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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 15:04
Jane d'un seul ?




"Type ? Je n'ai jamais suivi de parcours type !"

"J'aime la nudité d'un rythme et d'une voix"



Vous avez fait le Conservatoire. Votre démarche d'actrice est-elle plus académique et réfléchie que votre démarche de musicienne ?
Oui, je veux vraiment être très libre en musique. C'est pour ça que je m'y sens tellement bien, parce que je fais exactement ce que j'ai envie.


Au départ vous avez pourtant suivi le parcours type de quelqu'un voulant devenir actrice.
Parcours type ? Je n'ai jamais suivi de parcours type. J'avais juste envie de jouer la comédie. J'ai fait le Conservatoire parce que... d'une j'ai eu le concours et puis parce que... quand vos parents vous disent : "Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?" et que vous leurs dites que vous voulez jouer la comédie, ils vous disent alors que vous avez tout intérêt à faire une école, ce qui est normal venant de parents. J'ai donc fait le Conservatoire. J'y ai certainement appris des choses, mais il y en a d'autres que j'ai oubliées et c'est très bien comme ça.


Mais à l'époque, jouer la comédie vous attirait plus que la faire de la musique ?
Je n'y pensais même pas à la musique. La musique a toujours fait partie de ma vie, j'en ai écouté énormément, j'en ai toujours écouté...


Sans passer à l'acte pour autant ?
C'était un fantasme lointain. A l'adolescence, j'avais envie d'être regardée, j'avais vraiment plus envie de jouer la comédie.


C'était pour être dans un jeu de séduction ?
(Soupir.) Je n'ai jamais joué là-dessus. Je voulais juste qu'on m'embarque dans une histoire. C'est quelque chose de très agréable quand quelqu'un vous embarque dans une histoire.


C'est l'envie d'être enlevée, comme une princesse peut être enlevée ?
Oui, voilà. C'est sûr que la musique telle que je la fais moi - qui écris et qui compose - demande beaucoup de soi, beaucoup plus que de jouer la comédie, que d'arriver sur un plateau et de dire : "C'est quoi aujourd'hui ? Ok, j'ai appris mon texte, on y va". Même si après on peut y mettre du cœur.


Il y a plus de travail personnel dans la musique qu'au cinéma.
Oui et tant mieux, c'est un grand bonheur ! C'est à ce prix-là que ça me plait. Je m'amuse en faisant ce que je fais.


Alors pourquoi vous y être mise si tard ?
Parce que le métier d'actrice c'est aussi un truc où vous devez attendre qu'on vous appelle. Et moi je crois que c'est un truc qui ne va pas avec ma nature. Attendre auprès du téléphone, il y en a qui arrivent à le faire mais moi j'en suis incapable, ça me frustre trop. A un moment, j'en ai eu marre d'attendre et comme j'écrivais, comme j'ai toujours écrit (j'ai toujours eu des petits calepins qui m'accompagnaient dans ma vie, des carnets où j'écrivais plein de choses, mon journal intime, des nouvelles, des listes, n'importe quoi), je me suis dit : "Ca suffit, quoi ! On ne peut pas passer sa vie à attendre. Attendre on ne sait pas quoi d'ailleurs."


Il y a eu un autre déclic à part ce ras-le-bol d'attendre ?
(Silence.) Non. Enfin si ! Il y a quand même mon homme qui m'a dit : "Vas-y, quoi. Vas-y, qu'est-ce que tu attends ? C'est évident qu'il faut que tu y ailles." Donc lui m'a dit ces mots-là : "C'est évident."


L'homme en question, c'est Alain Bashung ?
Oui. C'est lui qui m'a dit, juste par des mots simples, des mots d'amour : "Mais bien sûr que tu es capable et que c'est évident qu'il faut que tu fasses ça." Ça a été le déclic ! Et en fait, tous les textes étaient déjà là. Je me suis donc mise à faire mes maquettes. Tout est venu comme ça.


Vous avez eu besoin d'un regard extérieur pour croire en vous, un regard catalyseur ?
Oui, mais ça aurait très bien pu ne pas être le sien... Vous savez, quelque fois quelqu'un vous dit une phrase et ça fait tilt ! Et ça peut être l'épicier d'en bas. Quelque chose se passe et vous montre que bien sûr c'est faisable. Et c'est vrai que c'est génial. Je suis très heureuse de chanter. Ensuite il y a eu Le cantique des cantiques. Vous connaissez ?


