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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 01:54

"Et quand fondra la neige où ira le blanc"
Rémy Zaugg





Ça se passe de commentaire, mais c'est tellement beau qu'on ne s'y résout pas, à se taire. On se laisse aller, carpe diem, tout schuss, au penchant d'en dire plus.
Cette citation, aussi belle qu'elle puisse être, est l'accroche on ne peut plus déliquescente, toute en esquive, effacement, du magazine Clara.




Comme vous en conviendrez, cela tape autrement plus que le slogan actuel de mon site, qui est d'ailleurs sur un siège éjectable. Pas le site, le slogan bien sûr. Ce slogan actuel, il ne me plaît pas et il ne plait pas à certains de vous qui me faites l'honneur de surfer sur Parl Hot. Il connote tout un univers télévisuel que je ne souhaite guère. Nous y reviendrons.


Pour l'instant, je suis tout à goûter ce slogan mystérieusement "hors piste" dont nous gratifie le tout aussi mystérieux magazine Clara, avec sa blanche couverture aux airs de Saint Suaire, et son contenu idoine : beaucoup de texte et pas une image.





Derrière la féminité fatale et tranchante de son titre (on pense à Nadja du poète André Breton, livre au combien propice au songe), la revue fait un hommage à Richard Serra, célèbre sculpteur américain du XXe siècle et à son œuvre "Clara-Clara". Initialement prévue en 1983 pour la perspective des Tuileries celle-ci a disparu. Représentative des jeux d'équilibres et des perspectives entre de longues plaques d'acier, elle illustre parfaitement le travail de l'artiste, qui disait joliment (on pense à Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être) que le poids était pour lui une valeur "non qu'il soit plus contraignant que la légèreté, mais j'en sais davantage sur le poids que sur la légèreté."


Et Rémy Zaugg, l'auteur de la citation faite slogan, qui est-il me direz-vous, avec son étrange nom qui double le "g" comme un subtil bégaiement ? (On pense à zigzag. On skie, déjà.) Pour en savoir plus sur ce peintre, essayiste et romancier qui avait une conception ultra sensorielle de l'art, je vous invite à cliquer sur le lien web ci-dessus où vous trouverez un article de Libération dressant son portrait. Et pour vous appâter, pourquoi pas, je n'en citerai qu'un passage, éloquent (Rémy Zaugg est ado devant "la grande toile verticale bleu outremer Day before One, de Barnett Newman, au musée des beaux arts de Bâle) : "Ce qui me choqua fut le fait que le tableau n'était pas destiné aux yeux, mais était un lieu que le corps devait habiter. Mon genou, mon pied, mon dos, n'étaient pas encore sensibilisés à dialoguer avec un tableau".


Clara et son slogan font bon ménage. A eux deux ils disent tout et plus de cette revue pointue qui saute des arts plastiques au cinéma. Car Clara est précisément éphémère. Elle ne comptera que deux numéros. Presque un rêve, une éternité, en somme, que ces deux numéros d'une revue laboratoire expérimentant de nouvelles formes.

source : magazine Magazine

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Published by Sylvain Fesson - dans divers
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