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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 16:56
Une croix
sur PJ ?




PJ, aucun de nous n'a été sidéré par son dernier album, A Woman A Man Walked By. D'ailleurs aucun de nous n'avait déjà été sidéré par le précédent. White Chalk, on avait peiné pour rentrer dedans. Trop de piano frigide, trop de voix aiguë aux frontières du faux, trop froid, autiste, et coupant une lame de rasoir. Au-delà de l'audacieux geste de réinvention, ce côté "hara kiri, je retourne à l'anorexie", on avait fini par accéder à la beauté intérieure du disque, mais on l'écoutait peu, voire pas. White Chalk : un souvenir sur l'étagère de nos souvenirs, avec cette drôle de PJ en couve, fantomatique, médiévale, théâtrale (Isabelle Huppert) et otage (Ingrid Betancourt). Là-dessus, le 30 mars dernier, est donc sorti A Woman A Man Walked By, son deuxième album composé avec John Parish (Dance Hall at Louse Point, le premier, date de 96). Elle y opère un retour aux grattes, mais contrarié (pas mal de banjo et de piano). Les morceaux ont des climats travaillés, peu pop, tour à tour oniriques, bancals, apaisés, stridents. Ce n'est pas l'extase, mais PJ y redonne un peu de la voix, y reparle un peu au corps. C'était donc déjà ça. Et en un sens on l'a échappé belle : dans cet ancrage americana lynchien (cliché), elle aurait pu opter pour le ukulélé !

Comme Ursula me l'avait dit, ce disque sonne comme un honnête best of de ses différentes périodes, ce qui n'est jamais de bonne augure (sonner comme un côté best of). A l'époque d'Hail To The Thief de Radiohead je me souviens que je m'arrachais les cheveux à chaque fois que je tombais sur un article utilisant cette expression. Mais oui, A Woman A Man Walked By de Parish et Harvey ressemble à ça, une somme hybride de toutes les facettes de PJ. "Black Hearted Love", son rideau d'ouverture, y est un grand grand moment. Depuis que je l'ai découvert ce morceau me trotte en tête, me pousse à le chanter, suivre son rythme. Qu'elle puisse encore, après tant d'années, pondre une telle rock song, lancinante, sexy, parfaite, ça me sidère. Bref, ce n'est pas pour A Woman que nous sommes là, mais The woman - PJ - comptant sur elle pour qu'elle agrémente son set de morceaux phares de sa discographie. 21h : brune oriflamme, profil Excalibur, rouge cylindré aux lèvres (allez savoir pourquoi, j'ai toujours vu ses lèvres comme l'expression naturelle, organique, des courbes d'une Testarossa), là voilà. Toute menue, cheveux lâchés, pieds nus, elle porte juste une petite robe noire, pas de guitare, et s'avance sur le micro. Belle des champs. Dark. Pendu à ses lèvres, j'oublie tout et les amplis se mettent à cracher l'intro désirée : un "Black Hearted Love" ciselé, saignant à souhait. D'entendre ça live, d'entendre sa voix, j'en ai le souffle coupé. Après ? Je n'ai plus rien ressenti.



Pendant une heure (allez, 1 heure 10 avec le rappel) PJ et ses gars ont déroulé des extraits d'A Woman A Man Walked By et de Dance Hall at Louse Point dans le shuffle le plus total. Le son, sa voix, les lights, tout était au poil. C'était genre "Tu la sens ma maturité ?". "Oui, mais qu'est-ce qu'on se fait chier !" Ce que j'ai vu, zappant sans cesse entre ses différentes incarnations (vies antérieures), c'est une PJ courant comme un canard sans tête. Une PJ nulle part à force d'être partout, actrice d'un univers qui n'épouse plus ses tripes. Une PJ tellement maître de son art qu'elle aurait pu s'en passer. Alors, mi Brigitte fon-fon mi Chantal go-go, elle pouvait bien danser, se mettre à hurler après avoir annoncé, pour finir, le morceau "Pig Will Not" (merde, comme si un tel morceau s'annonçait, genre : "Maintenant je vais vous interpréter la colère !"), tout ça ne faisait que surligner cette triviale évidence : PJ simulait. De la voir comme ça, sincèrement, j'avais envie de la baffer. Je me disais "Merde, PJ prends une gratte !" Car ce n'était pas possible qu'elle prenne du plaisir à ça. (Je me refusais à le croire.) PJ a besoin d'une gratte pour prendre son pied, être PJ. Alors à quoi bon ce concert ?

