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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 02:50

Sugar à toi
















Ces derniers mois il n'y a pas que la pop d'Idaho que j'ai longtemps passée sous silence. Pas que la pop de son formidable Forbidden EP & Alas qui m'ait séduite au point que j'en reste sans voix. Il y a aussi celle de Minor Majority et de son divin Candy Store.

 

Ce disque c'est Vicious Circle qui me l'a gracieusement envoyé. C'était vers fin janvier me dit ma boite mail. Si loin déjà. De ce groupe adoré, encore une fois, je sais peu de chose, si ce n'est qu'il vient d'Oslo et qu'il compte cinq membres dont le singer/songwriter Pal Angelskar. Pour en savoir plus vous pouvez toujours vous rendre sur Wikipedia ou, mieux, courir acheter l'album en question. Dans le livret l'histoire de Minor Majority y est détaillée disque par disque par les gars eux-mêmes.


En plus, vous aurez mille fois raison d'acheter ce Candy Store, parce que c'est un double et que dessus il n'y a strictement rien à jeter. Vous me direz : "C'est normal, c'est un best of de leurs quatre premiers disques". Je vous dirai : "Oui, pour ce qui est des 16 titres de la "Side A", mais comment expliquer que le groupe se balade également en état de grâce permanent sur les 11 titres de la "Side B" alors qu'il s'agit de chutes de studio ?" Non, sérieux, ces norvégiens sont géniaux, tout simplement.


Moi je me passe indifférent ces deux disques. Chacun déroule son lot de bijoux pop-folk à faire pâlir The National. Parce que si la voix de Pal porte également les suaves inflexions de Michael Stipe et Stuart Staples, il y a là quelque chose que n'ont ni Tindersticks, ni REM, ni même la bande goth-folk de Matt Berninger. Ce quelque chose, cet air de ne pas y toucher difficile à décrire, ce sont des réminiscences 60's, 70's et soft rock. Oui, comme on en trouve sur les superbes derniers albums de Merz et Midlake.


La guitare laidback blues de "In That Premature Way" vous évoquera le "Tunnel of Love" de Dire Straits. Le piano, toujours laidback blues, de "What I Deserve" vous conduira au "Layla" d'Eric Clapton. Et quand le chant d'Angleskar se doublera de violons baroques sur "Silently Aware" et d'une voix féminine en duo, comme sur "Dancing In The Backyards", ou en chœurs, comme c'est le cas sur la plupart des morceaux, vous songerez sans doute à Fleetwood Mac ou au Carpenters.


Il y a dans ces chansons une telle propension à l'effacement, comme un doux repentir, ce tendre jaunissement des choses laissées à l'air libre de la vie et des souvenirs, que je ne m'en lasse pas. Alors c'est sûr, un tel disque, vous ne pourrez pas vous en vanter auprès de vos potes pour paraître cool, ni brancher les filles. A vrai dire, il sert plutôt à pleurer celles qui sont parties, qu'on a quittés ou qui ne sont jamais venues. Tout au plus pourrez-vous envisager de l'insérez dans le lecteur de la voiture parentale.


Mais comme Candy Store n'a pas la dimension blockbuster triomphale du dernier Coldplay que votre père se passe en boucle et que son infinie tendresse masque un certain venin, vous hésiterez. Vous hésiterez car vous aurez beau penser au refrain de "There Is A Light That Never Goes Out", vous craindrez tout de même  qu'avec tant de soyeuse mélancolie vous et votre famille se crash sur "a double Decker bus". Et si partir au son de Majority Majority c'est beau dans l'idée, dans les faits ce serait un peu con quand même.


Mais l'amour de la musique sera le plus fort. Et merde au facteur générationnel, merde au rock et tout ça. Vous vous direz : "J'ai passé l'âge de ne penser qu'à travers ça. N'ai-je d'ailleurs déjà pensé qu'à travers ça ?" Alors vous parlerez de ce disque à tout le monde. Et vous vous direz, piégez que vous êtes d'avoir encore découvert un groupe par son dernier album et de le trouver indépassable : "Je fais quoi maintenant ? Je parcours sa discographie au peigne fin au risque d'être déçu ou je m'arrête-là ?"



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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Matt Oï 15/12/2008 00:22

Jconnais bien Vicious Circle mais j’avais jamais écouté ce groupe, c’est dingue. J’adore.

Sylvain Fesson 15/12/2008 00:23


Cool.


karlito 15/12/2008 00:21

et calc alors

Sylvain Fesson 15/12/2008 00:23


Calc j’en touche un mot ici
http://parlhot.over-blog.com/article-24593216.html


Véronique Grausseau 08/12/2008 22:34

et bien oui, il y a du nouveau ! je n'avais pas vu tous tes articles récents, et j'avoue que tu ne manques pas d'humour pour décrire les musiciens que tu aimes ! Si après ça on ne se sent pas obligé de les aimer...douceur, quand tu nous tiens, malgré ce côté légèrement surranné...

Sylvain Fesson 09/12/2008 12:12


Parfois je mange un clown avant d'écrire un article, histoire d'égayer le tout ;-)


sylvain fesson 04/12/2008 10:45

Du Minor Majority bientôt sur le tourne disque de Playtime ;-)

Alex 04/12/2008 10:43

Je vais regarder ce que je peux trouver et écouter ! :)) Je te tiens au courant.