Vendredi 20 juin 2008
L'Inrockuptible du PAF ?


Le 28 janvier se tenait la conf de presse pince-fesse de la Nouvelle Star, 6e saison : un grand moment où tout le monde chez Fremantle et M6 s'est gargarisé du nouveau statut pseudo contre culturel du programme depuis les victoires de Willem et Doré. Normal : au moment où la Star Ac s'essouffle avec son côté real-TV qui nous prend pour des cons, le télé-crochet de la 6  s'octroie le rôle d'Inrockuptible du PAF.

 


Résultat : cette année l'émission a attiré 12,7% de candidats en plus en sillonnant pour la première fois Nantes, Strasbourg et la Belgique. 28 000 nouveaux talents ont donc défilé devant Lio, Sinclair, Manœuvre et Manoukian, un jury plus wock'n'woll que jamais qui n'a pas hésité à rembarrer fissa les émules de Céline Dion au vibrato de 4 kilomètres de long. Tout cela a conduit à l'élection d'une certaine Amandine devant 4 millions de téléspectateurs. Et je ne sais quasiment rien à propos de cette fille car par la suite je n'ai pas suivi l'émission. Mais le 28 janvier au Bus Palladium j'étais aux avant-postes de l'événement en train de boire des coups gratos et d'essayer de trouver une tête connue avec qui parler dans cette marée de journalistes télé que je ne fréquente jamais. Ça vous vous en foutez mais attendez j'ai quand même pensé à vous : prenant tous les risques j'ai sorti mon dictaphone en plein milieu de cette conférence top secrète et j'ai même moi-même posé des questions pour vous livrer brut de brut les motivations du nouveau jury. Extraits.



"les nouveaux directeurs artistiques, c'est nous"


"on a vu émerger un nouveau genre musical"

 

 


André Manoukian, qualifié de "Père Fouras de la Nouvelle Star" par l'animatrice Virgine Elfira se charge de présenter la caution rock'n'roll de cette édition, Philippe Manoeuvre alias le rédacteur en chef de Rock&Folk : "Au départ, lui, je me disais : "Quand il va voir une cagole cosmique chanter Lara Fabian à Marseille, il va la démonter." Et bah non même pas, il a même eu de la compassion pour ces nanas ! Pareil, quand il voyait un tocard chanter Johnny Hallyday il le comparait à Elvis Priestley en disant : "C'est un mec qui emmène tout sur son passage, il a juste encore besoin de bosser un peu." Trop cool, je vous jure. Derrière ses lunettes je vais même vu une larme."


Philippe Manœuvre, la qualifiant de "deuxième émission de pop en France" (après Les enfants du rock ?) avoue qu'il suivait un peu la Nouvelle Star avant d'y participer de plein pied : "En tant que personne qui travaille dans un journal de rock, ça aurait été impossible de ne pas la voir. Et puis quoiqu'il arrive les copains vous en parlent. J'ai suivi en direct Steve Estatoff chanter Nirvana, on m'a appelé dès que la Tortue s'est pointée."


Lio, horny à souhait dans sa mini-robe (ou repoussante, au choix) enchaîne : "Moi je n'étais pas une spectatrice assidue de la Nouvelle Star mais je n'ai pas pu y échapper non plus parce que c'est un phénomène de société et que j'ai une fille de 17 ans qui a grandit avec l'émission et qui est complètement fan. Donc forcément je suivais un peu, jusqu'au moment où j'ai commencé à voir des gens qui m'intéressaient vraiment."


Philippe Manœuvre, tout de go : "J'aime bien cette émission. Je pense que les maisons de disques sont en train de disparaître et voilà les nouveaux directeurs artistiques sont devant vous, c'est nous (rires dans la salle). Je crois que notre rôle est assez utile parce que sans nous je vois mal comment les petites chanteuses talentueuses qu'on a trouvées à Aix-les-Bains ou Toulouse auraient réussi à remonter jusqu'à Paris pour se faire un nom. D'ailleurs souvent ils le disent eux-mêmes : "On a envoyé des démos aux labels mais personne ne nous a jamais répondu..." Je suis donc très heureux de faire partie de cette machine."


