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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 08:58

Bédéaste ubuesque

 



"Tout le monde adore les monstres"

"Les miens, on a envie de les manger"

 

Vos dessins me font penser, par certains cotés, aux peintures de Francis Bacon. Ce peintre vous touche-t-il ?
Sans pouvoir l’expliquer, je n’ai jamais été réceptif à son travail, pourtant j’ai essayé. Je me souviens avoir vu un documentaire sur Francis Bacon où on le voyait ivre, essayant désespérément d’enfiler ses chaussures sans y parvenir, c’était interminable et très drôle, mais après une demie heure j’ai fini par changer de chaîne et regarder une émission sur la menuiserie. Plus tard, quand je suis revenu sur le documentaire sur Bacon, il était toujours en train d’essayer d’enfiler ses chaussures. J’avais trouvé ça très bien, mais je n’ai pas d’affinités particulières avec sa peinture.

Vos dessins ne sont pas beaux, vos personnages volontiers affreux. Pourquoi plaisent-ils ?Il faudrait le demander aux gens qui apprécient mon travail. Mes personnages comme mes dessins sont parfois affreux, mais il arrive que des personnes aient envie de les manger. C’est un peu comme ces sucettes en forme de vampires qui laissent des traces de bleu de méthylène sur la langue, elles sont horribles, mais les enfants les aiment.

Que représente, chez vous, le thème du monstre ?
Ma production n’est faite que de ça. Peut-être davantage de monstres de mots que de monstres de gens. Tout le monde adore les monstres, Titi le canari aussi en est un, vous avez vu la taille de sa tête ? En plus ils font d’excellents stickers, personnellement je les trouve super sympas.

Si un jour vous croisez un de vos personnages dans la rue, que lui diriez-vous ?
J’en croise souvent, ça fait plaisir. En général je les regarde un petit peu mais discrètement. J’en ai vu un, la semaine dernière, dans l’entrée d’une crêperie, il était en train de changer la façade de son téléphone portable. Je n’ai pas grand-chose à leur dire, et puis ils ne me connaissent pas, ils me prendraient pour un fou si j’allais leur parler et leur dire que je les ai créés.

En tant qu’artiste, quelle trace souhaiteriez-vous laisser derrière vous : avoir créé une sorte d'Alien, c'est-à-dire l'un des monstres les plus effrayants et emblématiques du XXe siècle, ou plutôt de Goldorak, c'est-à-dire une œuvre récréative qu’on chouchoutera comme un joyeux souvenir d’enfant ?
Il y a un peu de tout ça à la fois dans ce que je fais : un aspect récréatif, populaire et léger mais aussi une dimension plus profonde et qui reflète l’époque dans laquelle je vis. Bien sûr, j’aimerais laisser derrière moi une trace suffisamment marquée pour me permettre de vivre encore longtemps après ma mort, je crois que c’est ce qu’on recherche tous. Cela dit, à notre époque on peut se poser la question de savoir combien de temps encore durera l’aventure humaine. Le compteur sera forcément remis à zéro un jour. De plus en plus de scientifiques se mettent à penser que d’ici 30 ou 40 ans nous aurons complètement disparu. Je ne pense pas que les éponges et les crustacés seront sensibles à ce qui restera de mon œuvre.

A quelle époque, autre que la vôtre, auriez-vous souhaité vivre ?
J’hésite. Soit à l’époque de la préhistoire, soit à une époque future et sans doute imaginaire où nous aurions enfin terminé d’être des singes.

En quoi souhaiteriez-vous vous réincarner ?
En l’Océan Atlantique.

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Published by Sylvain Fesson - dans divers
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