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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 02:28
Punch hard grunge







"véhiculer un gros sentiment de déjà-vu, ce n'est pas péjoratif, c'est super"

"la musique qui n'accroche pas, je n'en vois pas l'intérêt"







Votre premier album est bien construit je trouve. Il alterne judicieusement quatre morceaux rentre dedans, glisse une ballade, repart au charbon juste derrière avec 5 morceaux vénères et s'achève sur une ballade.

Nicolas : Oui, je voulais entremêler les deux, ne pas faire une face énervée et une face calme. Mais le truc c'est que cet album j'ai eu le temps de le préparer. "Teenage", la chanson la plus vieille, date de 2001.
Robin : ça n'a plus rien à voir avec ce qu'on fait aujourd'hui. Parce qu'on a grandi et que maintenant on compose plus à trois. Or on a tous des influences différentes.

Toi, Robin, quels sont tes groupes favoris ?

Robin : Mon groupe préféré de tous les temps en ce moment c'est les Queens Of The Stone Age. Après en tant que batteur je suis sur-fan de Police et j'adore Dave Grohl. De toute façon moi je suis de la génération grunge de Seattle. Ce qui me fait vraiment triper à la batterie ce n'est pas de faire des trucs ultra-compliqués mais de faire des trucs énergiques pour casser mes baguettes ! Le côté défouloir.

Toi, Leslie, quels sont tes groupes favoris ?

Leslie : En fait, malgré notre différence d'âge, mes goûts sont asses proches de ceux de Nico.
Nicolas : Oui, on se retrouve un peu sur des trucs punk américains bien kitsch comme il y en a d'aujourd'hui. Mais moi mes influences viennent vraiment du hard US des années 80.

Ça se sent à la présence de quelques brefs solos de guitare sur certains de vos morceaux.

Nicolas : Oui, je n'en fais pas partout parce que ça me gonfle. Quand j'avais 16 ans c'était autre chose.

Dans votre disque, on se prend vraiment les années 80 en pleine poire quand surgit un saxo en plein milieu de Lower. En l'entendant je me suis dit : "Ah, les salauds, ils ont osé !" et ça passe, nickel, classieux.
Nicolas : C'est un copain jazzeux qui est venu mettre ça. Moi je ne l'aurais jamais fait.

Ça donne un petit côté quart d'heure américain au morceau.

Nicolas : Il y a un peu ça, mais ce n'est pas non plus un slow genre "Still Loving You" de Scorpion. En fait quand j'ai enregistré l'album je me suis dit qu'on allait rajouter plein de trucs kitsch qu'on n'écoute plus !
Robin : On a par exemple mis des petites percus trouvées sur des albums de Motörhead !

Aujourd'hui le hard revient pas mal en force. Il est enfin de bon ton de dire qu'on écoute AC/DC, Metallica, Iron Maiden, ce que font des groupes comme Justice, Fancy...

Robin : Oui, il y a un gros retour de ces années 80. Je le vois tous les soirs au Klub où je bosse comme ingé-son : les groupes qui rameutent le plus de monde sont ceux qui auraient fait un carton dans ces années-là. Leur musique véhicule un gros sentiment de déjà-vu, mais ce n'est pas péjoratif, c'est super.

Tous les morceaux de votre disque sont super accrocheurs, ce qui m'a, j'avoue, bien bluffé. L'objectif de Talia c'est l'efficacité mélodique ?

Nicolas : Oui, tant que je peux. Ça c'est l'influence des groupes de hard, on est toujours sur la même structure : intro, couplet, solo au milieu. Pour l'instant on en est là. Sur le deuxième album ce sera peut-être un peu différent. Mais bon le problème pour moi c'est que la musique qui n'accroche pas je n'en vois pas l'intérêt. Ça veut dire que n'importe quel con peut le faire parce que c'est souvent les trucs les plus simples qui sont le plus compliqué à faire.

Effectivement, votre rock est loin d'être cérébral, au contraire il a quelque chose de régressif...

Nicolas : Mouais... c'est sûr qu'on ne fait pas de l'expérimental prise de tête mais je ne suis pas non plus dans le trip "1, 2, 3, 4, couplet, refrain, couplet, refrain" genre 2 minutes 10 à fond la caisse comme les Ramones. Pareil pour les paroles.
Leslie : Mais allez Nicolas, ce n'est pas grave si tu n'es pas cérébral !
Robin : Oui, moi je suis complètement d'accord ! Franchement, à part quelques groupes comme Primus, la musique cérébrale m'a toujours fait chier.

Le groupe, ça vous prend beaucoup de votre temps ?

Nicolas : On a des emplois du temps carrément incompatibles. Robin est régisseur au Klub, moi je bosse dans des studios, Leslie est étudiante en informatique. On a donc du mal à se voir en dehors des répétitions et des concerts, mais ça va venir, surtout avec la tournée qui se profile.

Vous avez des plans pour faire des premières parties de groupes connus ?

Nicolas : Non, mais on a rencontré Dave Grohl, on aurait dû lui demander !
Robin : Ah oui, c'était énorme ! Pour la sortie du dernier album des Foo Fighters on a reçu des invitations pour l'écouter en avant première. Ça se passait dans un bar. On était à peine une trentaine, les "Fighters" étaient là au complet et nous on était là comme deux cons parce qu'on devait être les seuls à ne pas être journalistes.
Nicolas : On a croisé le mec de Luke, qui a d'ailleurs carrément snobé Dave Grohl, ça m'a fait halluciner. Ce qui était rigolo c'était de voir Dave Grohl.