Sinclair, questionné sur les propos choc de Manœuvre : "On ne fait pas vraiment le boulot des maisons de disques, on a juste une écoute un peu plus libre, détachée de toute préoccupation mercantile, même si on fait partie d'une émission de télé. Et ça change tout : les candidats généreux que l'émission m'a permis de découvrir, dans le cadre d'une maison de disques, avec toutes les pressions auxquelles elles sont sujettes en ce moment, je pense que je ne les aurais pas écouté de la même façon et que je les aurais rejeté. u-delà de ça je suis juste venu à la Nouvelle Star parce qu'on m'a proposé de venir écouter des gens et de donner mon avis sur leurs prestations en restant moi-même. Et pouvoir être moi-même à la télé, c'est un peu une révolution."


Lio rebondit : "Pareil, quand j'ai accepté de participer à cette émission je n'ai pas senti l'obligation de me conformer à une image quelqu'elle soit, je suis juste partie à l'aventure parce que ça faisait deux ans que cette émission m'intéressait de plus en plus et oui, je trouve qu'il y a une faillite totale de la part des maisons de disques."


André Manoukian : "Ce qui est intéressant, et c'est aussi pour ça que je suis là pour la sixième année consécutive, c'est que les candidats sont juste à tomber par terre. Pour moi qui ai l'habitude de passer ma journée à me branler tout seul derrière un ordinateur dans un studio cette émission c'est un peu de l'oxygène parce que musicalement je vois vraiment ce qui agite la jeunesse. L'année dernière Julien Doré était un peu un OVNI, mais cette année j'ai vu qu'un nouveau genre musical émergeait : le néo-folk urbain. On a eu une espèce de fils de Bob Dylan, une espèce d'Elvis Costello, on a même eu un Pierce Brosnan qui nous faisait du James Blunt, 3-4 rencontres improbables qui nous ont tiré des larmes."


Philippe Manœuvre : "Par exemple à Marseille une fille qui est arrivée et nous a dit : "Je vais vous chanter Björk". Carrément. Et des garçons nous ont chanté les Who. C'est très révélateur, ça veut dire que les gens aiment les chansons et le style leur importe peu, ils n'ont pas d'étiquette. Certains nous disent : "En anglo-saxon je vais vous chanter Oasis et en français je vais vous chanter Balavoine". Et c'est très respectable. Ils écoutent les chansons, ils retiennent les bonnes et ils s'en inspirent."


André Manoukian : "Après, évidemment, il y a encore des gens qui nous chantent "Mexico" avec un sombrero sur la tête et des filles en province qui nous font du Mireille Mathieu, toutes ces choses qu'on va passer en début d'émission pour rigoler vite fait, mais le plus important c'est que globalement grâce à Internet les mômes d'aujourd'hui écoutent de plus en plus de bonne musique et qu'ils la représentent dignement, c'est donc ça qu'on voulait montrer. Donc merci à Internet qu'on accuse trop souvent de tous les maux dans l'industrie du disque et merci à tous ces candidats d'être venus chez nous et pas chez les autres."


Lio : "On n'a pas du tout le profil Star Academy. Pour moi Star Academy c'est très différent de la Nouvelle Star parce que Star Academy c'est une émission qui vise à formater les gens pour que Pascal Nègre puisse les vendre, alors que la Nouvelle Star cherche juste à faire découvrir des artistes."


Manoukian : "No comment. Moi on m'a dit : "Quand tu es concessionnaire chez Citroën tu ne parles pas de Peugeot.""


Lio, décidément en verve : "A la Nouvelle Star on ne fait pas coucher les candidats dans la même chambre, il n'y a pas de caméra partout, on est vraiment concentré sur la musique comme dans radio crochets des années 60. C'est important, il ne faut pas oublier que c'est comme ça que Polnareff a été découvert. Je suis donc faire de participer à ça. D'ailleurs, regardez, Missy Elliott fait la même chose aux Etats-Unis."


