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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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8 avril 2006 6 08 /04 /avril /2006 23:04
PARL HOT en prend pour son grade

Hier soir, j'étais au Nouveau Casino pour fêter et profiter de la première soirée parisienne organisée par Longueur d'Ondes, magazine de musiques actuelles gratuit et indépendant. J'aurais dû être dans mon élément parce que c'est une salle de concert que je fréquente régulièrement. Mais non, j'étais un peu perdu car il n'est pas fréquent que cette salle abrite une faune aussi peu parisienne. D'origine bordelaise, Longueur d'Ondes avait rameuté bon nombre de "provinciaux", mais aussi de Québécois, car distribué au Québec, il a de forts atomes crochus là-bas. Des Québécois, il y en avait notamment sur scène, avec les présences de Damien Robitaille (piano-voix-humoristique avec accent à couper au couteau) et DobaCaracol (des Cocorosies world dreadlocks). J'étais perdu car c'était la première fois que je me retrouvais dans une soirée où je connaissais autant de monde et où autant de monde me connaissait et m'adressait la parole. Rien de paranormal là-dedans. J'ai été pigiste pour Longueur d'Ondes pendant deux bonnes années, très bonnes, enrichissantes humainement, journalistiquement, musicalement... avant que ça ne capote. Cela faisait quelques mois que j'avais donc pris mes distances, pour voir ailleurs, et essayer de m'enrichir financièrement dans un magazine plus "performant", mais si possible sans perdre le supplément d'âme que j'avais trouvé chez Longueur d'Ondes. Alors je reprenais contact. Par exemple avec Eric (journaliste), Philippe (photographe), Eleonore, Patrick, Béatrice, Cédric (tous journalistes) et des nouveaux comme Yvon (musicien  du groupe de soul hip-hop jazz
L'Unité), et Arnaud, journaliste. Mais aussi Serge Beyer bien sûr, l'institgateur de cette soirée et rédacteur en chef de Longueur d'Ondes, dit LO. Ce lendemain, il livre par mail ce commentaire qui a valeur de rectificatif à ce que j'ai dit plus haut : "Hé oui, ce n’était pas une soirée hype. Pourtant, à part l’équipe de LO, il n’y avait que des parisiens. Il devait y avoir 4 ou 5 québécois, pas plus, même si l’accent etait sur scène. Le public était celui du monde de la musique, mais pas les chefs de production des maisons de disques, plutôt des organisateurs de spectacles, des artistes émergents, des producteurs et tourneurs... Et les échos que j’en ai sont largement positifs. Après deux mois de travail d’arrache pied pour caler cette soirée, j’avoue que ça fait plaisir. J’ai même ou des mails super enthousiastes de gens que je ne connaissais pas. Ce qui me prouve aussi que les gens n’étaient pas là sur le nom des artistes, plus ou moins inconnus ici à ce jour, mais sur le nom de la revue." Bref, il y avait comme un afflux de sang neuf à revoir ces gens venir vers moi. J'étais étonné que ce magazine artisanal aux modestes moyens réussisse une telle soirée. J'étais content qu'ils réussissent cet événement après tout de même plus de 20 ans d'existence, il était temps. Qu'ils prennent possession de Paris, enfin d'une petite parcelle de Paris, pour un soir.

Mais j'ai surtout été perdu, parce que j'ai goûté, sans m'y attendre, les fruits de mon récent mailing intensif sur la naissance de PARL HOT. Je ne m'y attendais pas. J'étais un peu pris de cours, désarçonné. Comme si il y avait une soirée dans la soirée. Que l'on fêtait la longévité du bimestriel LO mais aussi la venue au monde de PARL HOT, en catimini, avec les quelques initiés qui avaient reçu le message. Les premiers lecteurs faisaient leurs coming-out et leurs commentaires, du genre "Salut, alors revenu de Cannes ?" ou "Hey, bien joué l'article sur Camille et la pub Kookaï". C'était bizarre. Que dire ? Qu'ajouter dans la "vraie vie", en "live" à "cela", à ce que j'avais écris en marge sur la toile. Qu'ajouter puisque les gens m'avaient lus et que j'avais essayé de tout dire ? Avais-je vraiment tout dit ? Devais-je me répéter ? Faire redondance orale à des choses que j'avais inévitablement mieux dites à l'écrit sur mon blog ? Comment repasser à l'oral après l'écrit ? L'oral apporterait-il quelque chose de plus que l'écrit ou n'avais-je pas tout simplement tué les raisons d'être d'une quelconque parole, sa spontanéité, son imprévu, son interaction, sa frivole fugacité, dans l'aveuglant solo de l'écriture blog, moi qui justement voulait l'inverse, générer de la parole ? Ces gens voulaient-il vraiment que je réponde de vive voix à leur signal de reconnaissance, que je m'étende sur ces sujets déjà défrichés, ou m'en parlaient-ils seulement par politesse, pour ne pas me froisser, ou je ne sais quoi d'autre encore ? M'en parlaient-ils seulement parce qu'ils ne pouvaient pas ne pas faire autrement après avoir trouvé autant de moi sur PARL HOT ? Ne m'en parlaient-ils pas juste parce qu'il fallait obligatoirement joindre les deux bouts entre le Sylvain du blog et le Sylvain physiquement présent ce soir, m'en parler deux secondes histoire de résoudre les deux termes d'une obscure équation, comme un bug espace-temps. Fallait-il donc que j'embraye, que je change de sujet, de discussion, là, maintenant ? Je n'ai pas pensé à tout ça sur le moment. J'étais juste un peu "décalqué". Et content aussi de cette petite reconnaissance.

