Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Presentation

  • : PARLHOT
  • PARLHOT
  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
  • Contact

INTERVIEWS

Rechercher

11 mars 2006 6 11 /03 /mars /2006 16:06
Moins fort que Calo ?

11h20, samedi 11 mars. Comme il m’arrive de le faire, j’allume la télé dès mon réveil. Je vois Johnny Halliday encerclé par trois black qui foutent le dawa. C'est quoi ce bin’s ?


Les rappeurs représentent les démons du rocker. La street-crédibility qu’il n’a plus en tant qu’idole vieillissante et friquée. Ils sont aussi son lien vers les jeunes qu’il ne touche plus. Mais ces trois rappeurs n’ont eux-mêmes plus VRAIMENT de démons, de street-cred’ et la côte auprès des jeunes (Aujourd’hui c’est plus Rohff, Diam's, Sinik, Booba). Comme Johnny, ils ont aussi leur âge d’or derrière eux et tout crédit définitivement perdu. Ils le savent, alors tant qu’à faire, ils enfoncent le clou en prêchant pour le grand capital de l’icône Johnny Hallyday. Ici tout le monde est détaché de ses racines, de son passé et n’est plus qu’ombre de ce qu’il fut. Ici, tout n’est que Hit, Machine et Superficialité. On se refait une vie qu’on n’a plus pour duper les jeunes. Mais on s’en fout un peu car ça fait déjà longtemps qu’on n’a plus, rappeurs comme rocker, de portée mythique à gérer, on peut donc faire ce qu’on veut. Enfin presque. Ces quatre-là ne font pas VRAIMENT n’importe quoi. Johnny, le loup, et ses trois petits cochons essaient de casser la baraque car d’autres ont montré que c’était possible avant eux. En s’associant sur "Face à la mer", Passi, l’ex-star du rap, et Calogero, le rocker variète, ont cassé la baraque. Tous deux racontaient leur difficile ascension d’autodidacte dans la musique et la vie. Une vie à jouer des coudes pour réussir. Et en apparence, le rocker profitait encore du rappeur. Passi blablatait et Calo répétait le refrain en boucle. Mais sous le manteau, le rappeur s’en mettait plein les fouilles grâce à la popularité maousse du rocker. C’est sur ce succès que surfe Johnny avec "Le temps passe", mais aussi Noah lorsqu’il chante "Métisse" avec Disiz la Peste. Ce n’est pas le duo Run DMC et Aerosmith qu’ils ont en ligne de mire !

La vérité, c’est qu’avec le temps qui passe et l’argent aussi (time is money), on se détache de nos racines et de ce qu’on a été, de cette période de notre vie où l’on était héroïque et où l’on s’est défini. Sorti des galères et parvenu au sommet, on se retrouve un jour à dire qu’en fait c’était bien avant, parce qu’on avait un combat, un idéal, une cause. Parce qu’on se sentait vivre en participant à quelque chose. Tandis que légende, partout et nulle part à la fois, notre histoire ne nous appartient plus, on ne s’appartient plus, on rame pour survivre à ce qu’on fut. Au beau milieu d’un trop plein de soi médiatique, on est vidé de son vécu. Cette conclusion d’enfer ne va pas m’aider à rentrer dans mon samedi. En même temps, je n’ai pas de souci à me faire. Le temps passe mais ce n’est pas demain que je vais crouler sous l’argent et les fans !

Partager cet article

Repost 0
Published by sylvain Fesson - dans DISCussion
commenter cet article

commentaires