Philippe Manœuvre, questionné sur les candidats qui l'ont fait craquer : "Dans le jury on a chacun nos goûts. Lio représente la pop, Sinclair le funk, André le jazz et moi le rock. Je suis là-dedans depuis 75, je suis rock, je ne change pas. On n'est donc pas forcément sensible aux mêmes choses mais quand il y a un super chanteur dans la pièce on le dit. On a beaucoup discuté pour essayer de ne pas passer à côté de gens qui allaient peut-être déplier leurs ailes et se révéler un peu plus tard, progressivement. Sinon je tiens à dire que la machine mise au point par Fremantle est assez formidable. Dans toutes les régions qu'on a sillonné tout s'est super bien passé. Nous on n'avait plus qu'à arriver comme des fleurs et voir des gens se livrer a capella, se mettre à nu devant nous, littéralement, tout seul, sans micro, sans guitare. C'est incroyable, dans ces moments-là quelque chose se passe. On a vécu une véritable aventure."


André Manoukian : "Je suis juste déçu de ne pas être tombé amoureux cette année, mais bon je ne peux pas tomber amoureux à chaque fois !"


par Sylvain Fesson publié dans : MEDIAlogue
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Lundi 16 juin 2008

Gallagher comme Gallagher ?


Récemment j'ai rencontré une fille, elle est fan d'Oasis. Or je connais un type, mon ancien voisin, qui ressuscite à merveille les hymnes des frères Gallagher, période "Wonderwall". Alors je me demande : le Myspace de Boris Laborde je lui communique ou pas ? Parce qu'il ne faut jamais sous-estimer la groupie qui sommeille en chaque femme. Il y a toujours quelque chose pour les faire retomber en enfance. Les réduire à l'état de fan. Et si cette fille adore Oasis, elle craquera sans aucun doute sur les compos de Boris Laborde. Sans doute même cherchera-t-elle à deviser avec lui.


 


Le chanteur d'Oasis n'est donc pas mort, comme le proclamait avec force joke Libération en couverture de son numéro du 18 janvier 2008. Non, il est même plus vivant que jamais, réincarné de son vivant dans le corps de ce trentenaire français. Ce mec n'est pas canon mais c'est un puits de science brit-pop. Et autant je suis mal placé pour me permettre le premier jugement, autant je le suis mieux pour me permettre le second. Oasis je n'ai jamais été fan, ni même de Blur, j'ai toujours préféré l'ambiguïté d'un Suede ou d'un Pulp, mais comme c'est ma génération je n'ai pas pu y échapper. Je les ai découvert en 95 avec leur deuxième album. Une fille l'avait offert à mon frère. Il m'a tout de suite plu avec sa collection de titres sensibles et sévèrement burnés. Je n'ai jamais ressenti cela pour un autre disque d'Oasis. Tout simplement parce qu'il me semble qu'ils n'ont jamais fait mieux par la suite, se contentant de ressasser un style musical basique qu'on transcende à l'âge où l'on se rêve quelqu'un d'autre bigger than life mais qu'on ne peut plus honorer quand on a plus de 25 ans et qu'on est plus célèbre que le Christ.


Or dans son petit appart du 19e arrondissement, Boris n'a jamais eu les honneurs du milieu alors, quand son job alimentaire ingrat le laisse free like a bird et qu'il n'y a pas de foot sur TF1, gonflé d'espoir comme au premier jour, il compose les hymnes qui lui permettraient de décrocher coke, putes et couve du NME, s'il était anglais. Ironie : ses hommages carabinés à Oasis feat. Stone Roses s'intitulent "Napoléon", "de Gaulle", "1789". Tout y est : les guitares aux épaules de déménageurs, la rythmique qui fait poum tchak poum poum tchack et la voix qui crâne nourrie de brumes psychés qui bastonnent. D'ailleurs cette voix, on dirait tellement celle de Liam que j'imagine Boris enregistrant ses prises de voix en chantant debout bras croisés dans le dos. Alors, oui, l'élève ne mettra sans doute jamais le monde a ses pieds comme l'a fait son maître, tout au plus vient-il de décrocher un airplay au Canada avec "Is This Love", mais avec tout ça, au rage, etcetera, Boris, c'est Oasis condamné à sortir des morceaux du tonneau de Morning Glory jusqu'à la fin de ses jours et il a donc des chances de plaire à la fille dont je vous parle.


