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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 12:48

Love on the beat

Sexuality.jpgComme il l'avait fait pour Politics, Sebastien Tellier a organisé un putch médiatique pour la sortie de Sexuality, fixée au 25 février. On était encore en 2007 que Technikart lui avait tapageusement consacré la une de son numéro d'été. Il faut dire que ce disque avait des arguments de poids : un concept-album sur la sexualité, rendez-vous compte, et produit par un Daft Punk en plus ! Sur le papier tout était là pour raconter une histoire vendeuse. Surtout que Tellier est un bon client, un type qui a une gueule, une image, une tchatche et qui en joue.


On confirme. Durant l'interview qui va suivre, s'il a gardé ses lunettes noires, l'auteur de "La ritournelle" s'est révélé courtois et bavard au possible. Un vrai moulin à paroles super rôdé et à la fois naturel ponctuant régulièrement ses mots comme les nôtres d'un rire très noble désarçonnant parce qu'on ne savait pas s'il s'agissait d'un rire de jouisseur profitant de toute chose ou d'un rire masquant une timidité réelle. Bref, on avait seulement une vingtaine de minutes pour s'entretenir avec lui, il nous en a donné comme si on était resté une heure. On a d'abord longuement parlé de son personnage, puis tout aussi longuement de musique. Je précise, parce que tout le monde a parlé de Tellier, de son côté Gainsbourg, de son côté Chabal, le personnage en somme, comme ce fut le cas pour Darc lors de la promo d'Amours Suprêmes, mais qui a vraiment parlé musique avec Sébastien Tellier ?

En plus pour tout vous dire Sexuality je l'aime. Au départ j'ai fait un rejet, je l'ai trouvé trop cheap, electro-r'n'b, second degré et ce chant de crooner eigthies FM, ce côté Christopher Cross, Alain Champfort, argh et en même temps miam. A la réécoute ses boucles répétitives et ses gimmick hypnotiques ont su m'imbiber comme des lampées de Jack Daniels. Même sa pochette, j'adore. Avec son coulis de rose chair et de bleu nuit elle traduit très bien la musique en question, et le défi qu'elle implique. Parce que ce petit homme sur cette femme-monde, c'est L'amant qui rétrécissait d'Almodovar, le Don Quichotte figé dans la Tentative de l'impossible : transcrire la sexualité en musique. Tellier n'est pas le premier à se frotter à l'exercice. La disco des 70's fourmille d'exemples, et je pense bien sûr au Marvin Gaye de Sexual Healing, au Gainsbourg de "Je t'aime moi non plus", au Gainsbarre de "Love on the beat", au Pulp de "Seductive Barry" et, nouveauté, à I Can Hear Your Heart, le dernier album solo de l'ex-Arab Strap Aidan John Moffat qui s'avère lui aussi un album concept sur le sexe. D'autres suggestions ? 

Ce disque, produit par Guy-Manuel de Homen-Christo, moitié de Daft Punk, beaucoup le trouveront pute et ne loueront que deux morceaux, "Roche" et surtout "L'Amour et la violence". Ils ont tort. "L'Amour et la violence" est dans chaque titre, comme un fruit qui ne demande qu'à s'ouvrir, une mélancolie sous-jacente. Il faut juste tendre l'oreille. Etre patient. Et "L'Amour et la violence" serait-il "L'amour et la violence" s'il n'y avait pas tout cela avant ?


Une itw de Sebastien Tellier sur Rue89.com

Une interview vidéo de Sebastien Tellier sur Free your mind
Une interview vidéo de Sebastien Tellier sur L'Express.fr


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Published by Sylvain Fesson - dans DISCussion
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