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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 23:32
Space Cow-boy

















2001 : J’habite Montreuil. A la médiathèque je vois un disque avec une pochette bizarre affublée du titre
R/O/C/K/Y
. J’emprunte. Ecoute : bizarre la musique, mais (sur)prenante. En 2004, j’ai une copine. Elle a l’opus suivant de ce groupe, les Married Monk. Le disque s’intitule The Belgian Kick et affiche encore une fois une drôle de pochette. J’écoute : toujours cette même musique protéiforme, mais on sent que le groupe a tout de même su mettre un peu d’ordre dans ses idées. Cet album a de la gueule. Ses climats forment un tout, harmonieux mais varié. Je suis séduit. En 2008 par je ne sais quel miracle je reçois leur cinquième album, Elephant People.

 

Par je ne sais quel miracle parce que je ne l'ai même pas demandé. Ce disque, je ne savais même pas qu'il allait sortir. Mais je l'écoute, volontiers. Le packaging est d'une élégance rare. Deux "M" très Marilyn Manson barrés d'un éclair à la Flash Gordon viennent à peine troubler la surface impeccablement noir d'un boîtier qui a tout d'un monolithique. Le rituel de mise en platine du disque n'en est que plus délicieux. J'écoute. Et là, la claque. La musique n'a rien perdu de sa superbe bizarrerie. Mais elle y a gagné en luxe, calme et volupté. En évidence. En clarté. Le son est sublime. Chaque plage décolle comme un feu d'artifice. Tout s'enchaîne idéalement avec son lot de surprises, d'instrumentaux, de morceaux remuants et de pures lévitations qui me démontent la tête.

 


"Spiel". Décollage immédiat. A la Pulp "Do You Remember The First Time". Voire Bowie de "Space Oddity". La voix de commandeur dans son cockpit, princier, inquiet. Une ascension insubmersible. Jubilatoire. Mélancolique.


"Merrick's Meditations". Le beat gras des Daft et Justice. La scie musicale. La science compositrice. L'ascension toujours. Et la voix toujours. Grave. Humaine. Robotique. HAL.


"Brother J". Sur ce blues de space cow-boy le spoken-word de Christian Quermalet fait des ravages. Biberonnée aux accents Lou Reediens, sa voix dégage un flegme au charisme foudroyant. Cette voix mâchonnante et envapée, c'est une voix de narrateur en puissance, une voix qui a vécu, dure en affaire, mythologique. La classe.


"Me & Me". Instrumental, léger, parfait. On avance encore vers ailleurs. D'étonnement en étonnement. Surtout que ça s'achève sur un petit déluge de frappes tribales du pus bel effet.


"Clementine's Song". Pop song élégante, distrayante, gracile, ponctuée par un chant de femme qui décalotte gentiment les quartiers à l'heure du thé.


"Double Doom". Une autre voix de femme, d'une élégance terrible, anglophile, celle de Vincent McDoom. Oui, l'animateur télé, le freak de La ferme célébrité. C'est la Jane Birkin du disque. Le morceau Melody Nelson. Sur un plateau d'argent. Sexy. Troublant. Nocturne. Planant. Et ce saxo qui se convulse en arrière fond. Chic et angoissant.


"Conversation Piece". Instrumental d'obédience lynchienne. Ambiance d'hôtel louche aux couloirs déroutants, vacillants. Encore une fois plane l'ombre du thin white duck, celui d' Outside.


"Hail 2 The Hound Man !" Un morceau éméché, kitsch, fou-fou. Les confettis explosent, les serpentins aussi. On danse avec son chien. On danse avec son chat. "La Queuleuleu" version Married Monk.


"Delphine's Angels". Instrumental synthé-folk. C'est simple, pure, cristallin avant de retomber dans les ténèbres, les cerbères et les vers. Les extrêmes qui se rejoignent et s'absorbent en ruban de Möbius.


"Elephant People". A nouveau ce côté Pulp, le planant et rose-bonbon de "Someone Like The Moon". Cette mélodie s'éternise en tourne-boulant sans fin. Divin.


"Pretty Lads (Slow Motion 2007)". Mais où est on ? Où est on ? C'est sublime de psychédélisme léthargique. Un sommet. Céleste. Chaque note étirée comme un orgasme à répétition ralenti X fois. "Everything in its right place".


"Clementine's Word". On n'a pas vu le temps passer et voilà que « les moines mariés » déjà s'envolent. On regarde leur soucoupe volante manger la nuit, s'y confondre, immense, mouvante, dans un ronflement d'orgues cosmiques. On n'est pas triste. On a la tête pleine de rêves prêts à peupler le jour et la nuit.


(Suite.)


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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