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  • : Parlhot cherche à remettre l'art de l'interview au cœur de la critique rock. Parce que chroniquer des CD derrière son ordi, c'est cool, je le fais aussi, mais le faire en face du groupe en se permettant de parler d'autres choses, souvent c'est mieux, non ?
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 02:29
GQ, newsmag BCBG



anne-boulay.jpg



"pas un Elle pour les hommes"

"pas de discours sur la masculinité"






Bonjour Anne Boulay. Quelles modifications a subit le GQ original pour coller à la réalité française ?
Avant nous il y a déjà 13 éditions de GQ à travers le monde et pas une ne se ressemble, donc il y a zéro concept. La seule idée directrice c'est que GQ se doit d’être un magazine masculin qui ne soit pas trop dans la caricature du masculin. C’est ça l’esprit de la marque GQ, son patrimoine commun. C'est donc là-dessus qu'on a travaillé, sur l'esprit plutôt que sur une formule de magazine. Et c'est à la fois beaucoup plus compliqué parce qu'on n'applique pas de recette, et beaucoup plus intéressant parce qu'on fait un peu ce qu'on veut.

Comment se concrétise cet esprit dans le GQ français ?
Ça donne un magazine qui a un petit ton. Il y a toujours un peu de distance dans la manière dont on traite les sujets, ça peut être de l'humour, de l'esthétique ou du sérieux quand un sujet est dérisoire mais voilà, il y a un petit pas de côté qui fait qu'on aborde les choses différemment. Je n'ai pas été choisi à ce poste parce que je suis une femme, mais le fait d'être une femme et de venir de la presse féminine me donne du recul par rapport aux clichés sur les hommes donc en ce qui me concerne ce n'est pas compliqué de m'en éloigner.   

L’homme GQ est culturellement différent d'un pays à l'autre. Comment avez-vous défini la personnalité de l'homme GQ français ?
En ne la définissant pas. A aucun moment on ne s'est demandé ce qu'était l'homme d'aujourd'hui, s'il était métro, über, Robert ou je ne sais quoi d'autre. On n'est parti d'aucune étude et d'aucun présupposé sur ce qui était censé intéresser les mecs, même si des choses traditionnellement attribuées aux hommes sont quand même dans ce magazine, comme les voitures, etc. Très peu d'hommes lisent des masculins en France aujourd'hui, alors on s’est juste demandé ce qu'on pourrait faire pour faire un masculin que les hommes aient envie de lire. Parce qu’on veut surtout faire un magazine qu'on a plaisir à lire.

Il y aura des bagnoles. Y aura-t-il aussi des choses sexy ?
Déjà il y aura des articles sur le sexe, qui seront soit un peu faux soit un peu marrants, et puis oui il y a un portfolio de "charme" mais avec un alibi culturel puissant parce qu’il sera l’œuvre de photographes dont la valeur artistique ne fait aucun doute. Pour le premier numéro, les photos sont de Jeanloup Sieff. On va plutôt aller dans l'esthétisme que dans le sex-shop.

Y aura-t-il des sujets politiques ?

Oui. Par exemple dans le premier numéro il y a un gros dossier sur les relations entre les femmes journalistes et les hommes politiques. Comme on est un mensuel et qu'on boucle super tôt, on ne peut pas traiter l'actu, mais comme on est très transversaux, on met un peu de politique partout. Pour ce numéro, on a aussi une très grosse interview de Bayrou par Beigbeder, et Bayrou dit des choses assez marrantes parce qu’il est en face de quelqu'un d'assez iconoclaste.

Ce n'est pas un peu facile de faire encore appel à Beigbeder ?
C'est super facile parce qu'il est très connu mais en même temps il fait un gros boulot, il prépare à mort ses interviews. Et comme il n'a pas le même rapport avec les hommes politiques parce qu'il n'est pas journaliste politique, il lui à balancer des trucs que les journalistes politiques ne se permettent pas de balancer parce qu'ils n'en ont rien à foutre et il a réussi à lui faire dire des choses qu'il n'a jamais dîtes à personne. Pour cette interview la commande de départ c'est de demander "Qu'est-ce qu'être un homme en France aujourd'hui ?" Donc voilà ce n'est pas une interview politique classique. Et il faut un peu de notoriété et de bouteille pour y arriver, parce qu'un mec comme Bayrou ne se serait pas lâché de la même façon s'il avait été face à quelqu'un dont il ignorait l'existence. Face à Beigbeder, il est sur le même pied d'égalité niveau notoriété et ça rend les choses intéressantes et possibles.

