y avoir acheté de vraies bouses musicales parce qu'elles étaient vraiment pas chers (je pense notamment à la BO d'un film tout moisi avec Michael J Fox dont j'ai lamentablement oublié le nom, un truc avec "success" dedans). Je n'y trouve JAMAIS les cds que je viens chercher, sûrement que je sais trop ce que je veux (j'ai une liste looongue de plusieurs kilomètres de cds à acquérir) ou que je veux acheter des cds trop prisés.M'enfin y'en a un à Bordeaux et je passe devant tous les jours ou presque... alors à l'occasion j'irais en priant pour que quelqu'un n'ait pas aimé Syd Matters quelques jours avant :D