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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 23:40

Wind of change




Il y a quelques jours je découvrais la musique de White Lies. "Un mix parfait de The Killers et d'Editors" écrivais-je alors sur ma page Facebook. Oui, en 2009, j'ai craqué, je me suis inscrit sur Facebook, mais essentiellement pour promouvoir mon travail, pas ma gueule ni ma bite. Quoique, si ça peut aider... Bref, je découvrais la musique de ce nouveau groupe anglais qui n'a pas inventé le fil à couper le beurre et ça me faisait repenser à ces propos que Matthew Herbert avait confiés à Brain Magazine : "Je veux que les gens aient une relation critique et engagée avec la musique. La musique n'est pas un produit fini, elle n'est pas faite pour te faire acheter une voiture, elle n'est pas faite pour te faire te sentir mieux." Des propos que j'aurais sans vergogne coller aux Killers, jusqu'à ce qu'ils ne sortent Day and Age.


Sur leur troisième album les Killers cassent leur image. Et pas seulement parce qu'ils quittent leur créneau stadium rock crâneur pour quelques incursions "dance" et "tropical" décontractés du gland, mais aussi parce qu'ils s'aventurent à poser des questions philosophiques dans leur premier single et qu'ils ferment ce nouvel album sur un long morceau sombre et mystique. En effet sur "Human" si Brandon Flowers ne cesse de répéter "Are we human or are we dancers ?" ce n'est pas pour faire joli. Il a emprunté ces mots à l'écrivain et journaliste gonzo Hunter S. Thompson, qui attaquait par là vertement l'Amérique pour élever une génération non pas de citoyens responsables mais de "kids définitifs", dirait Houellebecq. Et sur "Goodnight, Travel Well" le chanteur mormon se fait Pascalien en questionnant l'homme, son être et son devenir, face au "silence éternel de ces espaces infinis". Il y a aussi du Pink Floyd dans l'air : "Is there anybody out there ?"


"Je n'aime pas qu'on nous prenne pour des bigots ignorants" a déclaré Brandon au magazine FHM. Et : "Bientôt on remplira les stades à la place de U2". Avec leur charisme et leur look, ce n'est pas gagné. Et ce n'est pas leur virage musical sympathique mais un peu cheap, il faut l'avouer, qui va aider. Avec ce Day and Age produit par Stuart (Leader) Price, le rock du quatuor de Las Vegas (Parano) s'éloigne de l'évocation du bruit mât d'une portière de BM. Oui, c'est ce que m'a toujours évoqué leur musique ultra-référencée : le bruit et sécurisant d'une portière de BM. Une manière de dire que leur musique m'a toujours piégée par son côté régressif et glam plein de testostérone. Que j'ai bien voyagé, immobile, dans son savant alliage de U2, The Cure, Springsteen, Queen, New Order, Depeche Mode. Mais aujourd'hui, niveau design sonore pavlovien, White Lies bien pire. A coté The Killers c'est Godspeed You ! Black Emperor. Bref, tout cela m'a donné envie de voir ce qui se cache derrière ce groupe aux faux airs de tribute band gay friendly. Interview du guitariste, Dave Keuning, puis du batteur, Ronnie Vannucci Jr., le 10 novembre dans le te très chic hôtel Renaissance à Paris.




"Glamorous Indie Rock'n'Roll était une joke"


"Pendant un an on nous a qualifié de Bruce Springsteen

de poche, ça m'a rendu fou !"





Bonjour Dave. Je suis un peu embêté. Je vais avoir du mal à parler de votre nouvel album car comme tous les journalistes que tu vas voir aujourd'hui je n'ai pu l'écouter qu'une heure avant de te rencontrer. Et tu imagines bien qu'en si peu de temps je n'ai pas pu le digérer pour vraiment savoir qu'en penser. Mais l'impression qu'il m'a laissé c'est d'être assez différent de vos deux premiers disques, moins rock, plus varié. Que cherchiez-vous à faire avec ce disque ?
Je ne sais pas, je crois qu'on était ouvert à tout. C'est pour ça qu'on y trouve de tout : du rock estampillé The Killers, des morceaux dark, des ballades, du rock tropical...


Le rock tropical, c'est "Joy Ride" ?
Oui, pour moi c'est une sorte de mix entre The Clash et Duran Duran...


Tout ça n'est pas très "indie rock'n'roll" !
Non, mais on n'a jamais été un groupe d'indie rock. Enfin j'imagine que tu dis ça en référence à notre chanson "Glamorous Indie Rock'n'roll". Mais sache que ce morceau était juste une blague.


Une blague ?!
Oui, en quelque sorte.