Quelles sont les autres plumes stars de GQ ?
A part Beig’ il n'y en a pas vraiment. Il y a plein de petites chroniques et on les fait tourner à mort parce qu’on n'a pas envie d'avoir des sénateurs de la chronique. Et on essaie de faire du contre-emploi. Là, par exemple, Denis Robert nous a fait un gros papier sur Mesrine, un texte inattendu et assez impressionniste éloigné de ce qu'il fait d'habitude. Donc voilà, on essaie de créer des surprises dans les images et dans les textes, en n'étant pas forcément là où on nous attend, ce qui est assez facile parce que personne ne nous attend nulle part.

Le concept de magazine masculin a toujours été casse-gueule...
C'est super casse-gueule. Enfin c'était encore récemment très très casse-gueule parce que ces dernières années il y en a beaucoup plus de magazines masculins qui ont mis la clef sous la porte que d’autres qui se sont durablement installés. Et les tentatives de masculins généralistes des autres éditeurs se sont soit cassées la gueule soit elles n'ont jamais vu le jour.

D’après vous pourquoi est-ce si dur d'imposer le concept du magazine masculin alors que celui du magazine féminin relève presque de l'évidence ?
Je ne pense pas que ce soit compliqué de lancer un masculin, je pense juste que personne ne s'était vraiment donné les moyens de le faire jusqu'à présent. Et par ailleurs je pense que le monde bouge un petit peu et, sans l'avoir vérifié de façon scientifique, on sentait que c'était peut-être le moment de le faire. Ce n'était peut-être pas le moment il y a 10 ans, mais maintenant c'est possible. Et je pense que c'est paradoxalement beaucoup plus casse-gueule de faire un féminin aujourd'hui parce que le marché est totalement saturé. Près de 90 % des femmes lisent des magazines or à peine 20 % des hommes en lisent, il y a donc beaucoup plus de possibilités de faire quelque chose pour les hommes.

Contrairement aux femmes, les hommes n’ont pas un rapport plus fusionnel aux magazines qui leur sont destinés. Ils n’ont pas ce sentiment d’appartenance comme s’il faisait partie d’un club. C’est ça l’obstacle ?
Non, ils ne l'auront peut-être pas et ce n'est pas très grave, on s'en fout parce qu’on ne fait pas un Elle pour les hommes, ce qui je pense a été le travers de beaucoup de tentatives précédentes. Ça, c'était la mauvaise idée de départ parce que pour plein de raisons, Dieu merci, les hommes et les femmes sont différents.

Et puis les mecs piquent souvent le Elle de leur nana.
Absolument. D’ailleurs on pense que plein de femmes vont lire GQ parce que ce n'est justement pas une caricature de masculin et que 80 % des centres d'intérêts entre les hommes et les femmes sont les mêmes ! D'ailleurs dans les kiosques GQ ne sera pas rangé au rayon masculin mais au rayon news car notre famille c'est plus la presse culturelle et les newsmag que la presse strictement masculine.

Ça veut dire que GQ ne sera pas un coach-magazine pour mecs ?
Oui, GQ c’est pour les mecs qui ne sont ni honteux ni fiers d'être des hommes. On ne va ni leur faire la morale ni les plaindre en leur disant que les femmes sont trop dures avec eux. Ce n'est pas un club pour mecs, un truc qui pue la vieille chaussette et la collection de dinky toys. C'est un magazine ouvert qui essaie d'être à l'image de ce que nous sommes, c'est-à-dire des garçons et des filles qui ont été à l'école ensemble et qui maintenant vivent ensemble, donc voilà, on va arrêter nos conneries. On ne va pas tenir de discours sur la masculinité, on s'en fout complètement, je pense que ça n'intéresse personne et qu'aucun magazine ne transformera jamais les hommes. On n'est pas un magazine qui veut changer les hommes. Personnellement je les trouve très bien comme ils sont. On veut juste passer un bon moment avec eux et de leur faire passer un bon moment avec nous.

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Published by Sylvain Fesson - dans MEDIAlogue
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commentaires

Jo 21/01/2009 12:56

Je suis totalement déçue du commentaire concernant le style vestimentaire de Michelle Obama à l'investiture d'hier! Ces commentaires sur Itélé était d'une bassesse limite raciste vous vous croyez critique de mode, est ce que vous vous ètes regardées avec votre pull violet acheté à rabais chez LIDL!!Avant de voir la paille dans les yeux de l'autre voyez la grosse poutre dans le votre!Et puis vous critiquez le couturier de Madame Obama qu'est ce que vous vouliez, qu'elle aille chez Chanel? PfffffEn tout cas tourner votre langue 7 fois dans votre bouche avant de dire des conneries!Vous ètes jalouses? Sale plouk!Aimablement votre!

Sylvain Fesson 22/01/2009 15:26


?
;-)