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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 12:11
After Blow job

 

 


"Ghinzu ça doit rester classe"


"Deuxième étape du plan :

 sortir aux Etats-Unis"



Ghinzu a de vraies racines rock. On le sent dans votre musique comme à l'évocation de ces petits détails et anecdotes sur Elvis, les perruques afro, Las Vegas Parano. Mais chez vous on dirait qu'il y a aussi tout un délire science-fiction. De qui vient-il ?
Oui, il y a de ça. Ça vient de John et moi. On est assez branché science-fiction même si on n'a pas les mêmes goûts en la matière. Lui est plus Star Wars et manga alors que moi je suis plus la vraie SF anglo-saxonne. J'aime par exemple Philippe K. Dick et Dan Simmons. Et John Brunner ! Il faut lire Tous à Zanzibar de John Brunner, l'histoire a un prisme hallucinant et elle se passe en 2009 !


Chez vous cet ancrage musical assez "rock SF" est renforcé par un univers visuel fort et bien développé. Qui gère l'image du groupe ?
C'est plutôt John, avec notre ami Ben qui est là.


Bonjour Ben. Tu gères donc de l'image du groupe...
Ben : Oui, je m'occupe de leur com online, de leurs pochettes de disques, des affiches...


Parlons-en. En ce moment dans le métro parisien circule une affiche du groupe pour la promo de Mirror Mirror et de leur prochain concert. On y voit John micro en main avec des rayons lasers lui sortant des yeux. Ghinzu c'est un groupe de X men ?!
Ben : Elle a un côté cinématographique qu'on retrouve aussi dans les light show technoïde futuristes que le groupe utilise sur scène. Mais même là les mecs restent en costards noirs. Ghinzu ça doit rester classe.


Qui a pris la photo ?
Ben : C'est Laurent Seroussi, un mec qui a bossé pour des artistes comme Bashung, Zazie, No One Is Innocent. Pour les affiches et les photos du disque, il est parti sur l'idée du local de répétition avec tout le matos. C'est là qu'il a tout shooté.
Mika : Pour la pochette de Mirror Mirror j'ai d'ailleurs entendu dire qu'on avait plagié la pochette d'un disque du groupe Battles, mais ce n'est pas le cas parce qu'on ne connaissait pas leur disque. Et sur cette photo on montre notre vrai local et c'est le bordel.


C'est le bordel mais il y a tout de même un côté bling bling SF à exposer toute la technologie que vous possédez ! Une idée de puissance et de richesse s'y exprime...
Mika : Pourtant on voulait au contraire montrer qu'il n'y a rien de glam là-dedans. On voulait montrer le côté brut...
Ben : Cette photo c'est juste un bureau éclairé aux néons. Il n'y a pas de mise en scène.
Mika : On a juste mis 2-3 morceaux de miroirs cassés par terre.

 


Ok. Venons-en alors à Mirror Mirror. On ne peut pas en parler sans revenir un peu sur Blow. Ce disque a eu un succès retentissant pour le groupe mineur que vous étiez à l'époque. Un succès amplement mérité vu le niveau du disque. Ce succès a-t-il dépassé vos espérances ?
Mika : Un peu, oui. On avait enregistré le premier album pour nous, sans savoir s'il sortirait un jour, et c'est un peu dans cet état d'esprit qu'on a fait Blow. On avait juste un peu plus d'attentes dans la mesure où entre temps on s'était plus fait connaître en Belgique et même en France en donnant 2-3 concerts sur Paris. On avait quelques fans. On s'est donc dit qu'on allait essayer d'être plus soigneux sur ce deuxième album, qu'il fallait qu'on progresse. Et voilà. Je ne sais pas vraiment ce qu'il en est pour les autres, mais effectivement Blow a dépassé mes attentes.


Le single "Do You read Me ?" est beaucoup passé en radio et en clip sur les chaînes musicales. "21st Century Crooners" a illustré une pub pour le TGV et je crois même que d'autres morceaux ont été utilisés au cinéma.
Mika : Oui, "Dragster Wave" a servi la BO de Taken, "Cockpit Inferno" celle des Chevaliers du ciel, "Til You Faint" celle de Dikkenek et "Blow" celle d'un film flamand underground très gore qui s'appelle Ex Drummer. On a même signé une BO complètement originale pour Irina Palm, un film avec Marianne Faithfull.


Avec tout ça combien d'exemplaires de Blow vendus ?
Mika : Environ 100 000, tout pays confondus.


Vous avez touché les Etats-Unis ?
Mika : Non, pas trop. Remarque la dernière fois je suis tombé sur un site qui commentait les Oscars. Le gars qui animait la soirée s'amusait à donner ses pronostics avant de décacheter les enveloppes et au moment d'élire la meilleure chanson de film, je ne sais plus qui a gagné, mais il a dit : "Je suis sûr qu'avant la fin de l'émission je vous trouve 5 chansons qui auraient largement mérité cet Oscar". Et il a cité "Dragster Wave", "by a vocalist named Ghinzu".
Ben : Je peux me permettre d'intervenir à nouveau pour te donner quelques infos ?


Bien sûr !
Ben : En fait, on a quand même pas mal de retour des Etats-Unis grâce au placement de "Dragster Wave" sur le générique de fin de Taken car s'il a peu marché en France et en Europe il a été un des plus gros succès de film français aux Etats-Unis. D'un coup on a donc vu plein d'américains nous demander qui était le groupe qui faisait la musique du générique de fin de Taken et qui voulaient se procurer Blow sur le net.


