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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 01:37
Casseurs de presse

Les derniers mots prononcés du bout des lèvres par François Ruffin sont lourds de sens. Ils pèsent comme un aveu, une profession de foi un peu taboue, trainant ses fanômes, dure à assumer au grand jour. Le Plan B
souhaite revenir aux sources de ce qui fit l’élan du premier Libé. On repense alors à un passage précis de leur manifeste paru dans le hors-série de PLPL en janvier dernier. Satisfaits, ils y publient le courrier d'un abonné qui leur a donné une "plantureuse souscription". "La dernière fois que j’ai envoyé un soutien financier, dit celui-ci, il s’agissait de Libération. Sans commentaire. C’était il y a longtemps mais je n’ai toujours pas digéré. Si la même chose se reproduisait, je me réserve le droit de vous poursuivre et laisse mandat à mes héritiers pour continuer ma "tâche". Salut, merci et bonne chance !" On sent que ce relent de "camaraderie" les requinque au Plan B, comme la validation de leur va-t’en-guerre. "Libé 1 est mort mais pas le désir de pouvoir lire à nouveau un tel journal gaucho, semble dire Le Plan B. Ce désir somnole. A nous de le réveiller." Personnellement, on repense à ce vendeur de Libé par portage qui était récemment venu toquer à notre porte pour nous tirer la larme à l’œil et le billet de notre lard-feuille. Sur le même registre (super affectif et militant), il nous avait sermonné pour qu’on s’abonne à Libé. Pour qu'on sauve ce Libé à l'article de la mort dont la vie dépend de ses lecteurs. De toutes ses forces il essayait de nous faire prendre conscience de l’importance citoyenne et politique de ce quotidien, de la somme de travail qu’il nécessite, de sa fragilité financière et du faible prix qu’il nous coûte pour l'avoir chaque matin à l'heure du café. Patati patata. J’avais l’impression qu’on venait me vendre un tout jeune fanzine. J’ai eu l’impression qu’on venait me vendre un Plan B.


"Comme disait Sartre, on va le faire et on verra après"


Euh, une dernière chose. C’est quoi les "Sardons" ? Dans le manifeste du Plan B, vous parlez à plusieurs reprises de "Sardons" et de "Sardonie libre".
Bah euh ça fait maintenant 5 ans qu’existe la Sardonie, c’est-à-dire le territoire libéré par PLPL, le territoire du Parti de la Presse et de l’Argent libéré par PLPL.

C’est un territoire imaginaire qui permet de schématiser votre combat ?

Voilà.

La Sardonie c’est donc votre Grosland à vous ?

Ouais, enfin un Grosland où tous les journalistes et les financiers auraient été expulsés.

D’où vient le mot "sardon" ?

Bah tu regardes le dictionnaire à "sardonique".

Ok. Le premier numéro du Plan B sort donc bien en mars ?

Oui, le 9 ou le 10.

Merci beaucoup pour cet entretien téléphonique.

Pas de problème. Mais franchement, pour ce qui est de faire un papier dans Médias et puis tout ça, je ne le sens pas du tout. Mais je te souhaite bon courage dans tout ton travail qui n’est pas forcément un travail de choix. Donc quand je dis que je trouve ça très mou, je ne t’associe pas au truc. J’ai plein de copains qui sont pareils, qui travaillent à Courrier Cadre, franchement ce n’est pas un bon journal.

Ok. Bon courage avec ton bouquin.
Bon courage à toi dans toutes tes piges. Je suis désolé de ne pas te permettre d’en proposer une de plus. A la limite, si tu veux, pour Médias, une fois que le premier numéro est paru, tu racontes l’histoire comme tu veux à partir de ce qui était publié dans le supplément PLPL, dans Fakir et puis tout ça.

Tu préfères que j’en parle après la sortie du premier numéro ?
Je veux dire que tant que ça ne passe pas par une interview de moi, tu fais ce que tu veux. Il n’y a pas de soucis, les gens peuvent en parler autant qu’ils veulent en bien et en mal, il n’y a pas de problèmes. Mais par contre, il y a un aspect collaboration dans le fait de donner une interview et je n’ai pas forcément envie de collaborer avec un journal que je n’apprécie pas particulièrement, quoi. Voilà, voilà.

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Published by sylvain Fesson - dans MEDIAlogue
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