Et moi dans tout ça je suis peut-être un peu "Jealous Guy", un peu maso aussi, mais je ne vais pas jouer Gallagher comme Gallagher. Je vais lui donner l'adresse Myspace à la fille. Parce que c'est beau une femme qui retombe en enfance.


Pour en savoir plus sur le gus, ici les américains de allaccessmagazine.com lui consacre une interview !


par Sylvain Fesson publié dans : DISCussion
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Jeudi 12 juin 2008
Les voyants allumés




En ce moment tout le monde (comprendre : la sphère culturelle de Technikart à Télérama) n'a d'yeux que pour eux : Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, alias MGMT et leur premier album, le bien nommé Oracular Spectacular. Ce sont les nouvelles têtes de gondole pop, les nouveaux dieux du genre et, désolé, je me joins au concert de louanges.





Ce qui me fascine dans la musique c'est le perpétuel renouvellement des coups de cœurs qu'elle engendre (et c'est bien pratique : ça me donne du travail). J'ai toujours l'impression que les mélodies et les chansons qui (me) tuent ont déjà été trouvées. Que tout ça est derrière moi. Que rien ne va réussir à venir foutre le bordel dans tout ça (mes goûts, ma nature). Et voilà que je découvre MGMT.


Comme pas mal d'entre vous j'ai beaucoup entendu parler de ce duo de Brooklyn qu'on prononce "management" (leur nom d'origine mais c'était déjà pris). J'en ai beaucoup entendu parler avant d'écouter. Tellement (en bien, bien sûr) que j'ai bien cru que je ne les écouterai jamais. Mais au bout d'un certain temps, tanné par diverses sollicitations allant du "franchement, la hype est surestimée" au "non, je t'assure, en soi c'est vraiment bien", je me suis laissé happer. Oui j'ai fini par céder comme je l'ai fait pour Vampire Weekend. Et tant mieux me suis-je dit, parce qu'au fond combattre la hype c'est aussi combattre le mur de dégoût qu'elle dresse parfois devant nous et écouter quand même ce qu'elle nous monte en épingle.


Alors j'ai surfé sur le net et je suis tombé sur le clip de "Time To Pretend", leur single. Et là justement en parlant de mur je me suis pris un. Mais pas du genre impénétrable, non, un truc massif certes, mais généreux, psyché, glam, épique. Tout ce qu'il y a de plus accueillant et tripé à l'image de leur clip. Ce clip et ce morceau , Wouah ! ça faisait 1+1= 11 comme dirait l'autre. Ça m'a fait planer. Comme si j'avais fumé. Vraiment. L'impression d'une tabula rasa. D'un nouveau départ. D'une jeunesse qui se lève enfin. Prête à soulever des montagnes (de filles). Et prendre plein de drogues (d'amour).


Après ça, la messe était dite. J'avais envie d'écrire sur ce groupe, d'acheter leur disque et de montrer le clip à tous mes proches dans un grand élan d'amour cosmique. Je me disais : "Wouah (bis), ça c'est un truc à te relancer l'industrie du disque (des conneries de ce genre) !". En attendant (comme je ne pouvais pas attendre) je me suis rué sur Deezer pour voir s'il y avait justement un vrai disque derrière ce single en forme de rouleau compresseur (et du coup je n'ai pas acheté leur disque, bien sûr).