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Published by Sylvain Fesson - dans MEDIAlogue
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commentaires

Winnie 10/05/2007 14:05

Sympa cet article... ça me dévoile une expérience que je n'ai pas encore vraiment faite.Parce que je suis une schizo du blog moi, j'en ai 6 (certains sont un peu à l'abandon d'ailleurs) dont un "officiel" et un "officieux", même si mes lecteurs officieux sont rares (mais précieux)pis alors je n'écris pas vraiment pour un lecteur mais vraiment pour moi. C'est extrêmement narcissique ce que je fais avec mes blogs. Enfin oui j'espère toucher le lecteur, lui apprendre des choses, lui donner des infos mais ça parle surtout de moi. L'officiel me sert de lien avec mes amis pour leur dire ce que je fais, ce que j'écoute en ce moment, ce que je vais voir... ceci dit je n'ai jamais eu de problème du passage de l'écrit à l'oral, au contraire ça peut lancer des débats sur des sujets que les gens n'auraient pas forcément abordé (je pense notamment à ma note sur "The Fountain" à partir de laquelle j'ai beaucoup parlé de ma foi aux personnes de ma classe)bref mes blogs sont tout brouillons, beaucoup moins propre que le tien (d'où son côté pro :)) et mon commentaire aussi d'ailleurs >_

Sylvain 12/04/2006 18:14

réponse à Olivier (que je remercie lui aussi pour son long commentaire) : oui, il y a un peu dilemme de vouloir faire du blog un truc trop pro... alors que, zut, c'est un support perso avant tout où l'on doit s'exprimer comme on le souhaite, ne pas se rajouter d'oeillères et de frustrations... je cherche donc à faire un blog qui soit chouette et s'il plait aussi aux pros tant mieux, mais ce n'est pas l'objectif numéro un, car si on veut démarcher les pro autant le faire de visu, dans la vraie vie, avec ses "vraies" articles, et non en espérant qu'un pro nous tombe dessus par hasard sur le web... le blog est un plus, du bonus, un chouette bonus....

Avoir 2 blogs, non. Ma copine a fait ça, mais moi je n'ai pas envie de scinder les choses, un peu galère comme idée. Je n'ai rien à cacher. Je ne parle pas de tout, mais tout ce dont j'ai choisis de parler j'essaie de le rendre intéressant pour les pros, les amis, les curieux, les novices. La vie sociale nous divise déjà en pas mal de facettes, souvent, pas la peine de se diviser encore sur le web, non ? Y'a assez de prise de tête pour faire marcher un blog, hein !

"Les journaleux ... c'est un peu comme des artistes qui attendent une reconnaissance de leurs pairs alors que c est le lecteur qui importe quand on a des idées. " J'aime bien cette phrase. Je trouve qu'elle fait mouche. Problème : le pigiste galérien veut aussi et parfois surtout plaire aux pros parce qu'il veut qu'on l'embauche. S'il avait tout ce qu'il lui fallait financièrement, il s'adresserait uniquement au lecteur ;-)

Merci de à toi de continuer à surfer sur Parl Hot, me lire et commenter. Il y aura très très vite plein de nouveautés en ligne !
Tchuss

Olivier 11/04/2006 23:12

Dommage d'être confronté à ce dilemme. Un blog, espace libre, qui devient un espace de jugement parce que ça pourrait servir à des fins professionnelles ... c est une source de frustrations perpétuelles.
Si tu veux étayer un CV, dévoile ton identité. Sinon, qu'est-ce qui t'empêche d'avoir 2 blogs, l'un vitrine bien pensante, étudiée, etc. L'autre, une fenêtre vers la liberté qui te permettrait de tester l'avis des gens, les confronter à des prises de positions et les ajouter des fautes d'orthographes quand ça te plaît. Les journaleux ... c est un peu comme des artistes qui attendent une reconnaissance de leurs pairs alors que c est le lecteur qui importe quand on a des idées.
Merci de continuer vers l imperfection, c est ce qui rend les blogs humains et plus impliqués qu un article dans un magazine branchouille.

-E- 09/04/2006 12:06

Mais oui il est beau ton blog!!!