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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 21:08

Eurêka ! magazine didactique de la post-modernité ?
Ce matin. 12h30 en fait. (Pigiste, je me lève, tard : le monde n’appartient pas aux pigistes galériens.) Ma boîte aux lettres est grosse des deux derniers numéros d’Eurêka ! Eurêka !, c’est "le cri le plus célèbre du monde" poussé, il y a 22 siècles, par Archimède qui a alors jailli "de sa baignoire pour parcourir, nu, les rues de Syracuse", comme le rapporte Sven Ortoli, directeur éditorial de (je vous le donne en mille) Eurêka ! Car depuis trois mois Eurêka ! est aussi un mag. Un peu le Technikart de chez Bayard. Un mensuel qui se la joue post-moderne (s'ouvre au monde qui bouge, à l'époque, quoi) et lance "Bienvenue dans l’infosphère" pour draguer les 15-25 ans qui ne l'ont pas attendu pour y entrer dans l'infosphère. Du coup, par ce cri genre Banzaïïï !, on a un peu l'impression que c'est surtout lui-même que le magazine essaye de se convaincre. Se convaincre de son envie et de sa légitmité à se lancer dans cette sphère, et à en décrypter la complexité : fragmentation des savoirs, extension du règne des technologies, de l'image, du zapping et réduction du temps de lecture, de réflexion et d'analyse. Avec pédagogie, Eurêka ! fait mine d'avoir découvert ce nouveau territoire (en lui donnant le nom d'infosphère) et d'en connaître les arcanes. Son filtre éditorial en balaye tout le spectre : société, sciences, technologie, philo, pub, histoire, look, écologie, jeux-vidéos. Pour remettre de l’ordre dans le melting pop post-moderne où les jeunes baignent. Pour qu’ils lisent et prennent de la hauteur sur tout ça.

"Beuah !"
Mais la maquette gicle et gigote d’un trop plein de couleurs, les sujets sont un peu courts, pas assez tirés en profondeur, car il faut faire vite, ne pas ennuyer le lecteur qui zappe plus vite que son ombre. On reste donc sur notre faim, même si au fil des numéros on sent qu'ils s'améliorent et trouvent un bon rythme. Mais après tout, qu’en sait-on vraiment de l’époque chez Bayard, a-t-on vraiment les outils pour la penser, la décrypter cette Epoque ? A-t-on vraiment envie de s’immerger là-dedans ? Non, on se contente de tripatouiller. De s’en donner l’apparence, mais pas les moyens, via des couleurs qui pètent pour mimer la joie de vivre qu’on éprouve à se lancer à l’assaut de cette époque merveilleuse, le bonheur qu’on a à se la réapproprier. Comme si elle venait de naître, d’être découverte et qu’elle était inoffensive. "Beuah !", chez Bayard, on rechigne en fait à mettre la langue et pleinement manger la soupe des temps qui court. On écrit du bout des lèvres, maquillant un Phosphore à la truelle happy-cyber-pop pour séduire des nouveaux lecteurs qui ne les ont pas attendus pour prendre l’époque d’assaut. Des nouveaux lecteurs qui ne lisent plus. Qui consomment des portables derniers cris et surfent-chatent à leur guise et jusqu'à pas d'heure sur le net. Sans oeillade de l'autorité parentale et en langage texto plus qu’en langue de Molière. Bref, Eurêka !, c’est pas mal, mais ça tombe un peu "Allo ?". Personne au bout du fil.

Bayard dans l’âme ?
Si je critique c’est parce que je tire sur mes 26 piges et qu’ils viennent de me refuser ma proposition de pige sur ma marotte ultime : les cyborgs. Et plus précisément, sur ce coup, "l’invasion de l’imagerie cyborg dans l’imagerie publicitaire et la représentation du consommateur ultimement branché". Alors qu’ils annoncent pour leur n°4 un sujet sur les vampires et les cyborgs... Il m’était arrivé la même chose avec le mag Muse. (J’avais proposé un dossier sur le retour plein pot du gothique et pif ! on me dit que c’est déjà prévu en interne.) Qu’en conclure ? Dois-je laisser tomber Technikart et bosser pour Bayard ?

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Published by sylvain Fesson - dans MEDIAlogue
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