Là je ne me suis pas fait prier : j'ai remis "Time To Pretend" et comme on se connaissait déjà lui et moi - lui et son millefeuille organique, festif et stellaire, moi et mon coup de soleil, mon coup d'amour, mon coup de je t'aime - cette fois le free-hug fut mortel. Là-dessus neuf potes ont débarqué : "Electric Feel", une perle disco-funk très Prince et très Michael Jackson (des débuts, bien sûr) avec en plus un soupçon de je ne sais quoi de très eighties clinquant-rafraîchissant qui me fait bizarrement penser au "We Don't Need Another Hero" de Tina Turner ou à un truc de Kool and the Gang ; "Weekend Wars", une ritournelle pop gracile, très Beatles et Bowie (des débuts, encore) enluminée de glouglou de synthé très Grandaddyesques (comprendre : cheap & féeriques) ; "The Youth", une lente marche mystique aux airs de cure de désintox au regard de ce qu'on vient de déguster, sauf que non c'est juste envoûtant, l'accalmie souhaitée, et que mine de rien à 2'38'' un changement de ton inattendu me fout sur le cul et c'est reparti avec "Pieces Of What", une ballade pop à l'insouciante tristesse très Hunky Doriesque.


"The Kids", "4th Dimensional Transition", "The Handshake", "Of Moon, Birds & Monsters", "Future Reflections" : s'il n'est pas tout aussi tubesque que "Time To Pretend" - leur Temps des assassins - le reste du disque est loin de faire du remplissage. Au contraire, après l'écoute d'Oracular Spectacular on se dit que ces deux vingtenaires ne se sont pas foutus de notre gueule et qu'on tient là un album, un vrai. Alors bien sûr, tout le mérite ne leur revient pas. Ils ont de bonnes têtes - votre copine ne manquera pas de s'extasier sur la gueule d'archange préraphaélite du chanteur - un look tendance - genre Manu Chao rencontre Coco Rosie - de bonnes chansons aux phrases qui claquent - sortir un truc du style "This is our decision, to live fast and die young / We've got the vision, now let's have some fun" perso je trouve que ça claque, un peu comme les lyrics de "Qu'est-ce qu'on va faire de toi", le single bravache d'Alister que j'ai injustement lynché dans un précédent article - mais pour faire un album au sens d'œuvre il faut aussi un son.


Là coup de bol, niveau son ils ont un grand : Dave Fridmann. Pour ceux qui l'ignorent (comme moi parce que franchement j'en ai souvient rien à cirer de qui produit qui) Fridmann c'est le type qui a produit Mercury Rev et Flaming Lips. Dernièrement il n'avait pas fait que des miracles mais là faut croire que les petits gars de MGMT lui ont redonné envie de s'y remettre. Leurs chansons sont courtes (elles dépassent rarement les quatre minutes) mais le son est une telle débauche - rimbaldienne - de pysché, d'électro et de glam qu'on s'y perd comme dans un trou sans fin.


Parce qu'à la fois triste et jubilatoire, cheap et léché, foutrement accrocheur et pourtant complexe, ce son m'a rappelé celui de Digital Ash in a Digital Urn, LE monument de Bright Eyes et donc (oui, j'ose le dire) celui d'Ok Computer (ne pas vous étonnez si je ramène tout le temps ce groupe au centre des débats quand un disque me plait : Radiohead c'est ma matrice). Oui, Digital Ash In A Digital Urn je l'ai toujours considéré comme une sorte d'Ok Computer 10 ans après. Le Ok Computer de la génération hédoniste et tourmentée du monde 2.0. Parce qu'il y a là cette volonté farouche de dire l'époque et le poids du monde en mettant ses propres tripes sur la table.


Pour moi MGMT est dans le même trip. Il laisse plus que jamais les névroses de côté pour livrer du "Sea, sex and sun" au point de nous illusionner avec un simulacre d'éternel retour du "summer of love", mais dans ce magma de sons et de couleurs qu'est Oracular Spectacular il y a un combat ; un disque où forme et fond s'embrasent pour jeter un énorme pavé dans la marre - ce que je nomme donc un Ok Computer - un disque-ventre qui mange son époque et la recrache métamorphosée. Après, 2008 oblige, l'époque (et le règne) de MGMT ne durera peut-être qu'une fraction de seconde mais ça c'est une autre histoire. Et qu'est-ce que ça peut faire à un groupe qui "fuck with the stars".


Le 8 juillet ils seront au Zénith de Paris en première partie des King of Leon. Soyez donc sûrs que j'essaierai d'en être et d'en profiter pour les interviewer.


par Sylvain Fesson publié dans : DISCussion
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