Pour la sortie de Mirror Mirror des démarches sont-elles en cours pour que le disque sorte aux Etats-Unis ?
Je ne peux te répondre que partiellement là-dessus mais ce qui se passe c'est qu'il y a un plan de diffusion pour Mirror Mirror. La première étape du plan consiste à la sortir au Benelux, en France et dans quelques pays d'Europe. Cette première étape comprend la diffusion digitale du disque, qui pour l'instant est un peu plus large que sa diffusion physique puisqu'on touche une vingtaine de pays via iTunes. Et si cette première étape prend l'ampleur voulue, c'est sûr que la deuxième étape du plan sera de le sortir aux Etats-Unis.


Je trouve que la musique de Ghinzu a l'envergure pour mériter une sortie là-bas. Qu'en penses-tu Mika ?
C'est difficile de à dire quand tu es à l'intérieur du truc, surtout quand tu prends autant de temps pour faire un album. Nous quand on sort de studio on ne sait plus si ce qu'on a fait est bien ou pas. On a passé 2 ans sur Mirror Mirror, étalé sur différentes périodes, entre compo dans un chalet en Ardennes et retours au local de répète, retravaillant sans cesse les morceaux.


Composer Mirror Mirror fut-il laborieux ? Surtout au regard de la pression de devoir faire aussi bien que Blow ?
Non, on ne s'était pas fixé d'objectif précis donc ça n'a pas été laborieux pour ça, ça l'a juste été parce qu'on galère toujours pour pouvoir atteindre le résultat qui nous plait. On a tous des caractères très marqués et des goûts différents. Ça prend du temps à gérer... Mirror Mirror, on aurait très bien pu décider d'être encore en train de travailler dessus.


Vous êtes une bande de perfectionnistes ?
Oui, même si on n'est pas spécialement de bons musiciens. Il n'y a que notre dernière recrue, Jean, le chanteur de Montevideo, un groupe qu'on a produit et un peu aidé, qui sache lire une partition. Donc voilà on n'est pas des techniciens de la musique. Par exemple, on ne sait pas te faire un solo à la Santana alors que dans tous les cafés concerts de blues du monde tu as plein de gars qui savent te faire ça. Nous on ne saura jamais et on n'en aucune envie.


Mirror Mirror a donc été conçu sans concept préalable ?
Oui, on est parti sur des idées qui nous plaisaient sans chercher de cohérence entre les morceaux. On a fait des morceaux très doux et d'autres très violents. On est même un peu revenu aux improvisations qu'on faisait sur notre premier album, avec des morceaux nés de jams. Notre processus de création est bordélique. La cohérence vient à la fin, dans la manière dont on arrange les morceaux, dans le choix du tracklisting. Pour nous dans un album les morceaux doivent s'enchaîner avec une certaine logique.


Blow a en effet clairement montré que votre truc était de proposer des albums traversé par une vraie logique dramaturgique. Un voyage embrassant chaque titre et rendant caduque le concept de chanson. A mon humble avis Mirror Mirror ne porte pas ce principe au point d'incandescence de son prédécesseur, mais il le reprend. Avec Mirror Mirror ne craigniez-vous pas de tenir une sorte de Blow back ?
Non, parce qu'on n'a plus vraiment composé des morceaux dans le genre de ceux qu'il y a sur Blow. En plus depuis Blow la formation a changé. Kris Dane, guitariste-claviériste, et Fabrice, batteur, sont partis. Rien que pour ça on ne pouvait pas faire de Blow back.

 

(Suite.)


Photo de concert par Robert Gil

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Published by SYLVAIN FESSON - dans DISCussion
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commentaires

Vernon 03/05/2009 21:45


Un Sylvain en grande forme ! Good ITW. Pas le cas de Ghinzu, qui semble ramer sur toutes ses dates : ça marche pas sur scène et c'est TRES TRES frustrant. Je crois, entre autre, que le changement de line up y est aussi pour quelque chose.
Mais cette ITW aura eu le mérite de confirmer que ce bassiste était un gars bien (putain, d'entrée, un mec qui connait Thompson et qui l'a lu)
Sinon quel dommage que tu n'aies pas pu asticoter le Stargasm, ça m'aurait sûrement plu comme fritage et ça nous aurait changé du papier des inrocks
Bravo mec !

SYLVAIN FESSON 10/05/2009 11:02


Oui, j'y avais pas pensé : cela est peut-être dû au changement de line up qui prend moyennement. Si j'arrive à interviewer le chanteur prochainement je lui poserai la question. Et aussi celle-ci :
Ghinzu est-il un vrai groupe ? Parce qu'il paraît que non...


Sfar/Gaël 03/05/2009 21:44


Le concert du 1er avril à la Laiterie de Strasbourg ne fut guère convaincant. Ghinzu que je découvrais sur scène ce soir-là me faisant surtout l'effet d'un pétard mouillé.
Interprétations approximatives, public que l'on ennuie beaucoup de difficultés à décoller avec pourtant des nouveaux titres qui sur album tiennent bien la route Décevant oral de rattrapage en juillet à la Garden Nef Party Sfar/Gaël

SYLVAIN FESSON 10/05/2009 11:00


C'est dingue, tout le monde a l'air déçu par les dernièrese prestations live de Ghinzu, ambiance de fin de "règne". Ils donnent je crois un concert privé bientôt sur Paris. J'essaierai d'en être
pour voir si cela se confirme ou pas. Et surtout pour tenter de choper John Stargasm en interview.


sy! 30/04/2009 14:38

j'étais je l'avoue, un peu passé à coté du 1er album, par contre j'ai vraiment bien aimé le morceau pour Irina Palm qui contribuait à l'ambiance et à la bonne tenue du film...

SYLVAIN FESSON 30/04/2009 21:25


Ah je ne connais pas le morceau pour Irina Palm. Si tu as moyen de me permettre d'écouter ça...