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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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5 avril 2006 3 05 /04 /avril /2006 01:46
Le sémiologue à la petite semaine que je suis dénoue le pacte sulfureux que signent Le Fil de Camille et la fibre textile dans la dernière campagne Kookaï (suite).

La marchandise se fait chair
Dans l’affiche Kookaï, on le voit : la fibre de la fringue s’autonomise violemment. Lévite électrostatique comme la résultante d'un son. Une onde sonore qui se propage, nerveuse. La fibre est nerveuse. Animale. Le fibre est autant  sonore qu'épidermique. C’est le tissu charnel d’un vêtement qui se fait chair plus qu'il n'habille. Un vêtement-marchandise qui prend vie pour mieux susciter le désir, dans un mélange troublant et très fort d’Eros et de Thanatos. Via la fibre, la marchandise s'approche de vous comme un serpent tentateur. Il est question de mue, de prédation, de changer de peau. D'en prendre une autre. Comme le verbe Biblique, le vêtement-marchandise se fait chair. Odieux, mais divin, il s'effiloche, s'aiguise et se divise en fibres pour mieux régner, pour tel un monstre-plante s'infiltreren vous et vous contaminer et tel un succube vous cannibaliser. Ce cannibalisme indique la forte personnalité de la fille Kookaï. Qui va se retourner contre vous, hommes.

La peau et l'égo, visée du Fil

Désir  = mort. Le slogan fait donc sens. Il dit : "Je ne suis pas jolie, je suis pire". On ne sait pas très bien si c’est la fille ou le vêtement-fil-marchandise-serpent qui le prononce. C’est probablement les deux, fusionnés. Mais toujours est-il qu'il surligne la situation de prédation qu'induit l'affiche, et pointe un message cruel, à savoir que la beauté n'est pas la pour faire joli et être consommée. Mais qu'au contraire, elle est là pour créer le désir, vous attirer dans ses filets et donc vous consommer. "La peau est ce qu'il y a de plus profond" disait Paul Valéry. La fibre prédatrice de Kookaï et Le Fil de Camille se rejoignent donc dans les profondeurs de l'être : la peau et l'égo

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Published by Sylvain Fesson - dans divers
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