 

(Suite et fin.)


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Published by SYLVAIN FESSON - dans DISCussion
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commentaires

Fancies 02/06/2009 13:25

Le virage musical a été annoncé de longue date et à plusieurs reprises par PJH .Pourqui s'étonne t on de la teneur des 2 derniers albums ? Virage motivé par sa lassitude après sa tournée interminable de Uh Uh Her ... qui d'ailleurs a été d'une qualité très inégale . çà respirait l'ennui et le travail à la chaîne .çà comblait peut être les nostalgiques ??Sa volonté d'aller vers des contrées inexplorées est à saluer .Même si le résultat ne peut satisfaire la totalité les fans de la 1ère heure . Sa prise de risque est à saluer même si la reformation du duo avec Parish n'est pas une réussite ...Dance at Louse Point avait déjà marqué une rupture et sa revisite lors la tournée n'a pas toujours été du meilleur goût .Qu'elle reprenne donc sa craie blanche et sa guitare ... sans pour autant ressasser les Dry et Dress d'une autre époque !

SYLVAIN FESSON 04/06/2009 10:59


Rien à ajouter ;-)


Le+CPE 28/05/2009 16:53

La fin d'un mythe ?

arbobo 28/05/2009 12:01

"D'ailleurs aucun de nous n'avait déjà été sidéré par le précédent. White Chalk"pardon mais je tiens White chalk pour son plus beau disque, et je ne suis pas le seul à avoir été subjugué par ce disque :-)en même temps, vu que le "nous" de majesté est un synonyme de "je", le "aucun de nous" devient un pléonasme ;-)

SYLVAIN FESSON 29/05/2009 00:43


Ne te méprends pas
1) comme je le dis je trouve que White Chqlk q une vraie beauté bien a lui, bizarre, difficile, épatante dans son genre, admirable, c'est juste que je désire peu sa compagnie
2) ne me prends pas pour plus filou que je ne le suis déja : ce "nous" n'était pas de "majesté", il désignait juste moi et les amis avec qui j'étais allé au concert ;-)


Alex 28/05/2009 10:47

Putain, suis sur le cul. Si PJ fait dans le rock chiant mâture maintenant, où va t'on ?J'ai déjà perdu Liz Phair (quelqu'un a des news de la demoiselle ?), je dois faire une croix sur PJ alors ? J'ai mal.

SYLVAIN FESSON 29/05/2009 00:39


C'est juste la suite logique des choses "malheureusement" pour nous auditeurs enamourés hé hé.
Pas de news de Liz Phair, elle est morte depuis un bail, non ?

Au fait merci pour m'avoir souffle sans le savoir le titre que cet article appelait en me parlant de "(faire) une croix sur PJ" !


Disso 27/05/2009 17:48

C'est triste, on dirait une histoire d'amour qui finit mal. L'histoire avait commencé avec Dry pour moi puis la cristallisation se fit autour de Rid of me et l'extase fusionnelle avec To bring you my love. Et depuis : fini, je ne l'ai plus jamais suivie. Trop d'amour tue l'amour et les années suivantes sont forcément décevantes. Il en va des grandes amours musicales comme des sentimentales, il faudrait toujours les quitter à leur apogée afin d'éviter d'assister à cette lente érosion de la passion qui suit.

SYLVAIN FESSON 29/05/2009 00:37


T'as meme pas écouté "Stories" ?
Une vraie puriste Disso !
Ouais la lente érosio du truc... bah encore faudrait-il pas etre curieux, pas espérer... dur...