Oui. Quelque part, c'est votre premier album, non ?
Ah non, pas du tout. Moi, j'avais déjà fait mes maquettes. D'ailleurs je vais vous donner un disque que je viens de sortir sur mon site et qui est très important pour moi. (Elle fouille dans son sac, en sort Chienne d'un seul.)


Merci. J'ai appris l'existence de ce disque en surfant cet après-midi sur votre site. Je n'en avais pas du tout entendu parler avant.
Parce que ce n'est pas distribué par Naïve. D'ailleurs ils m'en voudraient que je vous en parle, mais bon (rires) ! Je viens de le sortir, c'est une autoproduction. Mais en même temps, c'est un bel objet. J'en suis très contente. C'est Christophe qui a fait les photos de la pochette.


The Christophe ?!
Oui ! Et ce disque c'est ce que je fais sur scène depuis maintenant un an et demi.


Chienne d'un seul est un projet plus ancien que Le cantique des cantiques ?
Pour la plupart des premiers jets des chansons, oui. Vous voyez le temps que ça m'a pris !


Mais Chienne d'un seul est sorti après Le cantique des cantiques.
Oui, en terme de commercialisation, Le cantique des cantiques a précédé. Ensuite, on a tourné avec Alain. J'ai intégré La tournée des grands espaces.


Je vous ai vu sur scène pour La tournée des grands espaces quand vous êtes passée au festival Le rock dans tous ses états à Evreux. A la fin du spectacle, vous chantiez en duo avec Alain.
Ah, super ! C'est chouette. C'était beau ces images. On a tourné deux ans, un grand bonheur. Et ensuite, j'ai pris ma route à moi, ce qui est aussi très important pour moi.


Pour ne plus être sans cesse prise sous l'aile de quelqu'un d'autre ?
Oui parce que c'est très étouffant au bout d'un moment. En fait, pour nous, ce n'était que du bonheur, mais le regard des autres est pesant. Très pesant.


J'imagine qu'on vous a vite collé l'étiquette de "femme de" et qu'on disait de Bashung qu'il était votre pygmalion.
Oui et quelque fois c'est même moins gentil que ça. Et moi j'avais besoin de m'épanouir, de chanter mes chansons. Il m'a donc mis le pied à l'étrier parce que j'ai pu faire ses premières parties mais après j'ai trouvé des salles et maintenant ça fait un an et demi que je fais les bars, les clubs, de tout petits endroits, mais au moins c'est mon choix ! Je me réapproprie quelque chose, ce qui est vachement important pour moi. Et ce disque, Chienne d'un seul, on l'a vraiment fait à la maison en trois jours, juste mon guitariste, Yann Péchin, et moi.


Sur ce disque vous avez aussi travaiillé avec Christophe Van Huffel et Encre. En tant que que guitariste de Tanger et de Christophe, deux artistes assez proche de la nébuleuse chanson rock d'Alain, votre collaboration avec Van Huffel ne m'a pas trop étonné, mais un peu plus celle avec Encre, alias Yann Tambour. Parce que cet auteur-compositeur-interprète d'une chanson rock qu'on pourrait définir comme post Sonic Youth et Dominique A est plus jeune. Comment l'avez-vous rencontré ?
En fait, ça s'est fait au tout début de Chienne d'un seul. Je compose à la voix, en chantonnant mes textes, parce que je sais comment doivent sonner les mots, donc j'écris et après je compose la musique par rapport à la voix. Parfois, je ne mets juste une rythmique en boucle ce qui me donne un premier jet de mélodie. J'aime bien cette fraîcheur, ce truc très naïf, très nu aussi où il y a juste une rythmique et une voix. Ça permet d'essayer plein de choses, très librement. Et donc une fois que j'ai eu ces lignes mélodiques, j'ai contacté plusieurs musiciens pour m'aider à harmoniser et à arranger tout ça. En est sorti une première mouture, qui n'a jamais vu le jour. Et après un an et demi de scène avec Yann, on avait refait tous ces morceaux ainsi que des nouveaux morceaux tous les deux et on a enregistrés tout ça sans les arrangements des premières moutures. Ces musiciens m'ont donc aidé à ce que les morceaux existent au niveau mélodique, mais finalement il n'y a que Yann qui joue sur le disque.


(Suite.)


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Published by SYLVAIN FESSON - dans DISCussion
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