Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Presentation

  • : PARLHOT
  • PARLHOT
  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
  • Contact

INTERVIEWS

Rechercher

2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 02:11
Mon cœur
(de groupie)
mis à nu




C'est étrange comme on peut se réveiller un jour avec l'envie de tout plaquer, son foutu job de pigiste rock par exemple, et se coucher le soir même avec la foi retrouvée, ou presque, parce qu'une musique, un ami ou une femme nous a redonné envie d'y croire.


Le 25 février, La Féline jouait au Truskel. Je ne mourrais pas d'envie d'y aller. La dernière fois que je les avais vu c'était tellement parfait, comme je vous le disais ici, pourquoi émousser ce souvenir ? J'étais plus sorti pour sortir. Et puis quelque chose s'est passé. Alors on va encore croire que je dis tout ça parce que je veux me faire la nana du groupe ou que ce sont des amis. Effectivement on se connaît, mais c'est loin de me rendre musicalement plus tendre envers eux !


Non, la vérité c'est que tout ça s'est fait malgré moi. J'étais là face à ces chansons, cet univers nourri de Neil Young, Ennio Morricone, François de Roubaix, John Carpenter, Kate Bush, Arthur Russel, Neu!, La Düsseldorf et des premiers Polnareff. La salle était pleine et sans consciemment le vouloir, je me suis vite retrouvé tout devant à prendre cette musique plein pot comme si j'avais fini par développer des récepteurs spécifiques à "La Passeggiata", "Mystery Train", "Superman", "La nuit du rat", "Naïve", "Three Graces", "Freaking Out", "John McCabe" et leur reprise d' "Into The Night" de Julee Cruise...


A un moment il y a eu des problèmes de son, une fois, deux fois, puis trois. Agnès continuait de sourire, de se battre, tenir le truc, et ça semblait dur face à l'absurdité de tenir quand tout s'écroule, que la fluidité du show est par terre et qu'on se sent nu, déserté de magie. J'ai vu ses yeux se voiler en plein morceau. Mais la magie a rejailli de plus belle. Car elle ne s'est pas débinée. Elle a montré que la musique était vraiment sa passion, pour ne pas dire un besoin vital. Et dans ce climat d'adversité, j'ai vu ses morceaux redoubler d'intensité, prendre un ascendant dingue sur moi. Et l'article s'est mis à prendre forme en moi, comme une déclaration d'amour.


Et comme j'étais là devant son aura sensuelle et catéchiste, sa beauté mi vamp mi veuve, par pudeur, je détournais parfois le regard, de peur qu'elle le voie s'écrire. Alors a reflué en moi la définition du Beau de Baudelaire issue de Mon cœur mis à nu, du Beau comme "quelque chose d'un peu vague, laissant carrière à la conjecture", pour qui le beau visage de femme est celui qui fait rêver "d'une manière confuse" en dégageant "une ardeur et un désir de vivre" mêlés "à une amertume refluante, venant de privation ou de désespérance."


Qu'ajouter ? Qu'avec son instrumentation pysché-kraut et sa narration de dark fable "La nuit du rat" est tellement énorme qu'on la croirait sortie du Third de Portishead ? Qu'ils viennent d'accueillir un quatrième membre, féminin, à la guitare "surf miaou" ? Que leur nom est tiré d'un film de Jacques Tourneur sur l'histoire d'une new-yorkaise hantée par la peur d'être la descendante d'une race de femmes monstres qui se transforment en panthères dès qu'elles perdent leur virginité ? Qu'ils sont actuellement suivis par le coach scénique Philippe Albaret ? Qu'un papier sur eux paraîtra en mars dans le Hors Série Musique de Technikart ? Que depuis le 19 février leur deuxième EP est disponible en téléchargement payant sur Pop Only Knows ? Oui, je pourrais, mais j'ai surtout envie de dire que tant qu'il y aura La Féline j'aurais toujours un ami, une musique ou une femme pour me redonner l'envie d'y croire, et que ça, c'est inestimable.

 


Partager cet article

Repost 0
Published by SYLVAIN FESSON - dans DISCussion
commenter cet article

commentaires

Callivero 23/07/2009 23:10

D'accord avec l'idée d'élégance...Sinon, est-ce que tu connais fabiennedelsol ?

SYLVAIN FESSON 26/07/2009 17:45


Non, je ne connais pas. J'irai écouté ! Merci du conseil.


Callivero 22/07/2009 11:57

Tu s'rais pas un tantinet amoureux ? A moins que sournoisement tu n'essaies de nous refiler un article qui date de mars dernier que personne n'avait jamais lu ? Bon, moi aussi, une fois, je suis tombée, après maintes recherches desespérées de bons morceaux, sur la Féline, je l'avoue, mais j'avoue aussi que ce côté far-west leur donne un petit air vieillot ...qui me gêne un peu.

SYLVAIN FESSON 22/07/2009 16:47


Ah, mais oui que je suis amoureux de La Féline, je ne m'en cache pas hein !
Mais bon La Féline est une entité...
Non, l'article a vraiment été fini hier mais il parle en effet d'un truc vécu en mars dernier.
Intéressant que tu trouves que leur côté far-west / western leur donne un petit air vieillot...
Je dirai plutôt surannée... parce qu'il y a l'idée d'élégance là-dedans ;-)


Julie 02/03/2009 16:24

Hé ben.. c'est beau !

SYLVAIN FESSON 02/03/2009 17:37


Fais gaffe pour le 14 mars. Tu sais maintenant le genre de traitement qui t'attend si tu oses m'inspirer !