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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 00:50
Mystic Bullshit ?















Ce jeune duo new-yorkais a fait la nique à tout le monde. Ultra buzzé depuis février 2008, Oracular Spectacular, son premier album, a explosé cet été grâce à l'appui d'une tournée mondiale et de médias faisant d'eux les dieux d'un hypothétique nouveau Summer of Love. Alors MGMT, mystic ou bullshit ? C'est ce que je suis allé leur demander à l'occasion de leur première partie des Kings of Leon le 8 juillet 2008 dernier au Zénith de Paris. 


Vu l'attraction dont ils sont l'objet, Ben Goldwasser (machines) et Andrew VanWyngarde (guitare-voix) ne sont plus trop maîtres de leurs faits et gestes. Nouvelles marionnettes de l'industrie du spectacle malgré eux, depuis quelques mois ils enchaînent interviews et concerts en se conformant au bon désir de sa maison de disques (Sony/Columbia). Côté concerts, autant dire qu'ils commencent à fatiguer et que ça s'est vu le 8 juillet au Zénith de Paris. Les musiciens épaulant le duo avaient beau se démener pour donner une dimension hard rock et héroïc fantasy à cette pop gloubiboulga, tout était globalement mou. La voie d'Andrew approximative. Et pas de "Kids" ni de "The Youth". Tout juste les mélodies d'"Electric Feel" et de "Time To Pretend" pour nous redonner le sourire. Côte interviews, idem. Les mecs fatiguent. Normal : tout le monde les veut. C'est donc très dur d'obtenir ne serait-ce qu'un quart d'heure de tête à tête avec eux. Pour réussir, une seul règle : être le plus offrant. Leur attachée de presse française (Phunk) me l'a bien fait comprendre. C'était genre : "Coco, si tu pouvais m'assurer de placer ta future interview du groupe dans 36 000 canards, je pourrais te promettre un rencard, mais sinon vu le nombre de demandes que j'ai, je crois que ça ne va pas être possible." Bref, je suis quand même est parvenu à mes fins. "Rendez-vous au Zénith à 14h30. Tu auras 15 minutes. 14h45-15h. Sois à l'heure."

 

Bien évidemment j'étais là à l'heure. Bien évidemment eux non. J'ai dû poireauter deux heures en compagnie de deux journalistes mandatés par je ne sais plus quel opérateur téléphonique pour demander au groupe quelles étaient ses influences musicales. Tout ça pour générer du trafic sur leur offre de téléchargement de MP3. Et plus le temps passait, plus tout ça devenait stupide. On nous a dit que les mecs revenaient en bus d'Amsterdam, qu'ils étaient crevés. Et effectivement, à les voir aller et venir à proximité de nous, une chose étaient sûre : ils ne mourraient pas d'envie de venir taper la discute. On nous a dit qu'ils étaient vraiment en retard pour les balances et qu'on aurait sans doute droit qu'à 10 minutes. De toute façon, à force de siroter du Coca en écoutant les balances lourdingues des Kings of Leon, on était presque aussi stone qu'eux devaient l'être vu leur récente escale, alors à quoi bon ? On nous a finalement dit qu'on aurait qu'un mec sur deux. Que comme ça tout irait plus vite. Et ça nous a sorti un peu de notre léthargie. Fallait-il mieux parler à Andrew ou à Ben ? On a eu Andrew, le chanteur. Le beau gosse quoi.

 


"Nous, gonzo ?"


"Les gens du milieu veulent que nous agissions comme des enfants"

 

 

 

 

Bonjour Andrew. Il paraît que vous revenez d'Amsterdam. C'était bien ?
Oui, on a eu quelques jours de repos.


Vous avez ramené quelque chose ?
Non, parce qu'il y avait la douane à la frontière.


Votre succès actuel : good trip, bad trip ?
C'est super, on s'amuse. On a fait de gros festivals en Europe.


Vous aimez jouer dans de gros festivals ?
Oui.


J'ai lu que vous préfériez jouer dans des petites salles ?
Oui, c'est plus confortable, mais on s'habitue à jouer sur de grosses scènes, on apprend à rentrer dans le concert quand même.


Vous êtes prêt à jouer dans des stades ?
Non, quand même pas !


Vous sentez-vous en mode gonzo dans le music business ?
Gonzo ?


Oui, je veux dire que tout ce cirque est nouveau pour vous du coup vous devez vous sentir un peu à l'écart de tout ça alors que vous en faites partie.
C'est vrai qu'en ce moment, pour certaines raisons qu'on ne s'explique pas vraiment, on a un succès fou. Et tout ça s'est fait si vite, on joue déjà dans de gros festivals alors qu'on ne s'est jamais vraiment considéré comme un groupe de scène. On se sent donc encore immature par rapport à tout ça.


Vous réussissez à garder les choses sous contrôle ?
Assez, oui (rires) !


Pourquoi ris-tu ?
Parce que je repense à certains concerts ou certaines interviews que nous n'aurions pas dû faire vu notre état.


Mener une vie de popstar n'est pas de tout repos.
C'est-à-dire qu'au départ tu es excité de faire tout ça, mais en ce moment on commence à accuser le coup parce qu'on tourne sans relâche depuis mai. Les choses devraient se calmer en janvier.


Etre une popstar c'est une bonne façon de profiter de sa jeunesse ?
Je ne sais pas, c'est une vie assez bizarre c'est sûr, mais Ben et moi sommes de vrais amis, donc on apprécie de partager tous ces moments ensemble, surtout que dans l'ensemble on passe du bon temps. On se sent donc privilégié.


