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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 10:13
Catch him
if you can















Le 28 janvier dernier les journalistes ne s'étaient pas uniquement déplacés à la conférence de presse de la 6e édition de la Nouvelle Star pour boire du champagne et les propos du nouveau jury. Ils étaient aussi venus pour Julien Doré, sa barrette, sa gueule d'ange, ses tatouages, son ukulélé et ses nouvelles chansons. Parce qu'alors en pleine phase d'enregistrement il avait accepté de sortir du studio pour nous livrer 4 extraits de son futur album. J'en avais profité pour lui voler illico presto dix minutes sur son agenda de Ministre afin de faire le topo sur son épopée médiatique.


 



"la Nouvelle Star m'a changé au même titre que les Beaux Arts"


"je n'ai aucun rapport avec M6"

 

 

 

Regardais-tu la Nouvelle Star avant d'y participer ?
Non, donc malheureusement je ne savais pas trop ce que je pouvais en tirer. J'avais uniquement en tête les castings que je regardais avec mes potes comme si c'était des concours de patinage artistique. En même temps, il y avait un truc touchant qui me plaisait là-dedans. Et je me suis dit que si j'avais la chance de passer à l'image au moment des castings ce serait l'occasion de montrer le nom de mon groupe inscrit sur mon ukulélé. Il se trouve que ma candidature a fait basculer pas mal de choses. Mais franchement, jusqu'à la première émission en direct, je n'ai jamais pris conscience de ce dont il s'agissait.


Si tu participais à l'émission avec la connaissance que tu en as aujourd'hui, te comporterais-tu différemment ?
Non, parce que je m'y suis comporté de manière très naturelle. Je respectais vraiment les gens avec qui je travaillais et je pense avoir essayé de le dire à la fin. C'est hyper important pour moi car c'est vraiment des gens qui m'ont permis de faire la musique que je voulais. C'est-à-dire de chanter les Kinks, de parler de Duchamp. Je n'étais pas contraint, j'ai pu y exprimer des choses. Rien que pour ça c'était super. Car mine de rien c'est quand même l'endroit rêvé pour faire ce genre de choses. Aujourd'hui si devais refaire l'émission je la referais donc de la même façon. Elle m'a changé au même titre que mon expérience des Beaux Arts.


Penses-tu, comme l'a dit Philippe Manœuvre, que ce genre d'émissions tient le rôle dénicheur de talents que les maisons de disques ne tiennent plus ?
Oui, mais ça ne veut pas dire que c'est plus facile pour autant. On le voit très bien. Ça va être la 6e édition de l'émission et - je vais te dire un chiffre au pif - on se souvient à peine de 12 candidats. 12 candidats qui ne vivent pas de ce qui s'est passé.


Mais toi, sans cette émission, tu n'aurais sans doute jamais pu enregistrer un disque.
Je ne sais pas. Parce qu'à ce moment-là, avec mon groupe, on commençait vraiment à percer. Grâce à Myspace des portes s'ouvraient. On est par exemple parti en Belgique faire des premières parties d'un groupe qui s'appelle
Sharko et personne n'est venu me dire : "Ah, c'est le Julien de la Nouvelle Star !". Tout le monde s'en foutait. Après sans cette émission peut-être que je ne serai jamais vraiment sorti du lot. Je ne sais pas. Mais dans cette société qui est la nôtre, je pense que c'est important qu'une émission comme ça existe. Une émission qui respecte ses candidats et leur permet d'être fidèle à eux-mêmes, il n'y en n'a pas 200, il n'y en a qu'une. Et parce que j'ai une certaine éducation, je trouve ça important de dire à certaines personnes que j'ai sincèrement apprécié la qualité de ce programme.


Tu ne t'attendais pas à cette "qualité" ?
Non, j'ai beau savoir que des choses sexy peuvent se faire dans le domaine de la variété, j'ai mis du temps à me sentir totalement à l'aise parce que j'avais peur de la télévision.


A ce stade de l'aventure qu'elle est la nature de tes liens avec M6 ?
Je vais te dire un truc tout simple : je n'ai aucun rapport avec la chaîne. Aujourd'hui les gens qui m'entourent pour l'album viennent du milieu indé. C'est des musiciens que j'écoute et que j'ai contactés moi-même. Mon directeur artistique c'est le mec qui dirigeait les albums de Manu Chao et de Brigitte Fontaine. Aucune major ni quelqu'un de chez M6 n'est venu m'emmerder. Jamais. Si c'était le cas je ne me gênerais pas pour le dire. Mais non, le seul truc que la chaîne me demande c'est de savoir un peu comment se passent les choses, comme ce fut le cas ce soir. Et ça veut dire aussi que quand j'aurai sorti l'album qui me ressemblera j'aurai la chance d'aller chanter mon single sur le plateau de la Nouvelle Star et je serai ravi de le faire comme si on m'invitait à Taratata ou sur la TNT.


(Suite.)


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Published by Sylvain Fesson - dans MEDIAlogue
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