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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 00:56
Carbure au Carbon/Silicon




"comme Benjamin Franklin,

chez Carbon/Silicon

on a des principes"


"on ne joue pas le jeu de l'industrie"


 

Mick, comment gérez-vous de faire du rock passé 50 ans ?
Tout ça, c'est sûr que ça t'interpelle. Quand tu te regardes dans le miroir tu te demandes : "Est-ce que je peux encore faire ça ? Est-ce que je peux encore former un groupe à mon âge ?" On s'est posé la question avec Tony, mais on s'est dit qu'on s'en fichait. Notre modèle à nous maintenant, c'est les Teletubbies !


Ah ?!
Ce que je veux dire c'est que l'important c'est la chanson. Regarde, nous aujourd'hui on sort un disque mais contrairement au temps de nos anciens groupes respectifs on ne joue pas le jeu de l'industrie, on n'essaie pas d'être autre chose que ce que nous sommes. On fait juste la musique qu'on aime et c'est à prendre ou à laisser. On n'est là que pour ça : un message et une super mélodie. Et si tu as ça, alors oui je pense qu'il se passe quelque chose qui fait que le rock peut encore être subversif. Donc voilà la seule question qui mérite encore d'être posée c'est : "Les jeunes ont-ils de bonnes chansons ?"

.

C'est une question qu'on pourrait poser à Pete Doherty...
Oui, parce qu'aujourd'hui, notamment à cause des médias, la bête de foire a prise le pas sur le musicien qui, à mes yeux, reste quelqu'un de très créatif. Mais qui s'est transformé en une sorte de monstre, pire que Metallica !


Metallica ?!
Oui, je pense au film qui a été fait sur eux, Some Kind Of Monster. Il faut que tu vois ça, c'est super !


Pete Doherty, vous avez produit son premier disque en tant que Babyshambles et ses deux albums pour The Libertines. Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce rôle ?
En fait c'est juste un coup de pot. Un jour un ami qui travaille en maison de disques m'a demandé si je voulais rencontrer ce groupe qui cherchait un producteur. J'ai accepté parce qu'à l'époque, ayant déjà tourné dans le coin, j'avais déjà vu The Libertines sur scène et je les avais trouvé fascinants.


Pete et vous continuez à vous voir ?
Oui, la dernière fois on s'est croisé à un match de foot.


Vous allez continuer à produire de jeunes groupes ?
Oui, mais rien qui n'émane de maisons de disques, que des groupes locaux.


Quel genre de groupes ?
Un collectif de hip hop orchestral qui s'appelle Rotten Hill Gang et Dirty Stop Out qui fait une sorte de Roxy Music rockab'. J'aime bien travailler avec ces groupes, j'apprend beaucoup en voyant comment ils fonctionnent et comment ils voient le monde.


Dans The Last Post, vos morceaux dépassent souvent les 5 minutes. Pourquoi sont-ils si long ?
En fait, dès le départ on a envisagé Carbon/Silicon comme un groupe de jam sessions. On voulait renouer avec cet esprit de liberté des années 60 où les groupes n'avaient pas peur d'allonger le morceau avec plein de solos tant que c'était bon. Je pense à Hendrix, Led Zep, voilà nous on fait pareil, tant que ça marche on prolonge le truc. Surtout en live. Moi j'aime bien quand c'est long. Plus c'est long, plus c'est bon (rires) ! D'ailleurs à notre tout début nos morceaux faisaient carrément 11 minutes ! Mais s'ils durent si longtemps c'est aussi parce que nous aimons la dance music et qu'on essaie d'introduire le groove répétitif et minimal de la dance dans le rock'n'roll.


Vous aimez la dance ?
Oui, j'aime le beat, j'aime la quête de sens qui s'exprime à travers ce rythme obsessionnel et, comme chacun sait, chercher un sens aux choses est le propre des fous. A ce propos j'aime beaucoup quelqu'un comme Benjamin Franklin. Le Benjamin Franklin de la révolution américaine. C'est quelqu'un qui a défini un calendrier de 12 lois morales et qui essayait de mener sa vie en respectant à tour de rôle une loi par semaine. A ce rythme-là il s'est vite trouvé contraint de créer une 13e loi sur la vanité, parce qu'on n'arrêtait pas de lui dire que c'était très vaniteux de vouloir être vertueux 24h/24, 365 jours/365. Et voilà, nous aussi avec Carbon/Silicon, comme Benjamin Franklin, nous avons des principes et notre truc c'est de les exprimer à travers la musique. Et ça en un sens, c'est expérimental.


Vous dites mixer dance et rock. Il n'en reste pas moins, je trouve, que votre musique sonne très rock anglo-anglais. Or à l'heure d'Internet et du mélange des genres cette musique fait un peu figure de musique d'ancien régime...
Le rock anglais, c'est la musique qu'on aime. Les Stones, les Kinks, les Who, on a grandi avec ça. On a aussi grandi avec le British Blues Boom. Donc voilà c'est en nous, et même si c'est un genre effectivement daté, je crois que ça tient toujours la route, non ?


Vos enfants, ils aiment vos chansons ?
Oui, mes enfants et leurs amis m'ont dit qu'ils avaient aimé notre disque et ça me touche. Parce que les enfants ne me mentent pas, surtout les tiens, ce sont tes pires détracteurs. Ils ne se gêneront pas pour te dire "Papa, ton truc c'est de la merde !"si c'est ce qu'ils pensent. Mais là ils m'ont dit "Papa, on aime vraiment !" On ne s'en tire donc pas trop mal !


Et en Angleterre comment ça se passe pour vous ?
Chez nous les gens se contrefichent pas mal de ce qu'on est devenu et de ce qu'on peut encore faire musicalement, ce qu'ils veulent c'est ce qui nous a rendu célèbre, ce que l'histoire a retenu. En Angleterre, malgré notre passif, on reste donc un groupe underground. On ne joue que dans des petites salles. Nos chansons ne passent ni à la radio ni à la télévision. Les mecs nous le disent clairement : "On ne prend que des gamins de 18 ans, allez vous faire voir !"


Dernière question. Dans "What The Fuck" vous parlez de Sartre et de Dostoïevski. Que viennent deux intellectuels dans une chanson rock ?
C'est une blague. Dire "What the fuck !", ce n'est évidemment pas très distingué, ça me faisait donc marrer d'imaginer de grandes figures littéraires et intellectuelles dire "What the fuck !". Tu imagines Sartre dire "What the fuck !" parce ce qu'il a passé une sale journée ? Trop classe (rires) ! Voilà. C'est marrant, quelques années plus tôt tu m'aurais dit que je parlerai un jour de Sartre et de Dostoïevski dans une de mes chansons, je ne t'aurais pas cru !



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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Hilaire Picault 24/12/2008 11:03

collectif de hip hop orchestral-> Dieu de dieu, qu'est ce que cela peut bien être. Je n'ose clicker....

Sylvain Fesson 24/12/2008 12:59


Alors Hilaire, as-tu cliqué ?!