Ton avis sur la manière dont les médias parlent de vous ?
J'ai arrêté de lire ce qu'on écrivait sur nous et je pense que c'est une bonne chose parce que je ne veux pas que ça nous influence dans notre musique et notre comportement.


En même tout cette médiatisation est gratifiante. Je veux dire lorsqu'on est jeune et fan de rock on rêve sur ce genre de popstar que vous incarnez aux yeux des médias, on souhaite devenir ce genre de personnage. En tant qu'auditeurs vous avez dû passer par là j'imagine. Mais maintenant vous êtes de l'autre côté du miroir. C'est une position étrange, non ?
Oui, mais j'essaie d'y penser le moins possible même si c'est bien d'inspirer les jeunes avec un nouveau genre de musique.


A propos d'inspirer les jeunes, tout à l'heure en arrivant au Zénith j'ai vu des groupies qui attendaient déjà aux grilles...
Elles devaient attendre les Kings of Leon (rires) !


Vu leur look similaire au tien, je ne pense pas, non ! De la même manière, je n'ai vu aucun journaliste attendre pour interviewer les Kings of Leon. Tout porte à croire que c'est vous le groupe phare de la soirée ! Bref parlons de vos textes. Ils semblent très importants pour vous. C'est toi qui les écrits ?
Oui. Ben m'a un peu aidé sur le texte de "The Youth" mais sinon les paroles sont de moi.


Quelle est ton ambition à ce niveau ?
Aucune en particulier. Généralement les paroles arrivent une fois qu'on a fini la musique. A ce moment-là j'ai juste une petite idée du thème que je vais aborder sur tel et tel morceau, alors je m'isole dans une pièce avec des livres que j'aime.


Quels genres de livres ?
Ça peut être un peu de tout, même des magazines. J'aime lire. Récemment j'ai lu un livre du psychiatre
Carl Jung, c'est assez dense et ennuyeux mais il y a aussi de bonnes choses là-dedans. La plupart du temps quand je lis, je suis à l'affût de bons mots et de concepts qui peuvent m'inspirer. Mais les textes que j'écrits sont aussi spontanément guidés par la sonorités des mots. Souvent ce n'est donc qu'après coup que je réalise qu'il y a du sens là-dedans. Je suis donc souvent étonné de la manière dont les gens peuvent interpréter mes textes. Mais j'aime que chacun puisse y voir ce qu'il veut, ça veut dire que ça les inspire.


J'ai l'impression que tes textes parlent pas mal de la jeunesse, de ta génération. A la base c'est quelque chose qui te touche particulièrement les chansons générationnelles ?
Oui, la plupart du temps les chansons qui me touchent parlent de la jeunesse. Par exemple, j'aime bien les textes nostalgiques de
David Byrne, ceux de Neil Young, de Bob Dylan.


Tu as juste 25 ans et au regard de tes textes tu sembles être déjà très nostalgique de ta jeunesse, comme si tu l'avais perdue ...
Oui !


Faire partie du music business, ça t'aide à rester jeune ou à devenir un adulte ?
Les gens veulent que nous agissions comme des enfants, ils sont là : "Tu veux de l'eau ? Tu veux que je te recoiffe ?" Ils nous infantilisent et c'est assez étrange. Après avoir obtenu mon diplôme à la fac, j'avais commencé à faire des petits jobs, à me confronter à la réalité et à grandir en faisant face à mes responsabilités et maintenant c'est totalement l'inverse (rires) ! Les gens organisent tout à notre place.


C'est fragilisant et il y a de grandes chances qu'un jour tout cela s'arrête...
Oui, je ne nous le souhaite pas mais j'ai bien ça présent à l'esprit, surtout qu'aujourd'hui il est de plus en plus rare qu'un groupe fasse une longue carrière, c'est pour ça que j'essaie de regarder les choses avec lucidité, en me disant que demain je peux très bien être obligé de me remettre à faire des petits jobs de merde.

 

(Suite et fin.)

 

Chronique de Oracular Spectacular


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

Alex B 12/03/2009 12:49

C'est marrant que tu évoques Santogold. MGMT évoque l'influence Jodorowski pour leur clip de Time to Pretend, réalisé par Ray Tintori. C'est clair que le côté nourrisson au beau milieu de visions psyché et parfois sanglantes... De son côté, Santogold s'est aussi grandement inspiré de la "Montagne Sacré" du même réalisateur, pour le clip de Les ARTISTES réalisé par Nima Nourizaded. MGMT et Santogold ont dû aller aux même cours de cinéma...

Elodie 06/10/2008 19:03

Super ton interview d'MGMT! J'ai également eu la chance de les rencontrer lors d'un festival (Coachella) et j'attends avec impatience le prochain album qu'ils m'annonçaient comme "plus spontané".

Yoda 30/08/2008 20:59

super l'interview Connais tu le nom de la personne qui a réalisé les clip "TIME TO PRETEND" et "electric-feel"?

MaryLav 24/08/2008 19:09

C'est drôle quand même. Ils sont dans les 3/4 des pages musicales que j'ouvre. Quand on dit partout, c'est vraiment partout! J'ai pas vu ça depuis les Arctic Monkeys je crois. Mais tant mieux! ils le méritent assez

Sylvain Fesson 24/08/2008 19:14


C'est l'invasion, oui. MGMT saure-t-il survivre au phénomène MGMT ???


lustucru 22/08/2008 22:29

c'étais du coca zero?

Sylvain Fesson 23/08/2008 02:40


Même pas.