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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 12:48

Still the one ?

 



Catapultés messies pop 2008 par un premier album de très gros calibre option retour de l'été 67, mais souvent décrits comme des bouses scéniques, à Rock en Seine MGMT était particulièrement attendu. Avec en sus l'épée Damoclès de dévoiler quelques titres de son nouveau testament attendu pour début 2010 : Congratulations ?

 

Ah, Oracular Spectacular. "Time to Pretend", "Weekend Wars", "The Youth", "Electric Feel", "Kids". Avec cet enchainement de 5 titres en tête de leur premier album, Andrew VanWyngarde (chanteur guitariste) et Ben Goldwasser (choriste claviériste) ont tout écrasé. Tout ça en se passant presque de l'aide de Dave Fridmann dira Andrew en interview (Fridmann c'est le producteur des Flaming Lips et de Mercury Rev et l'interview c'est moi !). 5 titres. 5 tubes. Tellement qu'à part "Pieces of What" et, à la limite, "Of Moons, Birds & Monsters", la deuxième partie du disque, gaulée comme un dahu, tomba un peu aux oubliettes ! Presque personne ne relèvera ce défaut, mais comment aurait-on pu ? Cueilli par ce 5 hit combo, on se félicitait plutôt de tenir le mouton à 5 pattes.


Perso je me rappelle que sur la foi de la vidéo de "Time To Pretend" et de 4 morceaux en ligne sur Myspace j'avais littéralement craqué, distinguant des accents du Bowie d'Hunky Dory de ci, des échos au Bright Eyes de Digital Ash In A Digital Urn de là, concluant en grande pompe en qualifiant cet Oracular d'Ok Computer de la positive attitude. Oui, parce que si Radiohead avait été le groupe de la peur d'un XXe et d'un Occident tirant tous deux sur leurs fins ("Rain down / Rain down / Come on rain down / On me" pleurait-il sur "Paranoïd Androïd"), MGMT était le groupe de l'après ("The youth is starting to change / Are you starting to change ? / Are you ? / Together together together together" chante-t-il sur "The Youth"), celui qui validait le passage au XXIe en ayant conscience de traverser des cerceaux de feu mais avec l'audace et l'hédonisme lucide de sa jeunesse 2.0 pour dire qu'on allait en triompher comme le surfeur de la vague

 

Le 8 juillet 2008, à l'occasion de leur ouverture pour les King of Leon au Zénith de Paris je fus donc déçu de voir que MGMT n'avait pas de présence sur scène. Un vrai groupe de rock qui compte se doit d'en avoir une pour amener le changement. Il doit inspirer ce sentiment d'être une bande en mission, être un corps s'opposant, condensant nos espoirs les plus fous. Seule, comment la musique le pourrait-elle, si elle reste une affaire de studio, de bon son gravé sur CD-R ? Je ne dirai pas non plus que Ben et Andrew sont des pantins pop, ce soir-là peut-être étaient ils juste mal lunés, mais bon en même temps ce n'est pas comme si on n'était pas habitué. Je veux dire : les groupes qui débandent live on connaît. Comme on sait ce que c'est que se faire jeter après un bon disque alors qu'on était high high, le coeur belligérant d'y croire.


En regard de la compléxité du monde, aujourd'hui plus qu'hier le problème c'est : que faire une fois qu'industrie et public vous ont permis de faire entendre le chant de votre jeunesse flippée de faire pleinement face au monde, qu'ils l'ont même célébré d'être plus beau que d'autres, de mieux l'embrasser ? Je sais c'est un peu bizarre et facile de rester là en retrait à critiquer et réfléchir ces questions. Peut-être à me lire aura-t-on envie de me dire "Vas au front et on verra ce que tu fais !" ou juste "Tais-toi ! Vieux pédant". Mais attention car je pourrais vous donner raison sur un point, dire que "Oui, je n'ai pas le truc dans le bide", mais surtout ça "Facile ne veut pas dire futile !" Beaucoup de "vérités" sont simples, ce qui garantit leur grandeur (en effet quoi de plus dur qu'atteindre l'épure ?) et le rôle du critique, quand il n'use pas de mauvaise foi, est alors de les remettre en lumière. (J'attends le jet de pierres pour ce trip moral à la Paulo Coelho !) Mais je ne peux me taire.


Que faire quand le monde vous a reconnu artiste ? Comment se remettre hors de lui ? Rock et notion de groupe ont-ils encore une durée ? Toutes ces questions me travaillent. J'aimerais croire qu'un groupe puisse encore résister. Etre the one.


 

(Suite.)

 

Photo de MGMT par Rod du Hiboo.


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Published by SYLVAIN FESSON - dans DISCussion
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commentaires

callivero 03/12/2009 17:27


Of course je te pardonne, faut bien vivre !


SYLVAIN FESSON 04/12/2009 10:02


Je respire ! (ouf)


callivero 03/12/2009 03:43


Parce que t'as même pas répondu à mon dernier mail ! Mais je crois fort à l'adage : "pas de nouvelles, bonnes nouvelles" !


SYLVAIN FESSON 03/12/2009 10:41


Oh oui j'ai vite compris que c'était ça en fait à quoi tu faisais allusion !
Je suis impardonnable mais disons que ces derniers temps j'ai eu peu de temps libre et des problèmes d'ordi et d'internet.
J'espère que tu vas bien.
Je te réponds plus longuement ailleurs très bientôt !
Biz Véro


callivero 01/12/2009 20:41


Je suis pas encore morte...:)


SYLVAIN FESSON 03/12/2009 00:14


Hey, pourquoi ce message ?


callivero 09/09/2009 16:38

J'écoute toujours leur disque moi aussi, j'ai tout de suite aimé quand je les ai découvert sur myspace, maintenant, pour qu'ils restent au top, ben, y a pas de secret : du boulot, du boulot, du boulot, et ensuite...Je sais pas si ça dépend que d'eux ! Même les meilleurs peuvent rester dans l'ombre très longtemps, n'est-ce pas ?
Bon, en ce moment, je suis dans le trip : piers faccini  et mum ...et je suis pas du tout d'accord avec la critique d'ailleurs, faut croire que j'aime la guimauve !

SYLVAIN FESSON 08/10/2009 23:45


Doucement sur la guimauve hein, ça en a tué plus d'un !


Sam 08/09/2009 15:01

En 2008 aux Eurocks c'était aussi la débandade, des solos mous, interminables, un psychédélisme fade, fané, et une leçon de danse qui faisait se retourner Morisson dans sa tombe...Le côté vert de la jeunesse, la magie en moins. 

SYLVAIN FESSON 08/09/2009 23:49


Je pense que les mecs étaient vanés, non ?
Et puis ils apprennent quoi.
Je vais dire un truc con mais sans doute que sur une scène Rimbaud aussi aurait eu l'air très con !