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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 19:56

Rhâââ Lovely
















La semaine du lundi 17 novembre, en plus de prendre un pied fou au concert du jeune néo-zélandais Liam Finn, j'ai remis ça le lendemain en voyant La Féline live. La Féline, c'est un trio réuni autour de la grande Agnès Gayraud, qui n'a rien de la Grande Sophie. Et à mon humble avis, La Féline, qui n'a rien à voir avec le bar du même nom, c'est le groupe qui monte en ce moment à Paris. Nul buzz louche là-dedans, mais juste la grâce d'une musique, une sorte de "cold folk", dixit leur batteur, qui enchante toutes les salles où ils passent. Jeudi 20 novembre ils étaient à L'international. Je vous raconte ?


C'est la première fois que je me pointe dans cette petite salle parisienne qu'on dit avoir le vent en pop, au point de détrôner la Flèche d'or. J'y suis pour La Féline. Et je pense à David Hallyday. Oui, je sais c'est horrible, mais comme à chaque fois que je vais voir un groupe dont je suis proche musicalement et amicalement je pense à Hallyday fils et son tube "Tu ne m'as pas laissé le temps (de te dire tout c'que je t'aime tant qu'il est encore temps)". Parce que voilà le temps passe et je n'ai toujours pas parlé de de ces groupes amis comme La Féline. Pourtant Dieu sait que je les aime. Des raisons à ce silence, je pourrais en fournir des tonnes, dire par exemple qu'il y a tellement de disques qui me plaisent, que les journées ne durent que 24h, que je suis avant tout journaliste, pas bloggueur, et que c'est tellement plus facile de parler des groupes confirmés, de parler des groupes qui ont déjà sorti un disque et qui évoluent loin de moi, en Angleterre, aux USA, etc. plutôt que de parler des groupes qui sont sous mes yeux, à deux pas, tous ces petis groupes sans disques et sans label que les magazines papiers délaissent pour la sacro-saint actu de l'industrie. Ah l'actu, l'industrie, toujours l'actu, l'industrie. Mais la vie, la vraie, qui en veut ?


Ce soir, alors que je fume une clope avec eux sur le trottoir (une clope qui a le goût de la clope après l'amour). Je sais que cette fois c'est la bonne. Je vais parler d'eux. Réparer mes torts. Parce qu'ils viennent de donner un concert propre à balayer toutes ces broutilles d'obstacles et qu'il y a Parlhot. Oui, je sais qu'en rentrant chez moi je fais enfin parler de mes amis musiciens. Et plutôt trois fois qu'une. Parce qu'en plus d'Agnès Gayraud (singer/songwritrice) et de Xavier Thiry (claviériste), La Féline compte à la batterie l'ami Stéphane Bellity, aka Ricky Hollywood et leader de Poster Moderne, et à la deuxième guitare l'ami Jérôme Pichon, aka Scott Of The Antartic et leader de Bellegarde. Ah et je ne vous ai pas dit ! A ce concert un ami m'accompagne. Il s'appelle Julien alias Juko et il fait lui aussi de la musique et de la bonne.


Bref, insatisfait chronique (ou perfectionniste), Stéphane déplore comme à son habitude que le set n'ait pas été tout a fait carré. Moi je n'y ai vu que du feu. Et ne suis pas le seul. Le public était tellement en osmose qu'il a vu des choses. Certains ont trouvé que ça sonnait parfois comme Portishead (pas faux, même le chant d'Agnès a quelque chose de la cristalline froideur des vocalises éplorées de Beth Gibbons). Celle-ci jubile qu'une spectatrice lui ait même confié avoir senti un côté Siouxsie dans La Féline. Et c'est vrai qu'il y a de ça dans la jeune femme et sa musique. Derrière un côté simple et chaleureux, se cache une profondeur cold, perchée, hypnotique. De l'élégance et du fantasme.


Fruit de l'expérience acquise sur scène (couronnée dernièrement par une première partie d'Alister à la Cigale), du travail actuellement passé en studio pour coucher leurs morceaux sur bande et du récent départ de leur deuxième guitariste (qui a donné plus d'importance aux atmosphères de synthé), leur musique n'a jamais dégagé autant de personnalité. Doté d'une aura plus sombre, psychée et capiteuse, les anciens morceaux folk western à la Morricone comme "La Passegiata" et "Mystery Train" (qui plairont aux Inrocks, France Inter et Télérama) et les nouveaux, le krautrock "Il est comme le vent" et le dansant "These Are Boys", ont mis en évidence un univers affirmé, mis en lumière par une superbe reprise du "Into The Night" de Julee Cruise, chanteuse fétiche de Lynch et Badalamenti (Blue Velvet, Twink Peaks, Lost Highway).


Et quand Agnès bougeait (ce qu'elle fait bien, attention les yeux), avec des gestes graciles un peu arabisants et azimutés à la Diterzi/Ringer, pris dans un film sans nom, je me disais que cet auto-déclaré "Cat-sized power trio" commençait vraiment a être affûté. 22h30. J'ai écrasé sur le trottoir cette clope qui avait le goût de la clope après l'amour. J'avais vraiment envie d'écrire et de tenir bientôt le premier album de La Féline pour pouvoir l'écouter seul dans ma chambre les soirs où aucun concert digne de ce nom me pousserait dehors.


 

(Suite.)


Photo de La Féline par jeanfrançois


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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