Pourtant Brandon chante ça avec emphase, sérieux comme un paon et tout...
Il y a de l'ironie là-dedans. Certains la captent, d'autres non.


En France Les Killers ne sont pas connus pour leur ironie...
Si en France vous ne captez pas l'ironie de nos morceaux c'est, je crois, parce que le rock indé ne désigne pas le même genre de musique aux Etats-Unis et en Europe. Chez nous, le rock indé qualifie surtout le "college rock", un style très arrogant. Et nous ne jouons pas une musique arrogante. Ce n'est pas notre truc.


Ok. Vous avez choisi Stuart Price pour produire Day and Age. Il avait déjà remixé vos premiers singles et travaillé sur certains morceaux de Sawdust, votre compilation d'inédits et de faces B. Pourquoi l'avoir choisi pour produire l'entièreté de votre troisième album ?
Son travail de studio sur Sawdust a été marqué notre première collaboration réelle avec lui et comme il travaille vite, qu'il a notre âge et qu'il aime plein de styles de musiques, ça s'est tellement bien passé, qu'on a eu envie de tester cette alchimie de travail sur l'intégralité de notre nouvel album.

Concrètement que vous a-t-il apporté Day and Age ?
On n'écrit toujours nos chansons nous-mêmes, soit tous ensemble en session live, soit plus récemment en se mailant des démos par mails, ce qui est une façon plus structurer d'avancer. Sur Day and Age, Stuart est donc arrivé à la fin du processus d'écriture, une fois que nous étions en studio pour enregistrer les morceaux, et il nous a juste aidé à les faire sonner autrement que par le passé. Il a bidouillé pas mal de parties de guitares et de claviers avec son ordinateur. Techniquement, il nous a été d'une aide précieuse.


J'ai eu l'impression qu'il y avait moins de guitare sur ce disque...
Ce n'est qu'une impression ! Parce que si tu écoutes attentivement le disque au casque tu entendras beaucoup de guitares, à droite, à gauche. J'en joue autant que sur nos précédents disques c'est juste que sur certains morceaux les guitares ont été mixées un peu plus en retrait. On le faisait déjà avant, mais là on l'a juste fait un peu plus souvent que d'habitude. Tout ça pour te dire que sur ce disque il y a plus de guitares que ce que les gens croient. Regarde, beaucoup pensent qu'il n'y a pas de guitare sur "Human", or un riff de guitare traverse tout le morceau.


"Human" est le premier single de Day and Age mais son ancrage "euro dance" n'est pas représentatif du reste de l'album. Pourquoi ?
Aucun morceau n'est représentatif de l'album parce qu'il aborde plein de styles différents. Et c'était pareil sur Hot Fuss et Sam's Town. Pour le single de Sam's Town on a hésité entre "Bones", "Read My Mind" et "When We're Young". On a finalement opté pour "When We We're Young" parce qu'on pensait que c'était notre meilleur morceau, et je pense qu'on a eu raison, c'est une super chanson rock. Mais voilà on a toujours eu du mal à choisir notre premier single, d'autant plus que c'est un choix important. A travers ton premier single les auditeurs se font une certaine image de ton disque et par la suite ils peuvent te réduire à ça. Enfin c'était surtout vrai avant. Parce qu'avant Internet les gens achetaient un album sur la foi d'un single, maintenant vu qu'Internet offre la possibilité d'écouter un disque en intégralité avant même qu'il ne soit mis sur le commerce, ce n'est plus le cas et les disques sont donc achetés en toute connaissance de cause. Mais regarde ce qui s'est passé pour nous sur Sam's Town, on a donc sorti "When We We're Young" en single et comme certains ont trouvé que ça ressemblait à du Bruce Springsteen de poche, tout l'album a vite été catalogué comme du Bruce Springsteen de poche. On m'a répété ça durant un an, ça m'a rendu fou ! Parce que je suis désolé mais c'est faux, ce disque ne sonne pas comme du Bruce Springsteen. Springsteen est juste une de nos multiples influences, au même titre que New Order, Duran Duran, Depeche Mode...


En parlant de New Order, j'ai trouvé que la basse de "Spaceman" faisait très New Order...
Tout à fait. Si tu veux la décrire dans ton article comme une basse à la New Order, tu peux. Pas de problème.



(Suite.)


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Disso 29/01/2009 21:04

heuh, je rêve ou ils sont vraiment puants? Ils ressemblaient vraiment à ce que tu en montres là? Des genres de petits monstres infatués?

Sylvain Fesson 30/01/2009 01:15


Vraiment puant ?
Non le mec était assez cool en interview.
Mince, si tu ressens ça, c'est que j'ai dû merdé un truc dans la retranscription de ses propos alors, zut de zut !