Vous avez réussi à lui parler ?

Nicolas : Oui, à un moment il m'a attrapé par la manche. J'avais peur qu'il m'en mette une ! Il est balèze. Dave Grohl lui tu sens qu'il est vachement sollicité. Tu lui parles et au bout de 30 secondes l'attachée de presse t'interrompt parce qu'elle a toujours quelque chose à lui dire. J'hallucinais de me dire que j'étais en train de parler avec le batteur de Nirvana. J'essayais de ne pas trop y penser sinon j'étais cuit !
Robin : Le mec est super connu mais il n'a absolument pas le melon, il reste hyper humble, très cool. Moi ce qui m'a rendu fou c'est qu'on a parlé avec lui comme si c'était un pote. Le bassiste la première question qu'il nous a posé c'est : "Wouah, il y a du rock en France ?" Ce n'était pas péjoratif mais il avait l'impression qu'il n'y avait que dalle. Il ne connaissait aucun groupe français.

Vous leur avez filé un de vos CD ?

Robin : Oui, Dave Grohl est reparti à son hôtel avec des CD à nous dans les poches !


Photo par Thomas Laisné

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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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commentaires

juko 23/05/2008 09:20

Ca devient hardcore ce blog. Je vais vous denoncer à MAM. On est en sarkoland kan meme

Billy HP 21/05/2008 01:09

Désolé, j’avais un peu les fesses trop serrées ces temps-ci je n’avais senti venir le second degré. Sinon je n’ai pas de gun (des dents acérées à l’occasion). Par contre j’ai une très haute opinion de la musique. Donc le “juste de
la musique” ne passera pas avec moi. J’imagine que ceci (et ton côté
basketteur) feront partis de nos différence et voilou. So be it.

Sylvain Fesson 21/05/2008 01:12


Billy, on s'embrasse ? Allez, c'est JUSTE un bisou !


Coralie 18/05/2008 21:51

Ahah mais dites moi c'est animé par là dessous ;)Ceci dit, je n'agrémenterai pas le débat (du moins, pas cette fois) mais j'aurai juste aimé savoir s'il était possible d'obtenir une adresse mail quelque part, j'ai une petite requête personnelle à adresser au (ô!) grand créateur de ce blog. Cher Sylvain, ne t'inquiètes pas je ne suis pas groupie (du moins, pas cette fois *bis), c'est juste une petite aide personnelle à propos d'un rapport de stage de journalisme... (j'ai vendu la mèche, soudainement ma requête devient moins intéressante, j'en ai conscience). Ceci dit, chapeau pour ce blog, c'est toujours un plaisir de venir lire ces interviews :o)  

Sylvain Fesson 18/05/2008 21:58


Comment ça Coralie tu ne vas pas alimenter le débat ? Mais si il faut, c'est obligatoire !
Content en tout cas que mon blog te plaise. Je te recontacte au sujet de ta requête perso en espérant que tu ne me demandes pas non plus de soulever des montagnes ;-)


Billy HP 17/05/2008 15:47

Relou ? Moi ? J’ai peur de ne pas suivre. Relou parce que je critique ? Relou parce
que le mot “désole” t’a vexé ? C’est vrai c’est un peu fort, “déçoit”
aurait été plus proche. Ceci dit - et bien que j’espère me tromper dans l’interprétation de tes
mots - ce n’est qu’un avis sur une musique. Pour ce que cela vaut (mon
avis, pas Talia).
Disons, pour préciser mon propos que je trouve que l’on peut faire
de la bonne musique en faisant simple aussi. Intelligent ça ne veut pas
dire Radiohead mais “pas conçu-pour-marcher”. A mon sens. Un bon
exemple d’intelligence désaffecté c’est The Stooges par exemple.

Sylvain Fesson 17/05/2008 15:48


Ah stop le premier degré Billy HP ! Je rigolais. Quand je dis “t’es relou” ça veut dire que “tu me casses ma baraque, saligaud” et voilà c’est relou, espèce d’objecteur de conscience Relax guy c’est JUSTE de la musique, putain voilà ce que je voulais dire : JUSTE de la musique so calme
down et pose ton gun baby !


Billy HP 15/05/2008 12:21

ylvain, tu vas m’en vouloir, mais je trouve cela un peu mollasson. Quand tu dis “ça commence à devenir insupportable ces prédictions
débiles sur l’avenir de la musique” je suis heurex qu’on tape un peu
sur cette table et qu’on reprenne le temps de simplement écouter la zik
plutot que nous la lire dan sune boule de cristal. Mais si c’est pour
dire “”J’aime pousser mon caddie en écoutant The Teenager” à la ligne
suivante, je t’avoue que cela me désole. Et là, si les gars ont des tripes, de la hargne dans la grosse caisse
et des dents pour les planter dans un manche de basse, c’est juste
décevant qu’ils n’aient rien de passionnant à nous dire. Mon opinion hein…

Sylvain Fesson 15/05/2008 12:22


Ah relou ! La musique de Talia et de The Teenagers c’est même combat, mélodique, accrocheur, et tant pis si ça dit rien de plus, y’a rien de désolant là-dedans. Enfin pour moi hein.