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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 02:04

Mage hivernal et troubadour funambule

Le 9 janvier 2005, il avait volé la vedette à Vérone, assurant seul sur scène la première partie de leur concert privé Libération au Zèbre de Belleville. Près d'un an et demi plus tard, ce 15 mai 2006, Arman Méliès a droit à son propre concert privé Libération au Zèbre. Et sa première partie ne risque pas de lui voler la vedette. (Wilfried Paris est autant connu comme journaliste au magazine Chronic'art que comme musicien, c'est-à-dire peu, et à ce qu'on a pu entendre – des commentaires pas du concert –, il ne casse pas des briques.) Tout le monde est là pour le sacre d'Arman Méliès, le mage hivernal.

Il a charmé sur le tard sortant en marge de son groupe pop-rock eNola un album solo qui le présentait dans le plus simple appareil : accompagné de sa voix, d'une guitare et de multiples pédales d'effets. Comme Anaïs, mais dans un genre diamétralement opposé, Arman a fait ses preuves sur scène avant de séduire sur disque. Son style ? Du psyché-folk léthargique.

Ceux qui l'ont découvert en live ont littéralement craqué de le voir donner forme à ses morceaux en temps réel sous leurs yeux. En actionnant moult pédales avec ses pieds, en gratouillant des accords discrets avec ses doigts et en faisant progressivement décoller tout ça par un subtil jeu de superposition des couches sonores, il faisait plus que sensation. Il fascinait.

On avait connu le jeune homme sous l'empire d'une filiation Buckley-Muse-Radiohead on ne peut plus en phase avec son temps, on le redécouvrait troubadour funambule au "folk désaxé", conteur d'un monde (occidental) en perdition complète. Par un changement total de garde de robe, il apparaissait nu comme un vers avec son langage propre.

Habits trop grands pour lui, les références d'autrefois faisaient place à d'autres, plus énormes encore. Mais cette fois, par touches, elle lui allait comme un gant : Mark Hollis (ex-leader de Talk Talk), Robert Wyatt, Manset, Air, Ennio Morricone… Quel choc ! Seul sur scène, sculptant le silence, avec sa voix, ses pieds, ses mains, Méliès ouvrait des trappes. Les greniers de nos imaginaires.

Le Long Train Lent Et Les Beaux Imbéciles, son EP titres inaugural en "saut de l'ange" (octobre 2003), puis Néons Blancs et Asphaltine, son premier album (novembre 2004) ont fort plu tout en ne retranscrivant pas l'exact magie de cette alchimie scénique. Alors que vient tout juste de sortir son deuxième album, Les Tortures Volontaires, Méliès bénéficie d'une côte de popularité au top dans le milieu pop indé. Pour preuve, entre temps il s'est fendu de sortir deux autres EP qui nous ont mis l'eau à la bouche : Le Magasin Pittoresque (août 2004) et San Andreas (juin 2005).

Méliès est au zénith de son inspiration. Ses nouveaux morceaux sont superbes à l'image de "Low Cost", premier single extrait des Tortures Volontaires, distribuées par Warner. Par ce concert au Zèbre, il ouvre le deuxième volet de ses aventures. Et espère sans doute élargir assez son succès en milieu indé pour accoster sur les terres du grand public.

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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Cécile 17/05/2006 00:24

J'aime beaucoup Mélièes. Et j'aime beaucoup ton article aussi ...

Sylvain Fesson 17/05/2006 00:58

Merci ! La suite arrive vite, je suis en plein dedans. Suspense !